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dimanche 28 février 2016

Le plus bel avion au monde




J'ai nommé le "Concorde", bien sûr, fleuron de la compagnie Air France de 1976 à 2003. Soyons un peu chauvin (comme on l'a été pour le paquebot "France"), même si sa construction était un partenariat avec British Aircraft Corporation pour ses moteurs Rolls-Royce entre autres. Malgré aussi l'accident tragique du 25 juillet 2003, qui a fait 113 victimes à Gonesse en raison d'un débris laissé sur la piste par un avion qui venait de décoller.

Cet avion a été le premier aéronef commercial volant à vitesse supersonique, Mach 2.04 (2350 km/h) et ses performances n'ont jamais été égalées. Il ralliait Paris-New York en 3 h 55 mn. J'ai le souvenir du bruit si caractéristique de ses moteurs quand il passait au-dessus de chez moi à l'époque où j'habitais en région parisienne. On ne pouvait le confondre avec aucun autre. Et je l'ai vu décoller sous mes yeux à Roissy (en 1987 ?), mon avion (un vulgaire Airbus !) se trouvant juste derrière. La chaleur de ses réacteurs brouillait complètement la piste.

Il y a eu 20 "Concorde", deux prototypes pilotés en 1969 par André Turcat, (décédé le 4 janvier 2016 à l'âge de 94 ans); deux appareils de pré-série et 16 appareils de série. En France, le musée de l'air du Bourget en conserve un exemplaire. L'autre est au musée Delta d'Orly.

Mais revenons en arrière vers les étapes de la construction du Concorde, grâce à Retronaut.


1964 - 1969, création du Concorde
Le premier avion commercial supersonique au monde

Par Amanda Uren

Traduit par Hélios


Octobre 1963
Une maquette du nez et du cockpit en construction à l'usine Filton de Bristol.

Quand, en 1947, le Bell X-1 de l'US Air Force devint le premier aéronef habité à voler à vitesse supersonique, il inaugura une nouvelle ère des voyages intercontinentaux.



Les USA, l'Union Soviétique, le Royaume-Uni et la France, tous participaient à une course pour développer une conception d'avion commercial supersonique, dans le but de réduire considérablement la durée des vols transatlantiques. Mais un avion de ce genre exigeait un vol de longue durée à des vitesses supersoniques, ce qui n'était pas le cas pour son prédécesseur de l'armée.

Un représentant de la compagnie française Aérospatiale [aujourd'hui EADS], fut envoyé en 1960 chez la société britannique British Aircraft Corporation (BAC) pour discuter d'un partenariat. (La France avait déjà décidé d'employer des moteurs d'avion britanniques plutôt que de construire les leurs) Le résultat de cette rencontre déboucha sur un traité anglo-français de création d'un nouvel avion.

L'avion nécessitait une nouvelle technologie de fond en comble. Une conception innovante bien particulière consista en un nez basculant, qu'on abaissait au décollage et à l'atterrissage pour augmenter la vision du pilote sur la piste. Le pilotage et les systèmes de contrôle étaient gérés par une interface électronique nommée "fly-by-wire" [avion à commande de vol électronique].

Il y eut une petite discussion concernant l'orthographe du nom. Concord était l'orthographe anglaise du mot, celle des français, Concorde. Dans les deux langues, le mot signifie accord, harmonie ou union. C'est finalement la version française qui fut adoptée par les britanniques.


28 mai 1964
Un alignement des divers modèles suggérés pour la forme du Concorde, avec le dessin final au bout du rang.
Concorde a un "e" pour excellence, England, Europe et entente cordiale... et j'aurais dû ajouter un "e" pour extravagance et aussi un "e" pour escalade. Tony Benn, ministre britannique de la technologie

9 septembre 1962
Un modèle du Concorde à l'exposition aérienne de Farnborough en Angleterre.

24 octobre 1963


Avril 1964
Conception des sièges dans la cabine du Concorde.


Janvier 1967
Des ouvrières nettoient le fuselage d'un prototype du Concorde.

30 janvier 1967 - Des ouvrières sur l'aile d'un prototype

Le premier vol du Concorde eut lieu le 2 mars 1969, avec le premier vol commercial presque sept ans plus tard, le 21 janvier 1976. Les USA interdirent l'accès du Concorde à ses aéroports jusqu'à l'année suivante.

Les bailleurs de fond avaient l'espoir qu'allaient s'ensuivre des centaines de commandes, mais le coût élevé entraîna de nombreuses annulations. Au total, seuls 20 avions furent construits, prototypes compris.

Après le décès de la totalité des passagers suite au crash de 2000, dans le cadre d'un changement de climat économique, le Concorde fut mis hors service en 2003.

Il existe actuellement une proposition de remise en activité du Concorde, peut-être en 2019, sous réserve de financement. [voir l'article en lien plus bas] Un nouvel avion supersonique est également en cours d'étude, avec l'espoir d'offrir des vols commerciaux en 2023. [C'est le "ZEHST", voir ICI, mais nettement moins gracieux que le Concorde]


8 septembre 1967
Un prototype du Concorde pour des tests de vibration à Toulouse.

1er mars 1967 Un modèle grandeur nature en bois du Concorde lors d'une exposition

Septembre 1966, la reine d'Angleterre visite l'usine de montage du Concorde

22 août 1968, une première sortie



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 Avant de finir cet article, une photo du cockpit :


Et puis l'accident du 25 juillet 2000.

Ce site résume les événements (et donne les caractéristiques du Concorde) :

Le 25 juillet 2000, au décollage de Roissy-Charles de Gaulle, le Concorde d'Air France F-BTSC s'écrase faisant 113 victimes.
Le Commandant Christian Marty, le copilote Jean Marcot et l'officier mécanicien Gilles Jardinaud ne peuvent éviter cette catastrophe.
La carrière de Concorde semble terminée.
Le certificat de navigabilité lui est retiré par les autorités françaises et britanniques le 16 août.
Il apparaîtra rapidement que l'avion a heurté sur la piste, à plus de 300km/h, une pièce métallique tombée d'un autre appareil ayant décollé quelques minutes auparavant.


Un dramatique enchaînement (explosion d'un pneu, onde de choc dans le réservoir n°5, explosion de celui-ci, incendie de kérosène) a rendu l'accident inévitable.
Concorde n'étant pas directement en cause, sa recertification et sa remise en vol peuvent être envisagées moyennant certaines modifications devant le protéger d'un pareil événement. Un formidable challenge.
La détermination de tous, la volonté politique et un vaste soutien populaire des deux côtés de la Manche seront un moteur essentiel à sa résurrection.
 
En seulement treize mois, l'industrie européenne entièrement mobilisée permettra de modifier Concorde (pose de liner de kevlar dans les réservoirs, protection des circuits électriques dans les puits de trains, pneus Michelin à structure révolutionnaire) et ainsi de le recertifier le 5 septembre 2001.
Concorde, fruit du travail de plusieurs générations, peut ainsi prendre son nouvel envol pour une seconde carrière et continuer à faire de ses passagers les hommes et les femmes les plus rapides du monde.

 

Mais la carrière du Concorde s'arrêtera malgré tout en octobre 2003...

Photos et film de l'accident (captures d'écran):


Juste après le décollage de Roissy, le moteur gauche prend feu
Le pilote n'a d'autre choix que de monter, l'avion était en bout de piste
Puis il perd de la vitesse, l'autre moteur montrant des signes de défaillance
L'avion s'écrase à quelques kilomètres de l'aéroport, par malchance sur un hôtel de Gonesse



Un club de fans du Concorde voudrait remettre en service celui qui réside au Bourget. Utopie, ou réentendrons-nous son grondement si particulier dans le ciel ?

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