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vendredi 7 octobre 2016

Le bombardement de Dresde, une falsification ? (2/2)

Voici la deuxième partie des trouvailles de Miles Mathis,  et là c'est plus particulièrement son regard d'artiste-peintre qu'il a mis en action.

Traduit par Valuebreak pour le BBB.

(...) Addendum, 21avril 2016: j’ai eu quelques retours sur cet article, particulièrement d’Allemands, et donc j’ai fait quelques recherches complémentaires. Je n’avais pas compris exactement le choix de Dresde pour une falsification, même si j’ai fait une ou deux suggestions précédemment. Un article que je lisais récemment disait que le bilan de Dresde avait été falsifié par les Nazis pour créer de la sympathie. Mais, comme nous l’avons vu, des généraux américains de haut rang ont également largement accru ces chiffres. Donc, ça ne collait pas. Et puis, je me suis souvenu de la Madone Sixtine. Je me suis rappelé avoir lu il y a des années que ce chef-d’œuvre de Raphaël avait été détruit à Dresde. J’ai pensé : peut être que le bombardement a été simulé pour sortir des œuvres artistiques de musées publics vers des mains privées. Problème : quand je suis retourné vers les média grand public, il est apparu que la Madone Sixtine n’avait pas été détruite. On dit aujourd’hui qu’elle est allée dans un coffre en Suisse, où les Russes l’ont volée. Puis ils l’ont retournée à l’Allemagne des années plus tard.

Hum. Ma mémoire est meilleure que ça, normalement. Je ne suis pas capable de mémoriser les pages d’un annuaire d’un seul coup d’œil, mais sinon, ma mémoire est extraordinairement bonne. Je me rappelle la date anniversaire de ma petite amie … depuis que j’ai 9 ans. J’en ai 52. La perte d’un Raphaël majeur s’était littéralement inscrite dans mon cerveau, pour des raisons que je ne devrais pas avoir à expliquer. Je découvre maintenant que ça n’est pas le cas. Est-ce que l’article que j’ai lu était simplement erroné, ou me le suis-je mal rappelé ? La seule chose qui me vienne à l’esprit est que je l’ai peut-être lu dans un livre écrit juste après la guerre, et peut-être n'ont-ils su que plus tard que la peinture avait été volée par les Russes. Mais ça ne sert pas à grand-chose, puisque si la version actuelle est vraie, les Allemands auraient su immédiatement que le coffre avait été pillé par la Russie.

La mémoire me revient complètement. La photo de la Madone Sixtine du livre était en noir et blanc, bien que les autres fussent en couleurs. Je me rappelle avoir pensé qu’il était logique qu’elle soit en noir et blanc parce qu’ils n’avaient pas de photo récente. Elle avait été photographiée avant les films en couleurs, puis perdue pendant la guerre.


Mais sans même ce mystère, la nouvelle version de l’histoire est quand même bizarre. Si personne ne s’attendait à ce que Dresde soit bombardée,  pourquoi le contenu du Gemaldegalerie Alte Meister [musée des arts situé dans le palais Zwinger de Dresde, il comporte une galerie des Anciens Maîtres] a-t-il été vidé et entreposé ailleurs ? Et aussi, il se trouve que cette galerie donne sur la cour du Zwinger, que nous avons vu plus haut, ce qui me conduit à être doublement soupçonneux. Finalement, pourquoi cacher cette collection dans un coffre en Suisse allemande ? A Dresde même, on devrait trouver quantité de coffres à l’épreuve des bombes. De tels coffres n’auraient pas à être enfouis profondément, puisque les bombes de l’époque n’étaient pas pénétrantes. Elles étaient conçues pour faire des dégâts en surface.  Rien d’autre à Dresde n’avait davantage de valeur que les œuvres des Anciens Maîtres, ils auraient été les premiers à nécessiter des aménagements sécurisés. Le seul argument pour déplacer la collection si loin est que cela pourrait empêcher un occupant de trouver la collection et de filer avec. Mais apparemment ça n’a pas marché, n’est-ce pas ? Après nous devrions nous demander pourquoi l’armée Russe furetait dans les coffres cachés de la Suisse allemande.

Ils auraient dû être suffisamment occupés à piller les grandes villes sans chercher des coffres cachés hors du pays. Il est également curieux que la Russie ait rendu les œuvres en 1955,  en « acte de bonne volonté envers l’Allemagne ». Ce qui nous met sous l’ère Kroutchev. Le pacte de Varsovie date aussi de 1955, en réponse à l’Allemagne de l’ouest rejoignant l’OTAN. Selon l’histoire officielle, la Russie ne montrait guère de bonne volonté à l’égard de l’Allemagne de l’Est en 1955. Nous avons vu quelle sorte de bonne volonté la Russie ressentait pour cette partie de son empire quand, en 1968, ils ont écrasé le Printemps de Prague avec un barrage de tanks. Dresde n’était pas si loin au nord, et avait ressenti le même genre de bonne volonté de la part de la Russie depuis la guerre.

A l’appui de mon précédent soupçon, nous trouvons ceci sur Wikipédia :

La destruction de Dresde fut l’occasion pour Hildebrand Gurlitt, un important administrateur de musée du temps des Nazis, et également marchand d’art, de cacher une grande collection d’œuvres d’art, d’une valeur de plus d’un milliard de dollars, qui avait été volée durant l’ère Nazie, tout en déclarant qu’elle avait été détruite ainsi que sa maison située à Dresde.
Puisque 450 œuvres de l’Alte Meister Galerie de Dresde sont déclarées manquantes ou détruites, mon idée, c’est qu’elles ont été simplement transférées vers des collections privées, avec Dresde comme excuse. Que Gurlitt fût finalement pris ne signifie pas que tout le monde l'a été.

La "fausse" Madone Sixtine
Ceci m'a conduit à examiner la Madone Sixtine de plus près. Mon Dieu, j’aurais préféré en quelque sorte ne pas avoir à le faire. En parcourant la liste des œuvres de Raphaël, trois se sont imposées à moi, l’une étant la Madone Sixtine et les autres la Vierge de Foligno et la Transfiguration.  Ceci reposait juste sur mon intuition d’artiste et rien d’autre, vous comprenez ? Ça ne reposait sur rien d’autre que ce que je vais vous dire,  que j’ai découvert seulement après avoir ouvert un œil soupçonneux.  Ce soupçon naquit d’abord dès l’apparition des photos miniatures ici , mais fut confirmé par l’examen attentif des agrandissements.

Les deux premières peintures douteuses ont à peu près la même taille et sont de largeur quasi-identique. Les deux datent de 1511/1512. Les deux sont sur toile, ce qui est particulier pour des œuvres de cette taille (environ 3 m x 2m). Raphaël n’avait tenté auparavant qu’une seule huile sur toile de cette taille, la Madone au Baldaquin en 1508. Ce fut un échec. Ça ne ressemble en rien à la Madone Sixtine, ni en style, ni en qualité de peinture. Comme pour la Vierge de Foligno, on dit que c’est une émulsion sur bois, transférée sur toile. Jusqu’à cette date, Raphaël n’avait jamais fait d’émulsion sur bois de cette taille. La seule autre dans son œuvre sera plus tard la Transfiguration. Napoléon est supposé avoir ramené en France la Vierge de Foligno en 1799 suite à ses pillages en Italie, où elle fut transférée sur toile et restaurée. Les historiens conventionnels admettent que c’est étrange.

Le procédé de transfert d’une peinture sur toile depuis un panneau de bois était si rare qu’une note spéciale fut laissée par le restaurateur : 

 "Rapporto dei cittadini Guijon Vincent Tannay e Berthollet sul ristauro dei quadri di Raffaello conosciuto sotto il nome di Madonna di Foligno”.

Bien que Wikipédia ne se fatigue pas à traduire, cela signifie : « rapport des citoyens Guijon, Vincent, Tannay et Berthollet sur la restauration de la peinture de Raphaël connue sous le nom de Vierge de Foligno ». Je ne comprends rien à tout cela, puisque le restaurateur n’était aucun des quatre sus-nommés. La peinture fut censément restaurée en France, donc pourquoi une note en italien ?

Tout ceci devient doublement intrigant, étant donné mon dernier article sur Napoléon. Puisque qu’une bonne partie de ce qui concerne Napoléon a été falsifié, il ne serait pas surprenant que ce soit le cas ici aussi. Mais, retournons à la peinture.

Ce qu’ils ne vous disent pas, c’est que les transferts bois vers toile s’opèrent normalement sur des pièces plus petites. Et habituellement, c'était bien après 1800. La toile n’était pas considérée comme un substrat convenable alors, parce qu’elle se tend et détend bien trop, spécialement sur les grandes pièces. C’est encore plus vrai pour les émulsions, qui ne sont pas aussi souples que les huiles.
La Madone Sixtine et la Vierge de Foligno présentent toutes deux d’étranges angelots à l’arrière-plan, ce qui n’est le cas dans aucune de ses autres œuvres. Au-delà de ça, les visages et la qualité de peinture sont bien en-dessous de ses standards habituels, et ne ressemblent à aucun de ses autres travaux. Pas davantage l’atmosphère. Ces deux angelots alanguis au bas de la Madone Sixtine sont très célèbres, mais leur attitude ne ressemble à rien de ses autres œuvres. Il n’a jamais souligné son travail aussi grossièrement, et pour moi, l’attitude des angelots trahit une époque ultérieure, et un artiste différent. Ça vaut aussi la peine de remarquer que les angelots reposent leurs coudes sur le bord de la peinture, ou sur le bord du cadre. Ceci est un autre artifice que Raphaël n’a jamais utilisé avant ou après. Il ne déconstruisait pas son espace intérieur.


C’est triste de devoir en déduire que, selon mon opinion actuelle, les portraits les plus célèbres  de Raphaël ne sont même pas de sa main, et sont bien inférieurs à son travail réel. Le premier angelot a été  emprunté par le faussaire à un précédent Raphaël de 1504, le Couronnement de la Vierge, qui représente un angelot regardant également vers le ciel, son bras dans la même position. Mais cet angelot a une expression entièrement différente, bien moins moderne. Il n’exprime pas le même ennui, ou l’expression d’un autre commentaire intelligent. Son regard tourné vers le haut exprime la piété habituelle de l’époque.

Autre chose de très intriguant au sujet de la Madone Sixtine, c’est la corde du rideau en haut. Il me semble que cela aurait été vu à l'époque comme une maladresse. À nouveau, c’est une sorte d’indication à l’intérieur de la peinture, pointant une époque ultérieure où ce genre de chose était considéré comme astucieux. Moi je le vois comme un net indice de falsification.

Il y a un autre souci au sujet de la date de ces deux peintures, 1511-12. Raphaël était déjà très occupé ces années-là, travaillant sur plusieurs larges fresques, dont le Parnasse, les Vertus Cardinales, le Triomphe de Galatée, et Héliodore chassé du Temple. Il réalisait également à l'époque ses portraits du pape Jules, ainsi qu’un grand Prophète Isaïe. Il est donc peu probable qu’il ait eu aussi le temps de réaliser ces deux énormes retables.

Encore une chose étrange sur la page Wikipédia de la Madone Sixtine, où l’on trouve un paragraphe sur « les composants de la peinture ». Voilà ce qui est dit :

L’analyse pigmentaire du chef-d’œuvre de Raphaël révèle l’utilisation des pigments habituels à la Renaissance, comme de la malachite liée à de l’orpiment dans la draperie verte au sommet de la peinture, du bleu outremer naturel mélangé à de la céruse dans la robe bleue de la Madone, et un mélange plomb-étain jaune, vermillon et céruse dans la manche jaune de Ste Barbe.

Voilà un bel indice, puisque qu’aucune page Wikipédia sur les autres œuvres de Raphaël n’a de tel paragraphe. Pourquoi essaient-ils si intensément de vous convaincre que la Madone Sixtine a été peinte avec  « les pigments habituels de la Renaissance » ? Probablement parce que ça n’a pas été le cas, et parce qu’ils savent que beaucoup  de gens regarderont la peinture et se demanderont pourquoi les couleurs ne ressemblent pas à celles des autres peintures de Raphaël.

Nous pouvons de plus examiner la peinture ci-dessus de près. De mon point de vue professionnel, elle ne ressemble en rien à un Raphaël. Comparez-la à la glorieuse Sainte Famille un an plus tard, ou à la Madone d’Alba un an auparavant. Aucune comparaison. Regardez juste la chevelure et les sourcils de la Madone Sixtine. Travail d’amateur comparé à un Raphaël véritable. Cette peinture est un faux, et même un mauvais faux.


Voilà la Madone d’Alba. Remarquez comme tout est raffiné et subtil ici. C’est un miracle de traits, de couleur et de composition. Les expressions sont tendres et authentiques. Mes lecteurs me demandent s’il reste quelque chose de vrai. Eh bien, ceci est réel. La plupart des peintures des vieux maîtres sont réelles, et sont le signe d’une grandeur qui est toujours parmi nous.

L’analyse que nous avons faite pour la Madone Sixtine vaut aussi pour la Vierge de Foligno et la Transfiguration. À y regarder de plus près, les deux relèvent d’un travail d’amateur maladroit, sans rien de la grâce d’un Raphaël. La palette des couleurs est révélatrice dans les deux cas, et il est difficile de penser qu’aucun restaurateur ou autre « expert »  n’a crié au scandale pour ces peintures. La Transfiguration est la pire des trois, elle est simplement affreuse de tous points de vue. Regardez les personnages de l’avant-plan à droite, incluant le garçon avec le bras levé et l’homme qui le tient.  Personne ne va croire que Raphaël ait quoi que ce soit à voir avec ça ?

Remarquez également que la maquette de la Transfiguration ne ressemble en rien à la peinture, non seulement dans la composition générale mais aussi dans l’emploi des personnages.

La Transfiguration et sa maquette à droite
Vous me direz que je dénigre un artiste bien plus grand que moi, mais ce n’est pas le cas. Oui, Raphaël est un artiste bien plus grand que moi, mais il n’a rien à voir avec ces trois monstruosités. En dénonçant ces falsifications, je ne le dénigre pas, je le défends. D’ailleurs, le pape Jules II de Londres n’a rien avoir avec lui non plus. L’arrière-plan vert est un désastre, et le reste de la peinture ne ressemble en rien à du Raphaël.

Pendant que j’y suis, je pourrais en dénoncer également un autre, ce dont je me suis retenu pendant des décennies. Le Sacrifice d’Isaac du Titien (lien)est un mauvais faux, et mes amis artistes et moi avons ri pendant des années de cet âne dans le coin en bas.

Je m’étonne toujours de voir que les artistes véritables ne sont pas consultés sur ces sujets, mais évidemment, tout l’art et toute l’histoire de l’art ont été confisqués aux artistes, à dessein. Il y a une autre raison à cela. Ils ne veulent pas que nous ruinions l’investissement de quiconque avec quelque chose d’aussi mineur que la vérité.

La prochaine fois que vous lirez un article par ou au sujet de l’un de ces experts d'art, demandez-vous quelles qualifications il ou elle possède. Nul doute que vous serez confrontés à une longue liste d’articles scolaires ou de citations, mais sont-ce vraiment des qualifications ? Cela vaut aussi la peine de mentionner que ces experts de l’art ont des antécédents exécrables depuis des siècles. Des centaines de falsifications majeures et de contrefaçons ont été découvertes ultérieurement, bien qu’attestées par les meilleurs experts de l’époque. La seule qualification pertinente pour discriminer de l’art, c’est le coup d’œil, et, si certains de ces gars diplômés avaient le coup d’œil, ils seraient artistes. Ils sont devenus experts précisément parce qu’ils ne pouvaient pas devenir  artistes. Voilà donc un autre signe d’un monde sens dessus dessous, où de non-artistes jugent les artistes.

3 commentaires:

  1. ok. pour les falsifications des peintures,mais pour le reste,le bombardement de Dresden a bien existé ( comme Cologne,comme Aachen,comme Berlin etc...etc...malheureusement)et a pratiquement tout détruit et tuer des milliers de civils innocents,car en plus de cela il y avait des milliers de réfugiés civils des territoires de l'est,auquel on avait conseillé de se diriger vers Dresden ( fierté des Allemands pour ses trésors artistiques,on l'appelait La Florence de L'Elbe) car cette ville n'avait absolument rien de stratégique pour les alliés.Donc lors du bombardement ( qui ce fit,je crois en 2 vagues,dont une avec les bombes incendiaires),ces réfugiés qui s'étaient regroupés aux portes de la ville,furent décimés par les bombes.C'était la stratégie stupide des alliés,bombardé et détruire une ville et ses habitants pour forcer la population a se retourner contre ses occupants,,,idée typique de cerveaux malades et pervers...consultez la réaction de la population des villes et villages de Normandie lorsque les alliés n'eurent aucun scrupules a tout bombarder lors du débarquement,car, disaient-ils,cela freinerait les nazis dans leur repli et c'est prouvé que cela ne servit a rien.
    Quand aux œuvres d'art qui étaient planquées, c'est normal,les nazis sentaient la défaite et ils déplaçaient leur trésor un peu partout.
    Autre remarque,pourquoi s'appuyer sur wikipedia pour étudier l'histoire,ce n'est pas réellement une bonne référence,beaucoup d'entre.nous le savent et il existe de nombreuses autres sources plus fiables sur internet.Quand a la photo de ce cadavre momifié ou en pleine décomposition,elle doit provenir d'un cimetière de Dresden éventré par les bombes,ne vois-t-on pas également des ossements sur la gauche de la photo?
    Ceci étant dit,merci pour ton bloc Helios

    Ovate

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    1. citation : "pourquoi s'appuyer sur wikipedia pour étudier l'histoire,ce n'est pas réellement une bonne référence". C'est exactement l'idée de Miles Mathis qui démontre ainsi qu'on nous raconte des bobards et qu'il ne faut pas se fier à cette "encyclopédie" qui sort toujours en tête de page dans les recherches.

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  2. ok. Helios, je ne l'ai pas vu ainsi.Quand a la photo,c'est sur la droite et non sur la gauche que l'on voit des ossements,voila que je confonds ma droite et ma gauche !..

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