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samedi 13 février 2016

Secrets de centenaires

 Rien à ajouter à la newsletter d'Yves Rasir, l'éditeur du magazine Néosanté. Ce qu'il dit est plein de bon sens.

Secrets de centenaires


Non, je ne vais pas vous parler du régime crétois et du modèle Okinawa, des hormones de jouvence ou des meilleurs nutriments antioxydants. Ces « secrets de longévité » ne sont plus secrets depuis longtemps et je laisse à d’autres le soin d’enfoncer les portes ouvertes. Les kiosques sont pleins de journaux, la toile est envahie de blogues et les boîtes mail regorgent de newsletters qui nous ressassent qu’un mode de vie sain améliore la santé et augmente l’espérance de vie. En tant que lecteurs de Néosanté, vous savez que ce n’est pas totalement faux mais vous savez aussi que c’est loin d’être vrai.


Pourquoi ? Parce que la longévité d’un être humain dépend avant tout de sa capacité à éviter ou surmonter les maladies. Or celles-ci, faut-il encore le souligner, ont une causalité très majoritairement psycho-émotionnelle. Il faut avoir lu attentivement Georg Groddeck et étudié en profondeur les travaux de Ryke Geerd Hamer (tous deux docteurs en médecine) pour comprendre le poids des pensées et des émotions dans le fonctionnement du corps. À ceux qui prennent les « pensémotions » à la légère et qui négligent volontiers le rôle central du psychisme, je rappelle toujours le triste destin du Dr Jean Seignalet : après avoir consacré toute sa vie active à la mise au point du régime portant son nom – et qui est certainement, je n’en disconviens pas, le plus propice aux équilibres physiologiques – le chirurgien français à peine retraité a été terrassé en quelques mois par un cancer du pancréas. Je pourrais également vous citer plusieurs naturopathes renommés qui sont morts jeunes malgré une hygiène de vie exemplaire. Quant aux apprentis-sorciers de la complémentation hormonale, j’aurai la charité de ne pas dévoiler les décès prématurés et les accidents de santé qui ont frappé leurs proches ou leurs patients.


Plutôt que d’enquêter sur les vieillards japonais, s’en remettre aux promesses de la médecine anti-âge ou s’égarer dans la croyance selon laquelle l’austérité d’une existence en conditionne la durée, je trouverais plus utile d’observer les gens qui, sous nos latitudes ou dans notre contexte culturel, arrivent à un âge vénérable sans vraiment le vouloir. Quels sont les secrets de « nos » supercentenaires ? Qu’est-ce qui peut expliquer leur exceptionnelle longévité ? Le 30 novembre dernier, l’Italienne Emma Moreno a soufflé ses 116 bougies. À ceux qui la questionnent, elle répond que ce sont ses trois œufs journaliers (deux crus, un cuit) qui lui ont permis de tenir aussi longtemps. Morte à 122 ans, la Française Jeanne Calment racontait qu’elle devait sa belle vitalité à son petit verre de porto quotidien, accompagné de chocolat (un kilo par semaine !) et de quelques cigarettes. C’est seulement à l’âge de 100 ans qu’elle avait cessé de faire de la bicyclette. La Guyanaise Eudoxie Baboul, doyenne actuelle en France, attribue plutôt la vigueur de ses 114 ans à la semoule de manioc dont elle est très friande. De ces trois exemples, il ressort déjà qu’une certaine dose d’épicurisme, ou en tout cas d’irrespect des canons de la diététique, ne fait guère de tort et n’empêche pas d’atteindre un âge canonique. Ne serait-ce pas, davantage que le bien manger, l’absence de peur de mal manger qui fait le lit de la longévité ?


Au lieu d’ausculter leur assiette et d’examiner leurs habitudes, il serait peut-être plus judicieux de considérer la philosophie de vie de ces championnes du grand âge. En lisant un article sur Eudoxie Baboul, j’ai été frappé par l’hommage qui lui a été rendu à Cayenne. Dans son discours, un édile saluait « la générosité, la solidarité et l’engagement exemplaire envers les autres » de la vaillante centenaire. Après sa carrière d’agricultrice et de couturière, celle-ci a en effet « profité » de sa retraite citadine pour devenir famille d’accueil et offrir un foyer à de nombreux enfants de la campagne montés à la ville pour se scolariser. Chapeau bas, madame ! Ce récit m’a fait penser à un autre article que j’ai lu récemment. Consacré à Felimina Rotundo, une alerte centenaire new-yorkaise, l’article racontait que cette aïeule continuait à gérer sa blanchisserie et qu’elle y travaillait dur six jours par semaine. Pour elle, c’est le fait de laver et de plier des vêtements toute la journée qui l’aidait à rester jeune. Mais pour son fils, interrogé par un magazine américain, le secret de sa maman résidait plutôt dans le fait qu’elle a toujours aimé travailler et qu’elle adore faire de nouvelles rencontres.


Vous me voyez venir ? Non , je ne vais pas prétendre que le boulot aide à faire de vieux os et que repousser l’âge de la retraite va soulager les finances de la Sécu (quoique…). L’hypothèse que je formule, c’est que la jeunesse d’esprit influence largement la robustesse du corps et que le bien-être psychosocial est bien plus capital que le statut hormonal ou le taux de cholestérol. Ce dont je suis intimement convaincu, c’est que la longueur d’une vie dépend étroitement de l’ENVIE de l’allonger. Et que pour ressentir cette envie, il faut pouvoir donner du sens à sa vie. La mot « sens », ai-je déjà écrit plusieurs fois, devrait prioritairement se comprendre dans son sens premier, celui de « direction ». Laquelle ? Celle de la flèche du temps, pardi ! Tous les êtres vivants de la création sont prêts à sacrifier leur vie pour celle de leurs descendants. Et tous les animaux mettent la survie de l’espèce au-dessus de la leur. Pourquoi l’être humain échapperait-il à la règle ? Selon toute vraisemblance, la longévité des hommes et des femmes est considérablement favorisée par leur sentiment d’utilité envers leurs semblables et envers les générations suivantes. Je vous fiche mon billet que le vrai secret des centenaires, c’est leur capacité à nourrir ce projet de servir leur prochain et de se perpétuer à travers autrui. Le reste est accessoire et aucune innovation de santé naturelle ne jouera jamais, à cet égard, un rôle essentiel.


Yves Rasir

4 commentaires:

  1. Ça rejoint ce que je pense depuis longtemps, à force de dire ceci ou cela n'est pas bon pour la santé ou ne pas faire ceci ou cela va nous tuer, est totalement contreproductif car c'est alors que les personnes deviennent malades parce qu'elles ne font pas ceci ou cela.
    Le matraquage actuel des sites de santé sur ce qu'on doit faire ou ne pas faire sont plus dangereux qu'autre chose, car ils nous mettent dans une sorte de culpabilité et du coup nous rendent malades
    Pour vivre vieux il ne faut pas se préoccuper des oiseaux de mauvais augure!!!

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    1. Perso, ce qui me sidère, c'est l'impressionnante liste des substances, plantes ou autres censées faire disparaître le cancer. Il ne se passe pas une journée sans entendre parler d'une nouveauté. Si on a compris le fonctionnement du cancer selon le Dr Hamer, on peut voir l'inutilité de la chose. C'est pour cela que le magazine Néosanté est intéressant, car il va au coeur des choses (le décodage) sans s'encombrer du superflu.

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  2. HS..mais trop mignon ;-)

    http://www.estpositive.fr/un-pere-donne-le-bain/

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  3. HS


    https://www.crashdebug.fr/loisirss/72-cinema/4113-1984

    LE film

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