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lundi 11 avril 2016

La langue de bois dans le discours médiatique actuel

Toutes ces expressions volontairement banalisées que les médias nous ressassent. C'est au final une sorte d'opération psychologique par le langage.
 Aujourd'hui, les 10 premières.
Et en introduction, une démonstration par George Carlin sur la transformation du langage moderne (vidéo sous-titrée).



Langue de bois : le top 20 des 
expressions actuelles à connaître

Par Makia Freeman
Traduit par Hélios



Le double langage (ou "langue de bois") est très répandu dans notre monde d'aujourd'hui. La langue de bois peut se composer d'euphémismes (Atténuation dans l'expression de certaines idées ou de certains faits dont le côté cru aurait quelque chose de brutal ou de déplaisant), des phrases délibérément ambiguës (expressions destinées à cacher la vérité) ou de véritables inversions (des mensonges manifestes qui déclarent le contraire de la vérité). Même si le terme de langue de bois ne figure pas dans le livre 1984, on l'associe souvent à George Orwell. Après tout, c'est bien lui l'auteur de la devise du parti dirigeant totalitaire dans 1984 : "La guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage, l'ignorance c'est la force" – un bel exemple d'inversion. Orwell inventa cependant le terme de novlangue pour décrire un nouveau type de langage réduisant drastiquement l'étendue des mots et expressions disponibles, ce qui diminuait parallèlement la portée d'une éventuelle liberté de pensée parmi la population gouvernée.

Dans la liste suivante on trouve beaucoup de termes de langue de bois qui sont des oxymores, des figures de style réunissant deux termes apparemment contradictoires. La vérité est cachée parce qu'elle est trop crue, dérangeante, désagréable ou carrément horrifiante. Il est d'une importance vitale d'observer notre langage, car il joue un grand rôle dans la manière de donner forme à notre monde et de créer notre réalité. En se servant inconsciemment de ces termes à la place de termes plus appropriés ou plus réalistes, nous nous mentons à nous-mêmes, ou sommes un minimum d'accord pour subir mensonges et programmation. Le politiquement correct est un bon exemple de la façon dont on peut introduire un contrôle du langage et de la pensée et un double langage dans toute une population, sans que les gens ne réalisent qu'ils sont trompés et manipulés. Voici une liste des expressions de double langage orwelliennes modernes les plus usitées, dont la première partie portera sur des termes militaires et géopolitiques.


Expression n° 1 du double langage orwellien : guerre au terrorisme, terrorisme, terroriste, combattant ennemi

La guerre au terrorisme est une expression fabriquée totalement fausse et frauduleuse. On l'a inventée et médiatisée pour fournir une excuse aux manipulateurs du Nouvel Ordre Mondial et outrepasser des notions comme les droits de l'homme, la loi naturelle et la constitution, ainsi que pour envahir, infiltrer et renverser des états étrangers. Les US se sont efforcés de définir le terme "terreur" dès le jour où ils ont déclaré la guerre au terrorisme. Ce qui est assez drôle est qu'ils ne sont pas d'accord sur la définition exacte du terrorisme. Nous avons donc une guerre nébuleuse au sujet d'un concept différent selon chacun.Voici la définition première du terrorisme pour le FBI, que ce soit au sein du peuple américain ou qu'il soit international :
"Implique des actes dangereux pour la vie humaine en violant la loi d'un état ;
Semble prévu pour intimider ou contraindre une population civile ; influencer la politique d'un gouvernement par intimidation ou contrainte ; ou affecter la conduite d'un gouvernement par destruction massive, assassinat ou kidnapping."
Selon leurs propres définitions, les US sont les plus grands terroristes au monde, car ils attentent fréquemment à la vie humaine (bombes, missiles, drones, guerres), tuent des civils, influencent les gouvernements étrangers (quand ils ne les renversent pas purement et simplement – Irak, Libye, Ukraine) et assassinent des officiels de gouvernements depuis 1953 au moins, via la CIA.

Les politiciens utilisent le terme terroriste ou combattant pour décrire essentiellement un membre d'une milice étrangère ou un soldat qui a été désigné comme l'ennemi et qu'ils veulent détruire ou assassiner. Le terrorisme islamique est le dernier à la mode, bien qu'un meilleur terme puisse être terrorisme islamique sioniste, car Israël se tient derrière la création, le financement et le fonctionnement de l'Islam radical et gère aussi les nombreuses attaques "islamiques" sous fausse bannière comme le 11 septembre et les attentats de Paris.



Terme n°2 du double langage orwellien : extrémisme, extrémiste

Les prétendus responsables de ce mot ont fait franchir une étape au terrorisme en adoptant le terme d'extrémisme. L'extrémisme est le nouveau terrorisme, parce qu'il est d'acception plus large et on peut l'utiliser pour marginaliser ou criminaliser les dissidents. Après tout, on pourrait accuser N'IMPORTE QUI d'être extrême d'une manière ou d'une autre, d'accord ? Qui se trouve exactement au milieu de l'éventail des problèmes ? 
 
Comme le déclare le manuel du DHS [Department of Homeland Security, département de la sécurité intérieure], un extrémiste peut être un patriote, un vétéran de guerre, un journaliste des médias alternatifs, un partisan des contrôles douaniers, un avocat du droit des animaux, un avocat du contrôle des armes et quelqu'un qui héberge des gens – quelqu'un finalement qui remet en cause la version "officielle" de la réalité. Êtes-vous un extrémiste ?

Expressions n° 3 du double langage orwellien : combattant pour la liberté, rebelle modéré

De l'autre côté de la médaille, bien sûr, il y a ces mercenaires, ces soldats embauchés qu'on qualifie d'alliés et non d'ennemis. Par essence, des gens que nous payons pour faire notre sale travail. Ces gars ne sont pas des terroristes ; ce sont des combattants pour la liberté ou des rebelles modérés ! Comme le disait George Carlin :
"Les terroristes israéliens sont appelés commandos ; les commandos arabes sont appelés terroristes. Les tueurs du Contra sont appelés combattants pour la liberté ; si les combattants du crime combattent le crime et que les pompiers combattent le feu, que combattent les combattants pour la liberté ?"


Expression n° 4 du double langage orwellien : nettoyage ethnique

Le nettoyage ethnique est un nouvel exemple horrifiant de double langage. Le mot génocide est trop direct et trop agressif, les responsables ont donc senti le besoin de le dédramatiser avec l'horrible choix de "nettoyage". Depuis quand un massacre a-t-il quelque chose à voir avec un nettoyage ? C'est une inversion totale de la réalité.

Expression n°5 du double langage orwellien : interrogatoire amélioré

Interrogatoire amélioré est une expression imaginée qui signifie en réalité quelque chose de bien plus brutal : la torture. C'est un autre mensonge. Interroger quelqu'un, c'est lui poser des questions et non lui mettre la tête dans l'eau dans l'intention de l'effrayer en l'amenant au seuil de la mort, ni de lui enfiler de la nourriture par le rectum. Nous savons pourtant maintenant par des documents du gouvernement américain que la torture par l'eau et le nourrissage rectal et une foule d'autres atrocités ont été réalisées à des endroits comme la baie de Guantanamo [à Cuba, où se trouve la tristement célèbre prison, qu'Obama aurait prévu de fermer].

Expression n°6 du double langage orwellien : exécution extrajudiciaire

Tout comme les deux expressions ci-dessus, l'exécution extrajudiciaire est une nouvelle tentative d'ajouter d'autres mots et syllabes à une expression dans l'espoir d'en cacher la rude et brutale vérité. Nous savons tous que c'est bien un assassinat. C'est un autre euphémisme trompeur pour camoufler et minimiser la vérité. Dans un monde libre, juste et ouvert, personne n'aurait le droit de prendre la vie d'autrui, encore moins en dehors de toute forme de procès.

Expression n° 7 du double langage orwellien : intervention humanitaire, responsabilité de protéger (R2P)

L'ONU, création des Rockefeller, est le véhicule prévu pour inaugurer le gouvernement mondial du N.O.M. Ce n'est alors pas surprenant de les voir encourager l'usage d'expressions de double langage et de politiques comme intervention humanitaire (un oxymore flagrant) et responsabilité de protéger. Une intervention est une invasion ou une attaque préventive et par là même manifestement illégale et injuste, point final. Il n'y a rien "d'humanitaire" à envahir militairement une autre nation souveraine. Les US, la Grande-Bretagne et autres puissances se sont sorties impunément de ce genre de massacre en contrôlant la narration par le biais des médias et de prétextes racoleurs, comme l'histoire fabriquée des armes de destruction massive et celle où l'on sauve le peuple d'un prétendu leader dangereux. Cette dernière ruse semble fonctionner presque à chaque fois.

Expression n°8 du double langage orwellien : dommages collatéraux, bouches inutiles

La marque de fabrique de ces expressions militaires de double langage est  déshumanisation – qui transforme d'autres gens et d'autres vies en quelque chose de sous-humain ou de non-humain. Combien souvent avons-nous entendu que des gens tués dans un raid, une frappe, une incursion, une invasion ou une bataille ne sont que des dommages collatéraux ? Cela fait penser à des actifs financiers ou à une possession de piètre importance. Le seul moyen peut-être pour que la conscience anesthésiée et la capacité de ressentir ou de compatir des soldats endurcis puisse fonctionner est de chosifier leurs victimes. On rapporte qu'Henry Kissinger, criminel de guerre et initié notoire du N.O.M. aurait qualifié les africains de "bouches inutiles", ce qui a du sens étant donné qu'il a fait rédiger le NSSM 200 [National Security Study Memorandum, daté de 1974] lors de son mandat dans l'administration Nixon – un programme officiel américain de dépopulation du tiers-monde.



Expression n° 9 : éliminer, neutraliser, dépeupler

En parlant de dépopulation, il existe beaucoup de termes, que ce soient sous forme d'euphémismes ou de double langage, pour les tueries et les meurtres. Avec dépopulation, on entend aussi élimination, neutralisation et liquidation. C'est une poursuite de déshumanisation et une tentative pour enjoliver les massacres et rendre le meurtre plus convenable.

Expression n° 10 : département de la défense, département de la sécurité intérieure, services secrets

Le gouvernement est le centre de commande, n'est-il donc pas surprenant que son nom reflète un double langage trompeur ? N'est-il pas amusant que des nations comme les US et le Royaume-Uni (et d'autres) aient un ministère ou un département de la défense quand ce sont habituellement eux les agresseurs et les envahisseurs ? Je suppose que l'expression "département d'attaque" n'est pas suffisamment convivial. Le département de la sécurité intérieure est une plaisanterie ; il ne fait rien pour sécuriser les gens comme vous et moi, mais uniquement le 1 % du 1 % des contrôleurs qu'il sert. Les services de renseignements ["Intelligence" en anglais] apportent une information sur un ennemi potentiel récupérée grâce à l'espionnage, mais est-il vraiment intelligent ou sage de se faire des ennemis partout, d'abord en esprit et ensuite dans le monde ? Services secrets militaires est encore un oxymore. Espionner est-il intelligent ? Qu'en est-il de l'intelligence émotionnelle ? Le cœur est plus gros et plus puissant que le cerveau...

À suivre.

1 commentaire:

  1. George CARLIN toujours aussi précis dans ses définitions des "choses" simples, que des individus employés par les différents services gouvernementaux ( pour ne pas dire des fonctionnaires !) renomment avec des mots "simples" !
    Je crois même que en France on doit arriver à faire "pire" ! Notamment dans les services de l'ex Éducation Nationale .

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