Bistro Bar Blog

jeudi 21 janvier 2016

L'univers occulte de David Bowie (2/2)

Première partie ICI.



Blackstar

Publié deux jours avant sa mort, Blackstar est le chant du cygne de David Bowie, dans lequel il développe la mythologie qu'il cultive depuis 50 ans. La vidéo du même nom est un défilé de scènes ténébreuses. La figure centrale : un être humain qui devient un dieu.


La vidéo démarre avec un astronaute mort sur une planète éloignée.

Est-ce le Major Tom ? Voyons-nous là sa dernière demeure ? Une jeune fille ouvre le casque de l'astronaute et découvre un crâne chargé d'ornements.

Le crâne incrusté de pierreries représente l'ascension de l'astronaute vers la divinité.

Le crâne devient ensuite une sorte d'artefact venant des dieux.

Une "grande prêtresse" tient le crâne entre deux rangées de femmes qui ne peuvent s'empêcher de trembler en sa présence.

Chantés comme une incantation, les paroles des premiers vers font allusion à un rituel occulte :
In the villa of Ormen, in the villa of Ormen
Stands a solitary candle, ah-ah, ah-ah
In the centre of it all, in the centre of it all
Your eyes
Dans la villa d'Ormen, dans la villa d'Ormen
Se tient un chandelier solitaire, ah-ah, ah-ah
Au centre de tout, au centre de tout
Tes yeux

Dans la vidéo, les hommes et les femmes sont séparés, ce qui transmet l'idée de deux énergies opposées (masculine et féminine). Les deux groupes terminent en nous faisant témoins d'un rituel sexuel magique indirect.

D'un côté, les femmes "prennent la position".

De l'autre, trois épouvantails crucifiés (qui semblent animés d'une force impie) bougent leurs hanches de manière suggestive.


Le mélange de magie sexuelle et les contorsions de Christ en croix donnent à la vidéo une forte orientation d'inspiration Crowley.

Lors d'une interview, le réalisateur de la vidéo, Johan Renck, parle de Crowley.
"Eh bien, je suis un immense fan de Crowley. Je l'ai toujours été. J'ai voulu faire un film sur sa vie il y a quelques années mais nous n'avons pas réussi. J'adore Crowley pour son audace à un certain moment de sa vie. Je pense qu'il est très mal compris. C'était un type bien, mais on l'a décrit comme diabolique, ce qu'il n'était pas."
– Vice News, derrière “Blackstar”: Interview avec Johan Renck, réalisateur des clips de David Bowie’
Le nom lui-même de l'album, Blackstar, se réfère à un important concept occulte : le soleil de minuit.
"Le soleil de minuit faisait aussi partie du mystère de l'alchimie. Il symbolisait l'esprit de l'homme brillant dans la noirceur de son organisme humain. Il se référait également au soleil spirituel dans le système solaire, que le mystique pouvait voir aussi bien à minuit qu'à midi, la terre matérielle étant insuffisante pour obstruer les rayons de son orbe divin. Les mystérieuses lumières qui illuminaient les temples des Mystères égyptiens durant les heures nocturnes seraient les reflets du soleil spirituel rassemblés par les pouvoirs magiques des prêtres."
– Manly P. Hall, The Secret Teachings of All Ages
En gardant à l'esprit la mort imminente de Bowie, les paroles de la chanson prennent une signification toute personnelle
“Something happened on the day he died
Spirit rose a metre and stepped aside
Somebody else took his place, and bravely cried
(I’m a blackstar, I’m a blackstar)”
Blackstar
Bowie parle-t-il de sa propre mort ? De son corps sans esprit emporté par une étoile noire ? C'est encore une autre allusion à Bowie "emporté" par un être mystérieux qui déclare :
I’m the Great I Am (I’m a blackstar)
"Je Suis ce que Je Suis" (“I Am that I Am”) est la réponse qu'utilisait Dieu dans la Bible hébraïque quand Moïse lui a demandé son nom.
Dans la vidéo, Bowie joue le rôle de trois personnages différents.

 Le "disciple aveugle" avec des boutons à la place des yeux. Ce personnage représente l'homme simple, ignorant.

Le prêtre qui propage le "Livre de Blackstar" – avec les disciples abasourdis derrière lui.


"L'illusionniste flamboyant" qui semble avoir pris le contrôle du corps vieillissant de Bowie avec son maniérisme excentrique.


La vidéo décrit donc les différents niveaux associés à la connaissance occulte. Il y a ceux en contact direct avec sa "source véridique" alors que les masses aveugles sont fascinées par une version bâtarde, déployée par des figures charismatiques. David Bowie indique qu'il est, tout à la fois, un homme aveugle simple et un initié occulte – une étoile noire. 

Lazare

La vidéo finale de Bowie dévoile le nom d'une importante figure biblique : Lazare.


"La résurrection de Lazare" de Rembrandt

Dans le nouveau testament, Lazare meurt de maladie et il est ressuscité quatre jours plus tard par Jésus. Dans le contexte de la maladie en phase terminale de Bowie, le titre Lazare convoie l'idée d'immortalité, tout en jouant avec l'idée constante que Bowie appartient à un "autre monde".

Dans la vidéo, Bowie joue le rôle des mêmes personnages que dans Blackstar.


Dans le rôle de "l'homme aveugle", Bowie est un humain âgé qui est faible physiquement, allongé sur son lit de mort et effrayé par ce qui va arriver.
Look up here, I’m in heaven
I’ve got scars that can’t be seen
I’ve got drama, can’t be stolen
Everybody knows me now
Lazarus
D'une armoire dans le coin de la chambre (symbolisant peut-être un portail vers une autre dimension) émerge un autre Bowie, flamboyant, un Bowie éternellement jeune.


Ce Bowie-là n'est pas mourant – il s'offre même quelques pas de danse.

Le costume porté par ce Bowie se rapporte à une relique spécifique de son passé.


Bowie porte le même costume que sur la couverture de "Station to station" sur laquelle il dessine l'Arbre de Vie de la Kabbale.

Comme on l'a vu plus haut, selon Bowie, cet album de 1976 a été écrit "par une personne entièrement différente".

Dans Lazare, nous sommes témoins du retour de cet être immortel.


Avec un maniérisme théâtral, ce Bowie écrit fiévreusement, comme animé par une force supérieure. Est-ce la source d'inspiration de Bowie tout au long des années ?


À un moment, nous aperçevons le crâne de Blackstar, ce qui implique que ce Bowie possède cette connaissance occulte secrète.


Bien que le corps mortel de Bowie ait succombé à une maladie physique (ce qui est le sort ultime de tous les humains), une autre partie de lui continue de vivre, cet être d'un autre monde qui a pris le contrôle de son corps pendant sa carrière.


La vidéo se termine avec un Bowie occulte retournant dans l'armoire et fermant la porte.

Dans Lazare, Bowie dit donc adieu au monde matériel mais nous rappelle qu'une partie de lui survit… cette même partie de lui qui est montée dans l'espace en tant que Major Tom et qui est descendue sur Terre avec Ziggy Stardust. Ce Bowie voyage entre le monde physique et le monde spirituel avec la même aisance qu'il voyage de Station en station dans l'Arbre de Vie de la Kabbale.

En conclusion

Malgré une carrière étalée sur plusieurs décennies, la production de 28 albums et l'exploitation de toutes sortes de concepts énigmatiques, un aspect de Bowie reste constant : il a projeté l'aura d'un être d'un autre monde, qui n'a pas vraiment appartenu à la Terre, qui est apparu parfois soit illuminé spirituellement soit possédé diaboliquement.

Son album final, Blackstar, est une continuation directe du "mythe Bowie". Méticuleusement organisé pour transformer sa mort en œuvre d'art, l'imagerie de Blackstar relie plusieurs périodes iconiques de la carrière de Bowie en vue d'un récit final, qui confirme l'extrême importance de l'occultisme dans son œuvre.

Lazare, le cadeau d'adieu de Bowie, transmet un message important : Bowie plus que tout autre était le réceptacle de quelque chose de plus grand, de plus profond, de plus sombre et de plus total. Il a trouvé l'inspiration pour devenir une icône immortelle et conduire ses fans à se rallier derrière la déclaration que "Bowie est Dieu".

Bowie fut-il vraiment influencé par des forces occultes invisibles ou n'était-il qu'un brillant artiste avec un penchant pour le dramatique ? Pas besoin de se poser la question. Bowie a répondu il y a longtemps :
“I’m closer to the Golden Dawn
Immersed in Crowley’s uniform
I’m not a prophet or a stoneage man
Just a mortal with potential of a superman”
Je suis proche de la Golden Dawn
Revêtu de la tenue de Crowley
Je ne suis pas un prophète ou un homme de l'âge de pierre
Juste un mortel au potentiel de superhomme

2 commentaires:

  1. Merci très intéressant, ça montre leur croyance en un faux dieu (lucifer).

    S'il ne reconnaît pas Crowley (celui qui faisait des cornuto avec les Beatles) en tant que diabolique "Beast 666...", il était vraiment aveuglé.

    Les pharaons se prenaient pour Dieu et qui se prend pour Dieu? ;)

    Ca mort est plus que suspecte, peut-être un "sacrifice" (le sien, ceux qu'on voit sur la croix en train de se tortiller de désir).

    Quelle pitié!
    C'est à l'image de notre monde perverti...
    L'heure arrive.

    Ne soyez pas dans les ténèbres, pour que ce jour ne vous surprenne comme un voleur (ref: 1Thessaloniciens 5:4)

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont validés après acceptation. Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.