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mardi 2 août 2016

La marche du monde (5)

Extrait n° 5 de la "lettre confidentielle".



La puissance magique des Écritures



La première chose à comprendre est que notre civilisation est fondée sur un détournement des écritures sacrées. Chaque civilisation s'instaure à partir d'une révélation transcendantale transmise par un envoyé divin : Hermès, Zoroastre, Orphée, Moïse, Krishna ou le Christ. La révélation initiale ne concerne qu'un petit groupe d'initiés qui peuvent seuls comprendre de quoi il retourne. Dans une civilisation traditionnelle, il s'établit donc deux courants : les initiés et les profanes. Il peut advenir que ceux qui savent aient un intérêt politique à dissimuler la vérité. Et , plus gravement, à la déformer en interdisant à quiconque de remonter jusqu'à la source.

C'est de cette manière frauduleuse que s'est installé le monothéisme qui est le pilier du cycle judéo-chrétien. L'idée du principe unique est une vérité transcendantale qui ne s'applique pas dans le monde de la multiplicité. Des lobbies occultes usurpent la parole divine à des fins égocentriques, en s'appuyant sur la magie que recèlent les grands mystères relatifs à la création du monde et de l'Homme.

Pour comprendre ce processus de dégradation, il faut savoir que la vérité est insaisissable pour l'Esprit humain. La science sacrée n'est pas faite pour les êtres qui transmigrent, dans le circuit du septième univers. Elle leur est inaccessible, et ils ne pourraient rien en faire. S'emparer des vérités supérieures pour les rabaisser au sens commun ne peut qu'entrainer la décadence irréversible d'une civilisation anti-traditionnelle.

L'essence primordiale qui engendre les mondes n'est pas un Dieu unique, mais un processus qui met en marche plusieurs puissances sur plusieurs dimensions. Se représenter cet absolu comme le Dieu des monothéistes fait chuter l'Esprit qui projette alors Dieu à son image. L'Homme a créé Dieu à son image et ce qui est supérieur s'est retrouvé en bas.

Certains lobbies occultes ont intérêt à ce que cette dégradation survienne, car ils peuvent asseoir leur pouvoir plus aisément en imposant une révélation dénaturée, proche de la conscience matérielle. Il leur serait impossible de contrôler les masses avec des vérités supérieures que personne ne peut comprendre.

Les Anciens avaient donc des religions à deux vitesses : un culte extérieur fondé sur une interprétation littérale des mythes et une école des mystères pour ceux qui aspirent à la vérité.

Intéressons-nous particulièrement aux mythes qui ont donné naissance aux religions contemporaines, pour comprendre comment s'est opéré le processus de dégradation d'une révélation spirituelle. Depuis la nuit des temps, la Tradition Primordiale est passée d'une civilisation à l'autre en changeant de formes, sans que son essence ne soit altérée. Lorsque survint le début de l'Âge Noir, il y a cinq mille ans, de grands initiés ont pressenti que la Tradition ne pourrait plus être transmise librement car l'Humanité allait sombrer dans le matérialisme et une impiété généralisée. Il fut alors décidé, au sein du Conseil Supérieur, de cacher la révélation sous une forme simple et condensée afin qu'elle continue de rayonner en secret et qu'elle demeure intelligible à ceux qui le désirent.

Origine de la Bible

Il faut évoquer la Bible dont le nom signifie le Livre par excellence. La Bible nous renvoie à Babel et à la ville de Byblos, en Phénicie, dont le nom aurait été donné par Alexandre le Grand en mémoire de la cité où serait née l'écriture alphabétique. Les Phéniciens de Byblos adoraient le dieu EL qui deviendra le dieu créateur de la Bible.

Alexandre savait que Byblos avait jadis été un centre initiatique où une synthèse des traditions de Sumer et de l’Égypte avait pris forme dans l'alphabet sacré des Phéniciens. Cet alphabet remarquable deviendra la matrice des alphabets modernes et de ceux qui en proviennent directement comme l'hébreu et le grec.

Lorsqu'on parle de l'ancienneté de la Bible hébraïque, il faut savoir que la langue hébraïque est un produit direct du phénicien. Il n'y a pas à proprement parler d'alphabet hébreu mais un modèle original qui fut établi sous la forme des vingt-deux lettres-nombres de l'alphabet phénicien (les lettres latines sont également issues des idéogrammes phéniciens).

Les mythes bibliques, et particulièrement le mythe de la Genèse, sont nés à Sumer et, après avoir transité par Babylone, ils furent condensés par des initiés phéniciens en se mélangeant aux éléments mythiques de l’Égypte. Comme le Phénix, la Tradition est re-née dans la pourpre phénicienne. Ainsi, les versions les plus anciennes des écritures bibliques ont-elles été rédigées en phénicien, mais, curieusement, peu de traces en subsistent, comme si la version hébraïque, plus récente, était sortie du néant.

On peut penser, à l'évidence, que les esprits hébreux qui transcrivirent les textes bibliques du phénicien en hébreu ont détruit les tablettes d'origine. Transcrire du phénicien en hébreu est chose facile, car il suffit de changer la formes des lettres d'une langue qui est approximativement identique. C'est pourquoi la Bible mentionne qu'à leur retour de Babylone, les Hébreux réécrivirent la Torah avec la graphie d'Esdras – l'écriture actuelle de la Bible hébraïque. Des initiés hébreux ont donc été chargés d'opérer la transition de la Tradition, avant que le judaïsme ne s'approprie le mensonge de la tradition biblique. Cette Tradition fut synthétisée dans les vingt-deux idéogrammes phéniciens qui constituent un système de représentation des puissances universelles où chaque lettre symbolise une structure essentielle de la manifestation. C'est pourquoi les rabbins, plus naïfs que malveillants, affirment que Dieu a créé le monde à l'aide des vingt-deux lettres de l'alphabet hébraïque. Mais s'ils devaient croire que EL a engendré notre univers en s'appuyant sur les vingt-deux structures de l'alphabet phénicien, que deviendrait le judaïsme orthodoxe ?

Qu'est-ce qui donne au mythe de la Genèse biblique son caractère sacré et sa puissance d'évocation qui a hypnotisé l'humanité ? Le récit est pourtant d'un ordre très inférieur aux mythes des autres civilisations si on le compare aux allégories grecques ou hindoues. La Genèse biblique ne se distingue ni par sa qualité littéraire ni par la transcendance de son message. Dire qu'au commencement Dieu créa le Ciel et la Terre est une sorte de sophisme qui rivalise mal avec la poésie des récits de la création des amérindiens ou des celtes. Un proverbe cabalistique dit qu'il ne faut pas prendre le vêtement de la Torah pour la Torah elle-même. On ajoute que nombre d'humains talentueux auraient pu écrire une histoire plus remarquable au plan formel et moral.

Le livre de la Genèse sous sa forme littérale est donc un voile qui dissimule un sens plus profond qui ne se révèle qu'aux initiés capables de le décrypter. Ce livre n'a pas été rédigé pour que les profanes ignorants s'en gargarisent sur les places publiques, dans les synagogues, les temples ou les académies. La forme littérale de ces écritures a précisément été fabriquée pour camoufler les secrets qu'elle recèle et non pour les rendre intelligibles. La technique du camouflage fut également utilisée par les rédacteurs des écritures sacrées de l'Inde, que de nombreux naïfs citent à satiété sans savoir dans quel piège ils tombent, poussés non par la malveillance, mais parce que la vérité ne concerne que ceux qui la possèdent déjà. Il faudrait dire aux juifs, chrétiens et musulmans qui ânonnent leurs saintes écritures : Circulez, il n'y a rien à voir !

La puissance magique qui hypnotise les croyants s'appuyant sur la Bible provient d'une charge secrète émanant du système de codage alpha-numérique qui sous-tend la forme littérale. Le texte est puissant, davantage par les mystères qu'il dissimule que par le sens qu'on lui attribue.

Les écritures sont sacrées parce qu'elles recèlent des mystères transcendantaux qu'un profane ne peut pas se représenter. Mais il peut arriver qu'un profane assez malin puisse concevoir que les écritures sacrées soient chargées d'une puissance secrète qui pourrait être exploitée politiquement pour gouverner le monde. Ce profanateur deviendra un initié dans l'art de l'inversion de la vérité. C'est un tel groupe d'initiés qui a fait main basse sur le corpus biblique en s'appuyant sur la science sacrée pour un usage occulte qui fait de ces magiciens les maîtres de la civilisation.

Le Judaïsme a montré la voie au Catholicisme qui a récupéré le système de seconde main car la Bible en latin avait perdu la force inhérente au codage alpha-numérique du phénicien/hébreu. Israël a conservé la première pression du fruit, et l'Église s'est contentée d'une seconde mouture chargée d'additifs théologiques. Les initiés savent que le code de lecture biblique est un système ésotérique scientifique plus précis que la science matérielle. Chaque lettre de chaque mot est un processus énergétique en interrelation avec les lettres précédentes et suivantes.

C'est une succession de lettres qui sont des nombres renvoyant aux valeurs archétypales de forces universelles. Les mots et les noms sont supposés être la mise en équation des rayonnements et des structures cosmiques. Un texte de ce type se présente sous la forme d'un document codé totalement hermétique. Il est évidemment illisible pour des non-hébraïsants.

Quant aux hébraïsants, leur pensée est hypnotisée par la charge de leur croyance religieuse atavique. Ils sont alors doublement aveugles parce qu'ils projettent inconsciemment sur le texte. C'est pourquoi ils éprouvent une foi inconditionnelle, d'autant que leurs maîtres, les rabbins, leur enseignent que la Torah a été rédigée spécialement pour Israël. Qui rechignerait à se savoir élu du Dieu ?

Pour schématiser, on peut considérer que la Bible, au moins le Pentateuque, mais particulièrement le Livre de la Genèse, est la mise en récit d'un système de mathématiques sacrés. Les équations métaphysiques ont été simplement converties en images enfantines pour pénétrer dans la tête des masses.

Si l'on considère les choses depuis notre plan d'existence, il est normal que les croyants aient quelque chose à croire. Mais si l'on observe l'affaire de plus haut, pour autant que nous soyons capables d'un tel recul, on constate que l'éducation religieuse judéo-chrétienne, et spécialement judaïque, est une opération de désinformation planétaire. Il ne s'agit pas de mensonges sciemment orchestrés, mais d'un malentendu gigantesque dont furent victimes autant les rabbins, qui prétendent savoir lire, que les chrétiens qui n'ont jamais vraiment appris à lire la Bible. La lecture littérale d'un écrit codé est pour le moins paradoxale et doit entrainer des effets déplorables. On s'attache à la lettre ou bien on finit par douter et tout rejeter. Par contre, les initiés qui poursuivent des buts politiques peuvent pomper des forces dans les formules magiques qu'ils détournent pour toutes sortes d'usages.

Décryptage de l'Ancien Testament

L'éclairage gnostique

Le courant gnostique considère la Bible comme un aide-mémoire plutôt que comme un objet de croyance. Les Gnostiques – ceux qui ont appris la Connaissance – voient dans les récits bibliques des allégories se rapportant à la vie intérieure. Par exemple, sachant qu'il n'y a jamais eu de Juifs massivement retenus en Égypte, ils comprennent que la sortie d’Égypte le jour de Pâques est une allégorie de la délivrance spirituelle. Sans aller jusqu'au sens ultime du texte codé, on peut au moins en tirer des leçons importantes à condition de ne pas s'égarer dans la littéralité.

Mais cette disposition d'esprit est très rare à cause de notre héritage religieux qui projette une hallucination matérialiste sur ce qui est purement symbolique. Il est difficile de ne pas voir en Moïse un personnage historique, mais ce nom est la formule d'un état de conscience alchimique. Un initié voit immédiatement que MOSCHE se compose des deux idéogrammes phéniciens qui symbolisent l'eau et le feu. Ainsi, le fameux Moïse que le judaïsme considère comme le maitre et libérateur d'Israël n'a jamais eu d'existence historique. Il représente l'état d'une conscience éveillée, ayant équilibré en soi les forces complémentaires de la Foi et de la Connaissance. Ainsi éveillée, la conscience Moïse peut s'apprêter à se libérer du plan matériel symbolisé par l’Égypte. Mais il faut d'abord briser la résistance du surmoi, du gardien du seuil représenté par Pharaon. Celui-ci augmente alors la pression sur l'âme en déclenchant des catastrophes qui seront fatales.

Mais le Satan subconscient qui nous enchaîne au plan terrestre finit par abdiquer et ordonne la sortie d’Égypte. C'est la Pâques de la Renaissance. Il reste une épreuve intérieure : se libérer des atavismes et des conditionnements karmiques et héréditaires. Cette épreuve est symbolisée par la traversée de la Mer Rouge. C'est la transmutation du sang qui permet à l'homme nouveau de s'émanciper en laissant derrière lui le vieil homme englouti dans le passé. En sautant les épisodes de la traversée du désert pendant les quarante ans symboliques, Moïse parvient au bord du Jourdain, en vue de la Terre Promise, c'est à dire le Royaume des Cieux. Mais un ultime sacrifice attend la personnalité courageuse qui a passé les épreuves précédentes. Moïse meurt et c'est Josué qui opère la traversée du Jourdain. Un Gnostique comprend que cette traversée est un changement de conscience, et que Josué est le même nom que Jésus (Iéchou). Les chrétiens ont repris l'histoire. On retrouve Josué/Jésus dans le cycle évangélique au bord du Jourdain où Jean vient le baptiser.

Israël : l'homme devenu Dieu

Le courant littéraliste a imposé une lecture historique et temporelle du récit allégorique. Il y a, au final, peu de différence entre le récit en hébreu que lisent les rabbins et celui en latin (ou dans n'importe quelle langue) que lisent les chrétiens. Si l'on prend le texte à la lettre, on rêve à une histoire matérielle qui n'a jamais existé, avec la nuance que les Juifs croient y voir leur histoire nationale, ce qui est évidemment beaucoup plus stimulant. Nous devons nous interroger sérieusement sur le sens de l'élection d'Israël. Le nom semble tomber du ciel comme sorti de nulle part lors de la lutte de Jacob avec l'ange. N'ayant pas succombé à l'épreuve, Jacob reçoit ce nouveau nom. En raccourci, IS-RA-EL peut signifier l'homme élevé à l'état de Dieu. Cette formule, élaborée par les initiés phéniciens ou égyptiens, désigne l'Humanité appelée collectivement à revenir à son état divin originel. Selon ce point de vue, les chrétiens et plus généralement les goyim (les non-juifs) sont fondés à s'identifier à Israël car tout être pensant a la vocation de s'élever vers Dieu. C'est pourquoi lors de l'épisode évangélique où Jésus observe Nathanaël, il lui dit : Tu es un vrai israélite car je t'ai vu sous ce figuier.

S'il y a de vrais israélites, c'est qu'il y en a de faux. Mais le signe de l'israélite authentique est qu'il se tient sous le figuier de la conscience, l'arbre sacré qui, dans ce contexte, symbolise une conscience parfaitement éclairée – le système cérébro-spinal régénéré. (Nathanaël signifie figuier divin)

Ainsi, tout homme épris d'absolu et qui, par ses efforts et son sacrifice, éveille en lui le principe divin (EL), est un vrai fils d'Israël – un être divinisé. Qu'il soit blanc, noir ou jaune, cet homme est un véritable Israélite. Mais fut-il descendant d'une énième génération de Cohen et respectueux des 613 misvoth (commandements), s'il n'est pas transformé par l'éveil de son étincelle immortelle, il n'est pas un vrai fils d'Israël, mais un usurpateur qui trompe le monde et qui est trompé lui-même.

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La semaine prochaine, première partie sur le thème de L'ARGENT...

6 commentaires:

  1. Au retour de Babylone on a redécouvert les écrits anciens dans des jarres, mais ils étaient intraduisibles, on fit appel à une prophétesse pour en traduire le texte, celui-ci fut retranscrit par Ezra en écriture chaldéenne des temples, dit aussi écriture à l'assyrienne, ancêtre de l'hébreu moderne. Fabre d'Olivet, la langue hébraïque restituée.

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  2. Absolument subjuguée par ta traduction Hélios. Merci de ton travail, d'autant que ce texte là, particulièrement, m'a permis de mettre quelques points sur quelques i de mon humble connaissance ;) à toi ♥ ♥ ♥

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    1. Merci, Dany. Mon travail a consisté à transcrire le texte et non à le traduire (un peu de vacances, quand même !).

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  3. @Helios
    Toutes vos hypothèses sont vraiment fascinantes...

    Moise a institué dix commandements mais quand Dieu s'est incarné en Jésus, il a accomplis enfin la loi en en donnant que deux :
    -Aimez Dieu de tout votre coeur...
    -Aimez votre prochain comme vous même

    Voici le secret enfin révélé, la bataille que nous devons mener nous chrétiens.

    Qu'Il vous bénisse !

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    1. Même si vous êtes du new age et qu'on ne s'accorde pas tellement on pourrai chanter ensemble ce week end qu'en dites vous ?

      http://leblogdelyriko.blogspot.fr/

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