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mercredi 24 mai 2017

Le tabou de la menstruation

Pourquoi autant de pudibonderie et de réserve entourent ce phénomène naturel chez les femmes ?
Une auteure britannique tente de cerner ce problème.


Le tabou de la menstruation


Autour du monde et tout au long de l'histoire, les femmes ont été sujettes à la honte, séquestrées et considérées comme malades pour leurs saignements périodiques

Pabitra Giri, une femme du Népal, se prépare à dormir dans une hutte chaupadi durant sa menstruation (district de Surkhet, à 520 km à l'ouest de Katmandou). 3 février 2017.


Par Janie Hampton
Traduit par Hélios

"Avoir ses ragnagnas", "avoir ses jours","avoir ses lunes", "avoir ses périodes", "les Anglais ont débarqué", "être indisposée", voilà quelques-unes des nombreuses expressions utilisées pour éviter l'embarrassant sujet de la menstruation. [L'auteure étant anglaise, elle a cité les expressions de son pays. J'ai bien sûr utilisé celles employées couramment en France. Pour d'autres expressions, voir ICI ] Le temps est venu de parler clairement et directement de cette fonction biologique naturelle du corps humain. Pendant que vous lisez ceci, plus de 800 millions de femmes dans le monde ont leurs règles. Aucun de nous n'existerait sans elles et pourtant cela reste l'un de nos tabous biologiques les plus tenaces. Les écrivains et les présentateurs TV et radio discutent volontiers de sexe, de digestion et de circulation du sang, tous des processus naturels – alors que la menstruation est toujours zone interdite.

Très peu de mammifères ont des menstrues – les humains en faisant partie. Tandis que les hormones œstrogènes et progestérones fonctionnent de pair pour activer l'ovulation, le sang est dirigé vers l'utérus pour créer un endométrium (la membrane de l'utérus) moelleux et nutritif dans lequel l’ovule fécondé peut s'implanter et devenir un bébé. S'il n'y a pas de fécondation, l'endométrium se désintègre, quitte le corps par le vagin, ce sont les règles. L'épais endomètre humain implique que, à la différence des chiens, nous ne pouvons simplement pas réabsorber le sang et les tissus. Entre 5 et 15 cuillères à café de sang menstruel en résulteront pendant quelques jours. L'achat et l'utilisation de produits d'hygiène féminine est un embarras pour la plupart des femmes et l'élimination de toutes les serviettes et tampons hygiéniques est un problème environnemental croissant dans le monde.

Toute la littérature sur les menstrues déclare que le cycle menstruel 'normal' est plus ou moins de 28 jours – sinon il est irrégulier, 'anormal' même si la femme peut toujours concevoir. À l'école, j'associais les règles 'régulières' aux filles "bien comme il faut", avec leurs cheveux bien coiffés qui faisaient toujours leurs devoirs dans les temps. Mes règles irrégulières étaient manifestement le symptôme de mon esprit paresseux et désorganisé.

Les femmes ont plus de règles aujourd'hui que par le passé, car jusqu'à l'arrivée de la contraception et des biberons, elles étaient soit enceintes ou allaitaient une bonne partie de leur vie. De même, une mauvaise alimentation et des travaux pénibles ont fait que jusqu'au 20ème siècle, la plupart des filles n'avaient pas de ménarche – les toutes premières règles – avant 17 ou 18 ans. L'âge moyen de la ménarche a été ramené à 12,5 ans depuis le siècle dernier.

Toutes sortes de tabous et de mythes entourent la menstruation. Les anciens Grecs pensaient que si la ménarche d'une fillette tardait, le sang s'accumulerait autour de son cœur et que son utérus errerait dans son corps. Ce qui pouvait entraîner un comportement incohérent, depuis un langage obscène jusqu'à une dépression suicidaire. Au début du 20ème siècle, tout comportement inapproprié ou tout état mental pathologique chez les femmes était dénommé hystérie, d'après le mot grec pour 'utérus'.

Pline l'Ancien, mort en 79, avertissait : "Si une femme se dénude pendant ses règles et se promène dans un champ de blé, chenilles, vers, scarabées et autres vermines envahiront les épis… les abeilles abandonneront leurs ruches si elles sont touchées par une femme qui a ses règles… les draps qui bouillent dans le chaudron vont noircir, le fil du rasoir va s'émousser." Mais par ailleurs il croyait aussi que boire le sang d'un gladiateur guérissait l'épilepsie.


L’abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179) écrivait que la lèpre – qui selon elle était causée par la lubricité ou l'intempérance – pouvait être guérie en se lavant dans les 'propriétés nourrissantes du sang menstruel… dans la mesure où on peut s'en procurer.' À l'époque médiévale, on croyait que si le pénis d'un homme touchait le sang menstruel, il se consumerait et que tout enfant conçu durant la menstruation serait possédé par le diable, difforme ou rouquin. On conseillait aux femmes ayant un flux abondant de ligoter des poils d'animaux sur un arbuste. Si cela échouait, elles pouvaient boire de la tisane de consoude ou d'ortie, tout en récitant des formules rituelles ; ou elles pouvaient attraper un crapaud, le brûler pour le réduire en cendres qu'elles mettraient dans une poche fixée autour de sa taille.

Le tabou sur ce sujet était tel que l'historienne Laura Klosterman Kidd de l'université de l'état d'Iowa échoua à trouver la moindre référence directe à la menstruation dans les journaux intimes, le courrier ou les inventaires des convois de chariots des pionnières de l'Amérique du nord. En 1878, des lettres envoyées au British Medical Journal prétendaient que les femmes ayant leurs règles feraient putréfier le bacon et en 1916 un officier d'état civil, Sir Raymond Crawford écrivait que les fermiers croyaient toujours que les femmes empêcheraient pendant leur menstruation la crème de tourner en beurre ou le jambon d'être fumé. Le pédiatre Béla Schick (1877-1967) pensait que les femmes ayant leurs règles dégageaient par la peau des substances détruisant les plantes qu'il appelait 'ménotoxines'. En 1919, il le 'prouva' en demandant à des femmes d'arranger des fleurs coupées. Il est sûr que les fleurs arrangées par les femmes ayant leurs règles se fanèrent bientôt. Cette déclaration fut répétée dans The Lancet en 1974, en ajoutant qu'une permanente ne 'prendrait' pas sur les cheveux d'une femme durant sa menstruation. De nouveau en 1980, j'appris par l'épouse d'un fermier que si une femme ayant ses règles touchait de la viande, elle la ferait rancir. En l'interrogeant à ce sujet, elle me posa cette question : "Avez-vous déjà vu une femme boucher ?" C'est vrai, je n'en connais pas.

En 1946, Walt Disney sortit un film d'animation éducatif, L'histoire de la menstruation [vidéo ICI ], qui fut montré à plus de 100 millions de collégiens à travers les USA [film publicitaire sponsorisé par la société Kotex, fabricant de produits d'hygiène féminine]. Tout premier film à utiliser le mot 'vagin', il réussit néanmoins à éviter toute mention de sexe ou de reproduction. Malgré les encouragements de la narratrice Gloria Blondell pour que les jeunes filles prennent des bains, montent à cheval et dansent pendant leurs règles, l'accent sur l'aspect hygiène renforça l'idée que la menstruation était une période critique.

Longtemps avant qu'on ne saisisse le lien entre menstruation et fertilité, on avait remarqué que les règles suivaient les phases de la lune. Les Yurok de Californie pensaient que si la menstruation de la femme n'arrivait pas à se synchroniser avec la lune, ou avec la menstruation de ses compagnes, elle pouvait se rééquilibrer en s'asseyant au clair de lune et en parlant à l'astre de la nuit'. La synchronisation des règles chez les femmes qui cohabitent, comme dans les prisons, les couvents et les internats, refit surface en 1971 dans une étude de la psychologue d'Harvard, Martha McClintock, qui suggérait que le corps des femmes fonctionne à l'unisson face à la domination masculine. Mais en 2016, une anthropologue de l'université d'Oxford, Alexandra Alvergne, expliqua que cette idée était faussée par la théorie féministe de l'époque et ne résistait pas aux statistiques du hasard – un exemple de recherche faussée sous l'influence de la mode.

L'auteure américaine de livres pour enfants, Judy Blume aurait été la première romancière à mentionner les règles dans Are You There, God? It’s Me, Margaret [Dieu, es-tu là ? C'est moi, Margaret] en 1970. Pour coller à son époque, la ceinture hygiénique a été remplacée dans les éditions récentes par une simple protection.
Ceinture hygiénique

 Il a fallu attendre 1985 pour que le mot 'règles' soit utilisé dans une pub télévisée ; et en 2010, les chaînes de TV américaines ont interdit une publicité de tampon parce que le mot 'vagin' y figurait. Les publicitaires utilisent encore aujourd'hui un liquide bleu mystérieux pour démontrer l'absorption des serviettes hygiéniques. Quand la poétesse canadienne Rupi Kaur posta en 2015 une photo d'elle habillée mais avec une tache de sang sur son pantalon, elle fut deux fois supprimée d'Instagram. On parle toujours du sang menstruel comme d'un 'fluide' ou d'un 'flux'. "Le sang ne pose pas de problèmes dans les films d'horreur, mais devient quelque peu tabou quand il s'écoule du vagin", écrivait récemment Michele Hanson dans The Guardian.

Les attitudes changent, mais lentement. Aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, la nageuse olympique chinoise Fu Yuanhui étonna les médias en admettant qu'elle avait ses règles. De nombreux fanatiques de sport chinois ne savaient pas qu'il était possible pour une femme de nager pendant ses règles. Mais en 2017, la BBC consolida le tabou sur les règles quand Evan Davis, le présentateur TV de Dragon's Den, demanda pourquoi quelqu'un irait lancer une affaire de vente par correspondance de produits d'hygiène féminine 'que seule une moitié de la population utiliserait'.

Le Lévitique déclare que les femmes en période de menstruation sont impures et il en est de même pour ce qu'elles touchent, y compris leur mari. De telles attitudes négatives envers la menstruation ont renforcé la suspicion de l'Église chrétienne à l'égard des femmes. La doctrine catholique affirmait que Ève était responsable de l'expulsion de l'Eden et que la menstruation et ses douleurs étaient un rappel du péché d'Ève. Encore aujourd'hui, les règles sont toujours traitées de 'malédiction' par la plupart des gens. Les femmes catholiques romaines avaient jusqu'en 1916 l'interdiction de recevoir la communion pendant leurs règles. Dans les églises orthodoxes d'orient, il est souhaité que les femmes s'abstiennent de recevoir la communion pendant leurs règles et restent en dehors de l'édifice. Au Népal, la pratique hindoue du chaupadi – envoyer les femmes en période de règles dans des huttes de terres isolées particulières nommées goths – fut interdite en 2005, mais se poursuit dans les régions reculées. [Voir photo en tête d'article] Au Japon, les femmes Shinto sont exclues des temples pendant leurs règles et ont interdiction de grimper sur certaines montagnes sacrées.

Dans un article de 2016 pour le magazine catholique The Tablet, le théologien britannique Carmody Grey écrivait : "Si un événement pareil me causait ou causait à quiconque cette somme de souffrance, de dérangement et de pertes de sang, il se retrouverait largement dans nos interactions sociales… dit simplement, les femmes saignent et souffrent pour que d'autres puissent vivre… dit de manière littérale, perdre du sang pour que l'humanité vive, c'est exactement ce que font les femmes."

Comment les femmes s'en sont-elles sorties avec leurs règles au cours de l'histoire ? Il n'existe pas de preuves autres que les récits répétés des sites web, où il est dit que les Égyptiennes de l'antiquité utilisaient des tampons faits de papyrus attendri ou que les Grecques se servaient de charpie enroulée autour d'une tige de bois. Les 'chiffons pollués', comme les nommait le prophète Isaïe, ou les 'torchons' ainsi appelés dans l'Angleterre du 17ème siècle, étaient faits de tissu, de chanvre ou de sphaigne. La reine Elizabeth I ère (1533-1603) possédait trois gaines en soie noire pour maintenir ses 'serviettes en fin tissu de Hollande'. Une paire de 'culottes' était tenue à la taille par un ruban. Ce qui permettait un accès rapide et moins de souillures. Ma grand-mère, née en 1886, se servait de morceaux de tissu en lin que sa bonne lavait à la main.

Dans les pays du tiers-monde, les protections menstruelles sont toujours tenues par une ficelle autour de la taille et après lavage sont séchées sous le lit ou laissées à pendre sous la jupe. Jennifer Phiri, une collégienne de 16 ans au Malawi m'a décrit les soucis qu'elle avait pendant ses règles :
Tout ce que maman avait pu se procurer, c'était juste deux morceaux de chiffon déchirés. Cela n'allait pas du tout parce qu'à la fin j'avais des irritations en haut des jambes qui me faisaient bien mal. Pendant mes règles, pas question de danser, courir ou même marcher vite et parfois je tachais mes vêtements. J'allais rarement à l'école à cette période, je restais à la maison jusqu'à ce que ce soit fini. Je pouvais sentir mauvais parce que le tissu était en contact avec l'air.
Un fabricant de Birmingham fit de la publicité pour des serviettes périodiques jetables en 1888, adaptées aux "dames voyageant sur terre et sur mer' et c'est Johnson & Johnson qui les créa aux USA dès 1896. Pendant la première guerre mondiale, les infirmières françaises découvrirent que les pansements en 'cellu-coton' destinés à recouvrir les blessures absorbaient bien le sang menstruel et qu'on pouvait les brûler après usage. Durant la seconde guerre, William Morris, le fabricant de voitures britannique, acheta des serviettes hygiéniques jetables pour toutes les femmes des forces armées britanniques. La serviette hygiénique était faite avec de la ouate recouverte d'une gaze en coton et tenait en place avec une ceinture élastique autour de la taille. Après usage, on la mettait dans un sac en papier, souvent illustré avec une dame en crinoline. Jusque dans les années 70, les toilettes publiques pour dames sentaient l'odeur de ouate brûlée dans l'incinérateur métallique ou bien le siphon se retrouvait bouché par des serviettes usagées.

Earle Haas, ostéopathe à Denver, inventa en 1929 le 'dispositif interne cataménial' [cataménial = relatif à la menstruation], comprenant deux tubes en carton et de la ouate compressée, ce qu'on appelle aujourd'hui tampon. Quatre ans plus tard, il vendit 32.000 $ le brevet à Gertrude Tendrich, qui créa la société Tampax. Elle fabriquait les tampons avec une machine à coudre et un compresseur à air. En 1980, le matériau entrant dans la fabrication des tampons changea, la ouate fut remplacée par de la cellulose, qui encourageait les femmes à les garder plus longtemps. Des cas de mort par syndrome de choc toxique furent rapportés bientôt. Dès que les fabricants revinrent au matériau original, l'incidence de syndromes de choc toxique menstruels diminua.

Une substance adhésive fut inventée en 1969 qui maintenait en place les serviettes hygiéniques sur la culotte en évitant le port de la ceinture. Puis des 'ailes' et une garniture en plastique furent introduites pour réduire les fuites ; et les serviettes furent fabriquées avec des matériaux plus absorbants, mais moins biodégradables, le polyacrylate tiré du pétrole.

Chaque femme en état de procréer utilise environ 250 serviettes ou tampons par an, ce qui fait pour le Royaume-Uni 3.750 millions qui partent à la poubelle, plus environ 300 millions de sacs ou boîtes en plastique. Une recherche est nécessaire sur la quantité d'énergie utilisée pour cultiver le coton et le bois, puis manufacturer les produits, les transporter et finalement s'en débarrasser. Les serviettes et tampons prennent jusqu'à 800 ans pour se décomposer.

Tout récemment seulement, une méthode écologique a été inventée, et ce par une femme. La coupe menstruelle est faite de silicone et elle se place dans le vagin où elle collecte le sang ; on l'enlève et on la lave toutes les deux heures. À la fin de chaque menstrue, elle est bouillie, prête pour les règles suivantes. Chaque coupe dure plus de 10 ans et évite ainsi le gaspillage de 2500 serviettes ou tampons qui seraient utilisés pendant cette période. "Peu de gens ont entendu parler des coupes menstruelles parce qu'il y a peu à gagner avec un produit que vous n'achèterez que tous les 10 ans", explique Mandu Reid, le fondateur britannique de Cup Effect. "Beaucoup de gens disaient que les femmes africaines ne s'en serviraient pas parce qu'elles sont 'non culturelles'. Mais avec une éducation sensible, nous avons découvert que les femmes et les étudiantes rencontrées là-bas, étaient, presque unanimement, désireuses de les essayer." Les coupes menstruelles deviennent de plus en plus communes aux US et en Europe et sont utilisées par les bénévoles des Peace Corps et les étudiantes d'Ouganda, du Malawi, du Kenya et de la Tanzanie.

Malheureusement, des millions de femmes souffrent toujours chaque mois des barrières économiques et culturelles de la menstruation. Un peu partout dans le monde, elles doivent se baigner loin de leurs familles, ont l'interdiction de cuisiner, de rencontrer leurs amis ou de partager le lit de leurs maris. Au Malawi, il en est encore beaucoup qui pensent que la menstruation est une maladie qui rendra le mari stérile ou qu'il pourrait même en mourir. Les femmes en période de règles ne doivent pas semer de graines, allaiter ou faire sécher leurs serviettes hygiéniques à l'extérieur sous peine de sorcellerie en retour. Plus de la moitié des jeunes filles ratent une ou deux heures d'école pendant leurs règles et 15 % manquent plus de trois jours par trimestre – ce qui représente plus que l'absence due à la malaria. Comme l'approvisionnement en serviettes hygiéniques revient à 15 % du revenu annuel moyen de 340 $ [305 €], 95 % des 4 millions de femmes ayant leurs règles au Malawi utilisent des chiffons, des feuilles ou de l'herbe. L'association Malawi Girl Guides ajoute aujourd'hui une éducation au sujet des règles dans ses activités, en offrant aux étudiantes et aux réfugiées une coupe menstruelle et une casserole en métal pour la stériliser.

Quand le Royaume-Uni a rejoint l'Union Économique Européenne en 1973, les hommes politiques tombèrent d'accord que les produits d'hygiène féminine étaient des "articles non essentiels", à la différence des couches pour bébés, des rasoirs pour hommes, des hélicoptères ou des steaks de crocodile, tous exemptés de taxes. En 2014, Laura Coryton démarra une pétition appelant à l'abolition de la taxe sur les produits d'hygiène féminine. 'Les règles ne sont pas du luxe. Vous avez le choix d'acheter des choses extravagantes, mais pas celui d'avoir ses règles', écrivait-elle. Avec 320.086 signatures recueillies dans la 'campagne pour la fin de la taxation des tampons', le premier ministre de l'époque, David Cameron, annonça que le gouvernement britannique allait abolir la 'taxe sur les tampons'.

Coryton écrivait pourtant en février 2017 : "En raison des complications du Brexit, cet amendement ne sera au mieux mis en œuvre qu'en avril 2018. Ça craint." Elle lança alors l'organisation Period Watch pour s'assurer que la taxe sera supprimée et pour réduire le tabou des menstrues. Aux USA, seuls 11 états n'appliquent pas de taxe, alors que la Californie génère 20 millions de dollars annuels avec les femmes en période de règles.

En 2014, les Nations-Unies ont déclaré le 28 mai Journée d'Hygiène Menstruelle. Cette date a été choisie parce que la période menstruelle dure en moyenne 5 jours et se produit tous les 28 jours. Mais pourquoi le mot 'hygiène' a-t-il été ajouté par les Nations-Unies ? Est-ce parce que même au 21ème siècle la menstruation serait considérée comme 'impure' ? Je préfère l'appeler Journée Mondiale de la Menstruation. Elle est maintenant célébrée par 380 organisations partenaires partout dans le monde. Il existe des centaines de sites web et de groupes Facebook consacrés au thème des règles.

Le grand paradoxe de la menstruation, c'est que d'un côté elle montre une fillette qui accède au statut de femme et peut donner la vie et d'un autre côté se révèle source de honte et de désagrément. Ces dernières années, la vie de la plupart des femmes s'est améliorée économiquement, politiquement et socialement. Mais bien que nous ayons davantage de confort physique durant la menstruation, nous éprouvons toujours de l'embarras à parler de cet élément normal de notre vie. Je regrette d'être trop âgée aujourd'hui pour clamer dans un train bondé : "Je suis en pleine période de règles. Quelqu'un m'offrira-t-il sa place ?"

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