Bistro Bar Blog

samedi 27 août 2016

Histoire d'eau et histoire d'os


D'autres réflexions frappées du bon sens dans la dernière newsletter du magazine Néosanté.

Je rappelle que je publierai des extraits du numéro de septembre consacrés aux trouvailles du Dr Ceulemans au sujet du cancer, comme annoncé sur le BBB.



Histoire d’eau et histoire d’os


Histoire d’os d’abord : comme je le signalais en introduction de son article sur les aliments propices à la réparation osseuse (Néosanté N° 58 de juillet/août), notre chroniqueur nutrition Yves Patte s’est récemment brisé le métatarse en faisant une lourde chute de plusieurs mètres. C’est précisément pour aider son pied cassé à se guérir plus vite que notre collaborateur s’est intéressé aux nutriments amis des os. Ce que je ne savais pas, c’est que notre « paléonutritionniste » allait appliquer à la lettre le « modèle paléo » qui lui est cher, à savoir se mettre dans la peau d’un homme préhistorique et faire totalement confiance à la nature pour réparer sa fracture. Selon les médecins urgentistes, Yves aurait dû être opéré, immobilisé 6 semaines dans un plâtre, puis suivre une longue rééducation en kinésithérapie. Il n’a rien fait de tout ça ! Il s’est contenté d’appliquer de l’argile, de consommer de la consoude (lire ICI pour ses vertus) et de reprendre prudemment ses activités d’animateur d’une salle de Crossfit en se fiant à ses sensations. Aujourd’hui, moins de 3 mois après l’accident, il saute et il court en ne ressentant quasiment plus aucune douleur.


Je ne vous raconte pas ça pour flatter Yves Patte, ni pour vous inciter à suivre son exemple. Personnellement, je ne crois pas que j’aurais assez de cran pour faire pareil. Les trois fois où je me suis cassé quelque chose dans ma vie, je suis passé par le circuit conventionnel du plâtrage et de la kiné rééducative. Je suis moins sportif que notre paléoman et j’ai sans doute un régime alimentaire moins strict que le sien. Malgré tout le bien que je pense de la médecine naturelle, je suis d’avis que la médecine d’urgence et la traumatologie « classiques » sont des passages indiqués en cas de fracture. Indiqués mais pas obligés ! Car c’est tout l’intérêt de l’expérience tentée et réussie par le chroniqueur de Néosanté : en soignant un pied fracturé sans plâtre et sans kiné, il s’est prouvé et il a prouvé que le « laisser-faire la nature » était une option valable, même pour ce genre de situation. Partant, il a démontré que la médicalisation d’un problème de santé aussi grave n’était pas indispensable. Alors, imaginez si nous renoncions à l’interventionnisme médical pour tous nos bobos bénins et nos petits pépins de santé ! C’est absolument vertigineux quand on y pense : on pourrait fermer des pans entiers du système de soins et rétablir durablement son équilibre budgétaire. Merci à Yves Patte pour cette belle leçon de simplicité sanitaire !


Je le remercie aussi pour le contenu de l’article à paraître dans le mensuel Néosanté n° 59 de septembre 2016. Quand je l’ai lu, j’ai été bien content de constater que j’avais raison de penser ce que je pense à propos de l’eau de boisson. Pour la diététique officielle et pour la plupart des naturopathes, il faudrait impérativement boire 1,5 litre d’eau par jour. Et il ne faudrait pas attendre d’avoir soif pour s’hydrater car le corps humain tarderait à signaler sa détresse hydrique au cerveau. Pour ma part, je n’ai jamais cru à un tel « défaut de fabrication » : tout comme il régule la sensation de faim en fonction des besoins de nourriture, notre organisme est forcément réglé pour signaler le besoin d’eau par une sensation de soif. Dans la nature, les animaux sauvages boivent seulement pour se désaltérer. Dans les pays très chauds, les habitants ont souvent une sobriété de chameau et ne s’en portent pas plus mal. En ce qui me concerne, je mange beaucoup de fruits et de légumes et je n’ai jamais éprouvé la nécessité de me plier au diktat du litre et demi. Idem pour ma vieille maman de 86 ans : elle se porte très bien et n’a jamais touché au verre d’eau que, par habitude, elle dépose sur sa table de nuit en allant se coucher.


Ce truc du litre et demi, ça m’a toujours semblé louche dans la mesure où c’est aussi le slogan publicitaire des marchands d’eau en bouteilles. Et justement, Yves Patte explique dans son article que cet argument marketing n’est nullement étayé par les recherches en nutrition. Au contraire, les études scientifiques s’accordent sur l’absurdité d’une quantité identique pour tous et sur la non nécessité de se forcer à boire. Jusqu’à preuve du contraire, et moyennant quelques précautions pour les personnes âgées et les jeunes enfants, rien ne sert de boire sans soif car celle-ci est le meilleur indicateur du besoin de s’hydrater. Vous en doutez ? Normal puisque ça contredit tout ce qu’on entend à la télé et tout ce qu’on peut lire dans les autres journaux de santé naturelle. Aussi ai-je décidé de vous offrir en primeur la prochaine rubrique d’Yves patte (lire ci-dessous), la première d’une série consacrée à la meilleure façon de s’hydrater. À vous de juger. Et comme dirait l’autre, à votre santé !


Yves Rasir


Comment s’hydrater ?


Comme beaucoup de médecins, de nombreux naturopathes approuvent les slogans commerciaux et recommandent d’absorber beaucoup d’eau durant la journée, quitte à se forcer. Le « mythe du litre et demi » ne repose pourtant sur aucune base scientifique. La sensation de soif est le meilleur indicateur de la nécessité de boire.


Sur son site internet, la marque Evian nous donne une « astuce hydratation » : « Le matin, ouvrez une bouteille d’1,5 litre et buvez-la tout au long de la journée ». Chez Vittel , on pense également à celles et ceux qui travaillent en prévoyant une bouteille d’1 litre, qui « contient la quantité d’eau idéale pour vous hydrater tout au long de votre journée de travail ». Vous boirez les 500 ml restants en rentrant chez vous, puisqu’on apprend, toujours sur le site de Vittel , que 1,5 litre est la « quantité d’eau quotidienne recommandée pour un adulte (sain, sédentaire, vivant en climat tempéré) ». Les marques d’eau en bouteille sont unanimes là-dessus : il faut boire 1,5 L d’eau ! Aux Etats-Unis, la formule consacrée est le « 8 x 8 » : 8 fois 8 ounces d’eau par jour, ce qui fait entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour…


Affirmation sans preuve


Le problème est que la communauté scientifique est beaucoup moins unanime que les marques d’eau en bouteille. En fait, lorsque des chercheurs se penchent sur la question, ils découvrent qu’il n’y a aucune preuve de la nécessité de boire une telle quantité d’eau sur sa journée. C’est ce qu’a montré une étude parue, en 2002, dans l’ American Journal of Physiology. Regulatory, Integrative and Comparative . En 2008, une autre étude publiée par l’ American Society of Nephrology venait confirmer cette absence de preuve. Tout d’abord, notre hydratation dépend de tout un ensemble de facteurs, ce qui exclut nécessairement toute prescription qui vaudrait pour tout le monde. Parmi ces facteurs : l’âge, le poids, le sexe, le niveau d’activité physique, le climat, la nutrition, etc. On peut même concevoir que cela change d’un jour à l’autre pour la même personne, selon la température du jour et l’activité qu’elle a. Le « 8 x 8 », ou la bouteille d’1,5 L à ouvrir tous les matins, sonnent donc bien davantage comme des formules marketing que comme des prescriptions de santé.


Par ailleurs, les marques précitées oublient de mentionner qu’on ne trouve pas l’eau dont notre corps a besoin uniquement dans leurs petites bouteilles. Pour notre corps, toute eau est bonne à prendre, qu’elle vienne des légumes que nous mangeons, des fruits, d’une soupe, d’un bouillon, ou d’une tisane. Et tous ces liquides devraient entrer dans le calcul. Dans ce cadre, l’alimentation paléo fournit, grâce aux légumes et aux fruits, un apport en eau bien supérieur à une alimentation basée sur les céréales. Même les œufs et le poisson sont riches en eau. Alors, il n’est pas question de dire que l’hydratation n’est pas importante, ou qu’il ne faut pas boire de l’eau. C’est la molécule la plus abondante de notre corps, et elle est essentielle à tout un ensemble de mécanismes physiologiques. Durant des millions d’années, nous avons été capables de nous hydrater, en écoutant notre sensation de soif. Comment se fait-il que nous devrions nous "forcer" à boire 1,5 L d’eau par jour aujourd’hui ?


Le cerveau calcule tout


Le centre de la soif est l’hypothalamus : des capteurs y évaluent constamment la concentration de sodium dans le sang. C’est un des indicateurs principaux du niveau d’hydratation pour le corps. Mais l’hypothalamus évalue également le volume et la pression sanguine, à partir d’informations provenant des vaisseaux sanguins. Si le taux de sodium est trop élevé par rapport au volume de sang, ou que ce volume diminue, le corps déclenche d’une part la sensation de soif, et l’hypothalamus augmente d’autre part la synthèse d’une hormone anti-diurétique : la vasopressine. Celle-ci dira, entre autres, au corps de réabsorber de l’eau depuis les urines. Autrement dit : laissez la soif être votre guide ! Et là-dessus, les scientifiques sont assez unanimes. Réponse des producteurs d’eau (et en particulier des boissons pour sportifs) : lorsqu’on a soif, on est déjà déshydraté. Faux, répondent les scientifiques. En tout cas, rien ne le prouve. Et les mécanismes sont plus complexes : lorsqu’on a soif et qu’on boit, la soif disparaît immédiatement. On n’est pas, pour autant, déjà réhydraté (ça prendra quelques minutes, voire davantage, pour que le volume sanguin augmente, que le taux de sodium diminue, etc.). Donc, si la sensation de soif peut disparaître avant qu’on soit réhydraté, la sensation de soif peut aussi apparaître avant d’être déshydraté. Les recherches le montrent.


Et c’est cohérent d’un point de vue évolutionniste : si un animal ne se rend compte qu’il doit chercher de l’eau qu’au moment où il est déjà déshydraté (et donc dans un état de faiblesse physique), il y a bien des chances qu’il ne trouve pas d’eau, et qu’il meure. C’est la même logique qui explique que le corps soit assez bien conçu pour faire des efforts à jeun.


Précautions particulières


Hélas, pour des raisons encore inconnues, le vieillissement vient perturber les mécanismes d’information de la déshydratation, et la sensation de soif diminue. C’est d’autant plus problématique que le besoin en eau augmente au fur et à mesure que les reins vieillissent. De même, il importe, en tant que parent, de s’assurer de l’hydratation des enfants. Bien sûr, ils sont capables de ressentir la soif, mais il nous revient de leur apprendre à donner assez d’importance à cette sensation, et de nous assurer qu’ils aient à boire. Enfin, lorsque vous perdez des quantités d’eau anormales, comme en cas de diarrhée ou de vomissement, pensez au fait que vous aurez besoin de plus d’eau que d’habitude.


Pour le reste, je le répète, la seule certitude scientifique est que la soif est le meilleur indicateur du besoin de boire. Peut-être avez-vous un(e) collègue, dont la bouteille d’eau trône sur le bureau, et qui se force à tout boire, parce que sinon il/elle « oublie de boire » son litre et demi d’eau par jour. En a-t-elle/il vraiment besoin, immobile dans ce bureau climatisé ? Croyez-moi, en tant que coach sportif, je rencontre très peu de gens qui « oublient » de boire après le sport. Ils se sont dépensés, ont transpiré, et ils ont soif. Le prochain article sera consacré à l’hydratation durant l’effort.

Yves Patte

1 commentaire:

  1. néosanté.eu le seul magazine sur la santé ou je suis abonné depuis le N°1 (toujours gratuit !) et que je ne regrette toujours pas ...
    Des articles toujours justes, car correspondant à l'être humain en vrai pas à des maladies adaptées à des médicaments !
    C'est un cadeau à ne pas faire à son thérapeute habituel il risque de ne plus vouloir vous prendre ! ! ! ! Peu importe vous aurez vos pistes à vous !

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