Bistro Bar Blog

mercredi 29 juillet 2015

La magie du rangement (2ème partie)



Après l'expérience, il y a quatre ans, du rangement de sa maison , David Cain nous explique comment s'y prendre au mieux pour que cette tâche devienne magique !


Hors de la vue ne veut pas dire hors de la tête

Par David Cain (Raptitude)


Traduit par Hélios




En 2011, pendant une brève période, chaque chose a eu sa place. J'ai jeté plus de la moitié de mes possessions, dans l'idée de ne rien posséder qui n'ait son crochet, son emplacement ou son étagère. Une fois chaque chose à la bonne place, je pouvais tout ranger en cinq minutes et découvrir un espace net et garder un esprit clair.

Cela a pris environ un mois pour le faire – et environ 6 mois pour le défaire. Quand j'ai mis ma réussite par écrit, je lui ai donné le titre ambitieux de ''Chaque chose à sa place, définitivement et pour toujours''. Les choses retournèrent à un désordre tolérable. Plus de tas de vêtements par terre en pagaille, mais il y a des objets sur la table de la salle à manger qu'on n'utilise jamais pour manger et des livres qui gisent à des endroits autres que les rayons de la bibliothèque.

Je n'ai jamais oublié l'étrange paix qui se dégage d'une maison débarrassée de son chaos. C'est une expérience domestique totalement différente, libérée d'une certaine forme de tension qu'on ne remarque que lorsqu'elle a disparu. Tous les objets qui subsistent à la fin demeurent un problème en suspens, aussi bien dans le monde réel que dans l'esprit. Ils donnent à votre vie quotidienne un sentiment d'indécision perpétuelle, comme d'hésiter au travail entre améliorer un logiciel ou le remplacer par un neuf.


lundi 27 juillet 2015

Vous pouvez faire pousser un ananas chez vous ! (2ème partie)

La suite de l'expérience bouture d'ananas.

Je publie les photos de l'évolution des racines, y compris celle du 20 juillet pour voir l'évolution depuis le premier article.

20 juillet
 
22 juillet
22 juillet, d'autres racines sortent sur l'autre moitié

Nous avons mangé un autre ananas, acheté le 23 au marché. J'ai bien sûr gardé les feuilles pour donner un copain au 1er ananas. Je l'ai préparé et mis à sécher à côté de l'autre :



Puis le lendemain, je l'ai mis dans l'eau :

Les deux ananas, 23 juillet



1er ananas, 24 juillet


24 juillet, l'autre moitié


1er ananas, 26 juillet


 Les racines touchant presque le fond du petit verre, je l'ai donc mis dans un plus grand verre :

26 juillet, changement de récipient

Le 2ème ananas, qui semblait à l'achat dans le même état de fraicheur que l'autre, va avoir du mal à raciner, les feuilles et surtout le cœur commencent à brunir... S'il avait été brûlé, je pense que je l'aurais vu tout de suite.




Je lui laisse une chance quand même.


À suivre...

********************

Concernant le bouturage dans l'eau, j'ai tenté avec succès le basilic (une tige) et le thym (3 tiges) qui racinent en une semaine, tous mis sans problème en pot et je démarre l'expérience du romarin, également réputé pour raciner facilement dans l'eau.

La magie du rangement (1ère partie)


L'optique de vie de David Cain est de réaliser des expériences sur divers aspects de sa vie. Ici, il nous fait partager celle de la remise en ordre de sa maison.
C'est une vision personnelle, masculine, très détaillée et relativement intransigeante d'un célibataire (le titre de son article le prouve). 

Les notions qu'il fait ressortir sont malgré tout intéressantes sur le plan du développement personnel. Qu'apporte le fait d'avoir une maison vraiment rangée ? Et s'y prend-il au mieux ? Vous le saurez dans la deuxième partie...


Chaque chose à sa place, définitivement et pour toujours


Traduit par Hélios


AVANT...


J'ouvre les yeux chaque matin sur une maison sans désordre. Je n'ai jamais été un bourreau de rangement et je ne le suis toujours pas, mais j'ai installé les choses pour que mon lieu de vie reste ordonné.

Chaque objet a maintenant sa place propre. Il y a un peu plus d'un mois, je me suis fait la promesse d'éliminer le chaos de ma maison. Mon raisonnement a été que si je suis incapable de faire l'effort d'attribuer un emplacement correct à mes possessions en me couchant le soir, c'est que j'en possède bien trop. Je ne veux posséder que ce qui est utile ou ce que j'apprécie. Je ne veux plus de trucs, uniquement des choses.

''Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place'' est un ancien lieu commun qui nous est familier, mais je ne pense pas avoir jamais été dans la maison de quelqu'un qui vit vraiment cet adage. Je suppose que dans les temps anciens les gens ne possédaient qu'une douzaine de possessions, ce n'était donc pas si difficile.

Mais il est parfaitement normal dans notre culture qu'une personne possède des milliers d'objets, bien au-delà de sa capacité de les mémoriser, sans parler de s'en servir ou de les conserver bien rangés.


samedi 25 juillet 2015

The Truman Show

Un excellent film que vous aurez sûrement plaisir à (re)voir.



Ou cliquez ICI.

(En raison du problème avec Adobe Flash Player, vous devez cliquer sur "activer Adobe Flash".)

jeudi 23 juillet 2015

La terre plate

C'est un thème très ancien, mais qui agite beaucoup la blogosphère anglo-saxonne depuis quelques mois. Il y a de quoi !! La terre ne serait pas un globe, elle serait plate !!!

Certains nomment même cette théorie la mère de tous les complots.

Plutôt que de faire une traduction, j'ai trouvé un blog qui est particulièrement centré sur les manipulations autour de ce sujet.

Il publie une vidéo (Durée 1h28) traduite et sous-titrée par l'auteur du blog, qui présente le travail d'Eric Dubay (son site :The Atlantean Conspiracy) sur la terre plate (Flat Earth). Il y a beaucoup de matériel qui veut prouver que la NASA (entre autres) nous a toujours menti et a manipulé les photos de l'espace.

À vous de vous faire ensuite une opinion...

Voici son article du 13 avril 2015 :


Vidéo d'Eric Dubay sur la Terre plate


Je me permets de reposter la vidéo d'Eric (je la reposterai régulièrement) vu qu'elle est importante et résume bien le sujet (et m'a demandé pas mal de boulot). Et puis, s'il y a des nouveaux venus c'est bien de commencer par là.

Il y a une paire d'année j'ai vu une interview de quelqu'un de connu, auteur de plusieurs livres rigoureux, sur http://metatv.org/. Je tairai son nom pour ne pas le dénoncer comme un de ces "fous-qui-'croient'[heu, 'savent', merci!]-que-la-Terre-est-plate".


Vers la fin de cette interview donc, il a évoqué en passant - comme il aurait pu dire, 'Mince, il faut que j'achète du pain en rentrant!' - le sujet suivant: il a dit quelque chose du genre "il faudrait aussi comprendre comment les avions volant d'est en ouest ou d'ouest en est mettent le même temps pour faire le trajet." Il avait un petit sourire sur les lèvres et je pense honnêtement qu'il connaissait la réponse mais voulait juste nous donner un indice. Un peu comme si Hansel et Gretel avaient dû retrouver leur chemin avec une seule miette de pain, quoi...Mais l'effort est louable, car on n'aborde pas le sujet de la Terre plate impunément au risque de perdre toute crédibilité.


Sur le coup sa remarque m'a frappé. Ça paraissait évident, ayant moi-même déjà pris l'avion, mais je ne voyais pas trop où il voulait en venir. Je lendemain j'ai bien dû passer cinq minutes pour essayer de me faire une idée, imaginant un avion volant vers l'est, un volant vers l'ouest, avec la Terre en rotation. Il y avait bien quelque chose mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Puis j'ai fait comme tout mougeon qui ne se respecte pas, j'ai décidé que c'était possible parce que ça arrivait tous les jours sans problème et je suis retourné me coucher...

Ce n'est qu'en regardant la vidéo d'Eric que ça a fait 'clic' dans ma tête.

Merci donc à cet auteur, pour l'instant anonyme, mais qui laisse des miettes de pain pour tous ceux qui sont perdus.






mardi 21 juillet 2015

Vous pouvez faire pousser un ananas chez vous ! (1ère partie)

Une expérience végétale démarrée vers la mi-juillet.

J'ai acheté un ananas dont les feuilles me paraissaient bien saines et bien vertes, avec le cœur bien vert aussi (il est important de vérifier ce détail, car une pratique des producteurs est de brûler les feuilles du cœur pour que l'ananas mûrisse mieux, mais il sera évidemment impossible d'obtenir une plante).

Première opération après avoir dégusté l'ananas, il faut récupérer toute la partie feuillue. Couper à  environ 3 cm en dessous du départ de la rosette et enlever le maximum de chair. Détachez ensuite délicatement les feuilles de la base pour dénuder la tige sur 2 ou 3 cm. C'est là qu'apparaîtront les racines.

Puis laissez sécher pendant un ou deux jours. C'est important.

Prendre alors un verre d'eau et mettre à tremper la partie blanche de la tige, mais pas la base des feuilles pour éviter la pourriture.

Comme ceci :

Photo du 20 juillet
 

Gardez votre bouture le plus possible à la lumière et à la chaleur. Chez moi, c'est dans la véranda plein sud. 

Pensez à changer l'eau du verre tous les deux jours.

Au bout d'une semaine, des racines sont apparues, les voici en gros plan :


On passera à l'opération suivante quand il y aura suffisamment de racines tout autour. Elles devront mesurer au moins 3 cm.

Je publierai au fur et à mesure des photos de ma bouture, si tout se passe bien...

L'argent n'a pas d'odeur

Pour la majorité des occidentaux, l'urine est considérée comme un excrément "sale" dont il faut se débarrasser. Mais certains pays, comme l'Inde, y voient un excellent remède à bien des maux avec la pratique d'Amaroli (ingestion d'urine ou application externe). Certains pays européens de l'antiquité, comme l'empire romain, en faisaient d'autres usages. Vous saurez aussi d'où provient le fameux dicton, titre de ma traduction.



L'argent n'a pas d'odeur : l'impôt sur l'urine dans la Rome antique



Traduit par Hélios


Dessin de reconstitution des latrines communales dans une ancienne ville romaine au nord de l'Angleterre
Les anciens romains ont transmis de nombreuses traditions à la société actuelle, mais ce qui est sûr, c'est que leur point de vue sur l'urine était bien différent du nôtre. Ils la considéraient comme très utile. Ils s'en servaient comme produit de nettoyage pour laver le linge, pour se brosser les dents et tanner le cuir. Les laveries de l'époque récupéraient même l'urine des énormes jarres en terre qui étaient installées dans les rues pour que les gens s'y soulagent. Il y eut finalement tellement d'urine utilisée et récupérée qu'un impôt fut imposé par un empereur romain. Pecunia non olet, ce qui signifie « l'argent n'a pas d'odeur » était une phrase célèbre inventée à la suite de cet impôt perçu par les empereurs Néron et Vespasien au 1er siècle avant notre ère.

Pièce d'or à l'effigie de l'empereur Vespasien


Baguage des petits balbuzards

Je revenais voir la webcam hier après dîner et je me suis aperçu que quelque chose d'inhabituel se produisait. On entendait les parents lancer sans arrêt des cris d'alerte et bientôt le micro de la webcam a enregistré des bruits bizarres... humains. Au bout de 5 bonnes minutes, une tête est apparue dans l'objectif de la caméra. (Le gars qui venait baguer en a profité pour donner un bon coup de chiffon sur l'objectif.)

Il venait baguer les jeunes balbuzards du nid n°2. Ceux du nid n°1 l'ont été hier, mais je n'étais pas devant l'écran à ce moment-là.

Les opérations effectuées, dans l'ordre :

Mesurer la longueur des ailes et le diamètre de la patte, mettre deux bagues, une en métal sur une des pattes et une en plastique sur l'autre patte, puis la pesée. Ces jeunes, qui ont un peu plus de 2 mois et demi, pèsent en moyenne 1,8 kg.

La totalité de l'opération pour les 3 petits a duré un bon quart d'heure. 

La mère, qu'on n'entend plus, n'est pas encore revenue sur le nid et les petits sont en position de "attention, danger, on ne bouge pas". J'aimerai bien revoir les parents avant de quitter la webcam, car la nuit tombe nettement plus tôt en Estonie que chez nous.

Voici deux captures d'écran prises pendant le baguage :

Celui-ci vient d'être bagué. Ses lettres sont NT ou NY.

Le joli sac rose sert pour peser les jeunes. Ils sont mis dedans et le gars y suspend un dynamomètre (ou peson). Ici, l'un des jeunes a manifesté sa désapprobation en s'approchant de l'homme et en se posant sur son sac à dos.
C'est bon, la mère est revenue se poster sur l'arbre mort en face. Il fait maintenant presque nuit là-bas.

Je redonne le lien des webcams :

Nid n°1 (avec deux jeunes) : http://podbete.lvnh.fr/2508-famille-balbuzard-camera-1

Nid n° 2 (celui de mon petit reportage, avec 3 jeunes) : http://podbete.lvnh.fr/2509-famille-balbuzard-camera-2

Edit du 21 juillet au petit matin : tout va bien sur le nid, la mère était là et tout le monde mangeait...

dimanche 19 juillet 2015

D'autres photos

Rare quadruple arc-en-ciel, Long Island, New York
Des chiens policiers chinois qui attendent leur repas

vendredi 17 juillet 2015

Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisode 17 et fin)

Les deux derniers épisodes de cette longue saga artistique...



Épisode 17, 11 mai 2015 (LIEN)

Restauration du portrait Jabach : on y est presque !


Par Michael Gallagher



Traduit par Hélios


Deux manques horizontaux de peinture dans la draperie d'Anna Maria reçoivent tout d'abord une sous-couche (à gauche) et sont ensuite repris pour correspondre parfaitement, pendant la deuxième phase de retouchage (à droite)


La seconde et dernière phase de retouchage du portrait Jabach – qui est en cours de restauration depuis juillet 2014 – est virtuellement finie. Cette étape reprend les manques qui n'avaient reçu qu'une sous-couche pour les faire correspondre à l'original. Des zones où la couche de peinture avait également été abrasée dans le passé peut être corrigée.

Après un vernis final, le tableau sera photographié, encadré et ensuite installé dans la galerie. Ce n'est plus qu'une affaire d'une semaine ou deux avant que la famille Jabach ne soit exposée ici au public new-yorkais !

Le même processus un peu plus bas.
… et sur l'épaule du fidèle lévrier.
Sur la draperie blanche du bébé Heinrich, de petits manques et certains endroits où l'impact visuel de la craquelure a été exagéré par une abrasion ultérieure, sont soigneusement retouchés.


jeudi 16 juillet 2015

Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisodes 15 et 16)


Épisode 15, 4 février 2015 (LIEN)

Surface, profondeur et description du portrait d'Everhard Jabach avec sa famille


Par Keith Christiansen


Traduit par Hélios

Le tableau à mi-restauration



Nous imaginons parfois que personne, avant le 20ème siècle, n'a envisagé la peinture en termes de lignes et de couleurs et de jeu entre la surface et la profondeur – et qu'avant l'arrivée du cubisme, la peinture était une pure affaire de figuration. Faux.

Nous trouvons en fait ces éléments de base exprimés dans le tout premier traité sur la peinture post-antique, écrit en 1435 par l'humaniste florentin Leon Battista Alberti. La différence était que les artistes de la Renaissance et du Baroque visaient à créer une profondeur simulée plutôt que conceptuelle comme dans la peinture moderne et leur but était d'imiter le monde qui nous entoure – la parfaite ressemblance était l'élément critique en jeu. Ils utilisaient trois moyens principaux pour réaliser l'effet de profondeur recherché : le modelage des formes individuelles afin qu'elles acquièrent une apparence tri-dimensionnelle ; l'imbrication d'objets dans la composition ; et la mise en œuvre de la perspective, qui se basait sur la théorie de la vision et de la perception de l'espace.

Quand on me demande ce que je recherche dans les tableaux – je veux dire au-delà du thème et du contenu expressif – je me retrouve à revenir à ces mêmes qualités : la distribution et l'équilibre des couleurs et des formes, le jeu entre la surface et la profondeur et la manière dont l'artiste imite et transforme le monde de l'expérience visuelle. Toutes ces caractéristiques sont magistralement évidentes dans le grand portrait Jabach et grâce au travail de Michael Gallagher, le tableau semble maintenant étonnamment frais et vibrant. Vous voyez, Michael a appliqué la couche initiale de vernis en préparation du retouchage des divers petits manques. L'effet est toujours un peu inégal, mais il est aujourd'hui évident que lorsque la peinture sera achevée, la richesse des couleurs, le jeu entre la surface et la profondeur et l'illusion rendue des détails sera extraordinaire.

Détail du reflet de l'artiste dans le miroir à gauche et Everhard Jabach à droite

Le mur du fond – défini par les formes géométriques des cadres du tableau, la cannelure verticale du pilastre (juxtaposé aux formes courbes d'une statue antique vue seulement en partie), et en contraste la forme irrégulière du magnifique rideau en retrait – est éclairé plus faiblement que la zone de premier plan. (la source de lumière théorique est à l'avant de la peinture, venant de la gauche en haut) Ces caractéristiques servent de brillant faire-valoir pour les diverses poses des personnages, avec l'angle de leur tête arrangé pour former une séquence rythmique. Les intervalles entre les têtes sont merveilleusement variés, avec un large hiatus entre les têtes des membres de la famille et celui de la statue de Minerve ingénieusement comblé par le visage de l'artiste qui se reflète dans un miroir posé sur une table. Le miroir a autorisé l'artiste à créer un jeu entre l'illusion de profondeur du tableau qu'il a fait fait naître sous son pinceau et l'illusion que nous expérimentons tous les jours quand nous nous regardons dans un miroir.

Détail du tapis, peint avec une bonne dose de pigment



Ce reflet s'inscrit en fait comme une image en miroir, ce qui, je pense, souligne le désir de Le Brun d'affirmer la réalité fictionnelle de sa peinture et l'Art comme quelque chose de plus durable et de plus réel qu'une simple image en miroir. Et il y a ensuite ces formes qui définissent l'avant-plan à l'allure de scène de théâtre avec sa solidité presque tri-dimensionnelle, tactile. Le tapis – sa forme irrégulière, plissé rappelant celle du rideau – est peint avec une bonne dose de pigment. On aurait envie d'enfoncer les doigts dans l'épaisseur de ses poils. L'accent porté sur les franges rend cette partie de la peinture presque aussi puissante dans son intention de mimétisme que le sol en marbre veiné, où Le Brun a introduit une merveilleuse comparaison des effets du temps en accentuant l'aspect ébréché sur les bords des carreaux. Quel coup de génie, le contraste entre le moelleux des franges de laine du tapis et la dureté du pavage en marbre !

Détail des irrégularités du sol en marbre



mercredi 15 juillet 2015

Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisodes 13 et 14)

Épisode 13, 23 janvier 2015 (LIEN)

Portrait Jabach : remise sur pied

Par Michael Gallagher



Traduit par Hélios


Vidéo (à voir ICI, durée 1'27) : Les conservateurs, Michael Gallagher, George Bisacca, Alan Miller, et Jonathan Graindorge Lamour refixent le portrait Jabach sur son châssis en vue des phases finales de la restauration.

Nous avons franchi une étape majeure juste avant les vacances dans la restauration du portrait Jabach : refixer la toile sur son châssis. La courte vidéo ci-dessus donne une bonne image du processus réalisé par George Bisacca, Alan Miller, et Jonathan Graindorge Lamour. Cette opération a nécessité en tout deux heures de travail.

Une fois la toile détendue, j'ai fait quelques rebouchages préliminaires et des réparations sur des zones où la couche de peinture et la toile avaient été endommagées suite à la fixation du tableau sur un châssis plus petit au début du 20ème siècle.

À gauche : un élément de la toile fixée sur l'angle supérieur droit de l’œuvre, où une portion de la toile d'origine manquait. À droite : le même angle après rebouchage. Photo de Michael Gallagher


La face avant de la toile, vu en cours de rebouchage. Notez les nouvelles incrustations de toile dans les trous faits par les clous. Photo de Michael Gallagher




Revoir le tableau sur un chevalet fut une splendide manière de démarrer la nouvelle année !

Dans mon prochain article qui sera publié le 28 janvier, je montrerai le vernissage du tableau en préalable aux retouches.

mardi 14 juillet 2015

Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisodes 11 et 12)

Épisode 11, 22 décembre 2014 (LIEN)


Le portrait Jabach est remis à l'endroit


Par Michael Gallagher


Traduit par Hélios


Michael Gallagher fixe une nouvelle bande de renfort sur l'arrière de la toile


Une fois les graves déformations du haut du portrait Jabach réparées avec succès, l'étape suivante était de préparer la peinture en vue de la retendre. Ce qui impliquait d'y ajouter un nouveau renfort ; des morceaux de toile ont été collées sur les quatre coins de l'envers du tableau avec un encolleur chauffant. (Il est à noter qu'on peut les enlever facilement si cela s'avère nécessaire dans l'avenir.)

Puis il fallait retourner la peinture, ce qui est le sujet du court film ci-dessous. On était d'accord à l'avance sur la procédure, à la suite de moult discussions avec le conservateur George Bisacca, qui a totalement dirigé cette opération.

Commentaire de la vidéo :

Michael Gallagher et George Bisacca – assistés de Charlotte Hale, Jonathan Graindorge Lamour, Alan Miller et Cynthia Moyer – roulent la toile, qui repose sur la face avant, sur un grand cylindre de carton pour le retourner. Le carton est tout d'abord soulevé et posé sur l'envers de la toile et la bande de renfort supérieur est provisoirement agrafée sur le cylindre. Puis la toile est lentement enroulée autour du cylindre et ensuite déplacée sur la plate-forme. Enfin, le renfort du bas est attaché temporairement à la plate-forme et la toile est déroulée.

Voir la vidéo sur l'article.




Il est vraiment merveilleux de revoir l'avant de la toile et de pouvoir apprécier le plein impact de la composition, maintenant débarrassée de ses déformations. Elle sera bientôt de retour sur son châssis et mise debout. J'attends ce moment avec impatience !

lundi 13 juillet 2015

L'histoire de la chamelle qui pleure

Une belle histoire (merci sorcière rouge) relayée par les Moutons Enragés.

La scène se passe dans le désert, où la tribu vit avec ses chameaux. Une chamelle a mis bas avec beaucoup de difficulté et rejette son petit. Malgré de nombreuses tentatives de la tribu, impossible pour elle d'accepter. Alors, en dernier recours, on fait appel à un violoniste... Je vous laisse découvrir la suite.

Très bel exemple d'harmonie entre l'homme et l'animal.




Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisodes 9 et 10)

Encore quelques épisodes de la saga Jabach. J'espère que vous n'êtes pas lassés...

Traduction par Hélios

Épisode 9, 19 novembre 2014 (LIEN)


Changement de programme

Par Michael Gallagher


Détail de l'avant de la toile du tableau Jabach en lumière rasante avant traitement structurel, montrant les déformations d'aplat de la surface


Une chose qu'on apprend rapidement en tant que conservateur, c'est que ce sont les objets dont vous vous occupez qui dictent les règles ! Il est fréquent que des plans ou des stratégies d'approche de traitement bien étudiées doivent être ajustés ou complètement repensés.

Quand j'ai découvert le grand portrait de Le Brun dans un entrepôt de Londres en 2013, j'étais persuadé qu'un ré-entoilage serait nécessaire. Des déformations prononcées avaient été faites à l'endroit où les 40 cm supérieurs de la composition avaient été repliés sur un châssis plus petit pendant plus d'un siècle. En me familiarisant avec le tableau, ici à New York, j'ai cependant décidé qu'une approche plus localisée du problème serait appropriée. Mon idée était de me servir d'un grand cylindre de 2 mètres de diamètre pour rouler la partie du haut du tableau et travailler sur les déformations directement sur l'endroit.

J'ai expliqué dans un précédent article le processus de désolidarisation du châssis du tableau et de l'enlèvement des bandes de renfort cirées et des accumulations de cire sur l'envers. Ces étapes m'ont donné une meilleure idée des propriétés physiques du tableau ; en bref, j'ai réalisé que mon plan initial n'allait pas fonctionner. Le tableau, avec ses deux renforts, ressemblait à du linoléum et aurait clairement besoin d'un procédé plus complexe en utilisant l'humidité, la chaleur, l'étirage et une pression pour détendre la structure et lui redonner son aplat.

Détail de l'envers de la toile montrant les déformations


Comme précédemment, j'inclus des petits films qui aident à expliquer la séquence. Ces vidéos ramènent un processus long et répétitif – exécuté sur plusieurs semaines – à deux digestes minutes. (Note : humidité, chaleur et pression peuvent entraîner des résultats bénéfiques extraordinaires ou, infliger carrément de sérieux dommages. Encore une fois, la différence réside dans la connaissance et l'expérience du praticien, donc le vieil adage "N'essayez pas de faire cela chez vous" est particulièrement pertinent ici.)

Commentaire de Michael Gallagher de la première vidéo (allez les voir sur l'article original) :

"J'applique temporairement sur l'envers un morceau de tissu de polyester avec un collant appliqué à chaud. Le tissu est fixé sur une barre de bois à une extrémité. Ce qui servira à faciliter l'étirement de la déformation dans la zone à traiter. (Cette "rustine" peut s'enlever facilement une fois le traitement terminé)"

Commentaire de la deuxième vidéo :

"Une section de l'envers est masquée et ensuite humidifiée par brumisation. La zone est recouverte et légèrement alourdie pour permettre à l'humidité de pénétrer les renforts."

Commentaire de la troisième vidéo :

"Des serre-joints et une plaque de contreplaqué servent à serrer la barre de bois sous laquelle la pièce de tissu est maintenue, dans l'alignement de la table. D'autres serre-joints appliquent la barre à un morceau de moulure en bois qui a été vissée à la surface de la table."

Commentaire de la quatrième vidéo :

"Pendant que la zone humidifiée de l'envers est lentement chauffée avec un fer à repasser à réglage thermostatique, une pression est appliquée graduellement par dessus et sur le côté avec le fer à repasser et les serre-joints. Le bord inférieur du tableau a été auparavant fixé sur le dessus de la table permettant d'appliquer une pression horizontale sur la pièce de tissu, ce qui élimine localement la déformation."

Commentaire de la cinquième vidéo :


"Les poids sont laissés en place sur la zone qui est maintenant aplatie."

Le procédé a été une réussite et je suis très content du résultat – la surface est de nouveau plane. Les prochaines étapes seront d'appliquer de nouvelles bandes de doublage, retourner le tableau, effectuer une nouvelle consolidation selon les besoins et retendre.


dimanche 12 juillet 2015

Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisodes 7 et 8)

Épisodes suivants de la restauration du portrait de famille des Jabach.

Traduit par Hélios


Épisode 7, 22 octobre 2014 (LIEN)


"Allongez-vous, s'il vous plaît, cela ne vous fera aucun mal" : la restauration se poursuit

Par Michael Gallagher


George Bisacca construit une plate-forme pour maintenir le tableau afin de poursuivre le travail sur l'envers de la toile


Maintenant que le nettoyage du portrait de la famille Jabach est terminé, il est temps de s'occuper de la déformation provenant du pliage sur le haut du tableau. Nous devions d'abord fabriquer une plate-forme sur laquelle étendre le tableau face dessous pour travailler sur l'envers de la toile. Ce qui fut construit sur mesure par notre spécialiste des structures, George Bisacca.

J'inclus quelques courts clips pour donner une idée de la séquence des événements.

[Allez les voir sur l'article original, je ne peux pas les importer.]


samedi 11 juillet 2015

Comment être chat pour les nuls

15 illustrations qui montrent comment se comporter pour ressembler à nos chers petits poisons félins.

J'ai traduit les légendes des images. Les dessins sont sur Bored Panda.


Dormir, dormir et encore dormir. Plus vous dormez, plus vous vous "chattéisez"

Dès que quelqu'un se lève, emparez-vous de la place et agissez comme si vous étiez là depuis toujours

Perfectionnez tranquillement le regard télépathique qui réveille


Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisodes 5 et 6)

Les épisodes 5 et 6 de l’œuvre de restauration du tableau de Le Brun par le Metropolitan Museum of Art de New York.

Traduction par Hélios


5ème épisode : 11 septembre 2014 (LIEN)


Qu'est ceci ? Un regard approfondi sur les objets du portrait des Jabach

Par Keith Christiansen

Détail du tableau, le lévrier d'Anna Maria (avant restauration)


Ceux qui travaillent dans les musées sont aussi curieux que les visiteurs pour en savoir plus sur les objets qui figurent sur une peinture donnée. Dans le cas du portrait Jabach de Charles Le Brun, beaucoup de choses attirent l’œil ; nous voyons plusieurs éléments que la famille a dû posséder et aimer.

À gauche : Détail du lion en bronze attaquant un cheval sur le coin supérieur droit du tableau (avant restauration). À droite : Attribué à Antonio Susini. Photo du musée Paul Getty, Los Angeles.

Par exemple, le lion en bronze attaquant un cheval disposé sur une étagère tout en haut à droite. Il semblerait que ce soit une copie d'une pièce célèbre exécutée par le sculpteur florentin Susini.

Détail des deux tableaux accrochés au mur derrière la famille (avant restauration)

Je n'ai pas encore découvert qui a peint les deux tableaux qui décorent le mur derrière la famille – l'un ovale avec un encadrement typique à motif de feuillage de l'époque Louis XIII figurant un orage, l'autre rectangulaire avec une moulure plus simple et plus classique, figurant une nature morte. La juxtaposition de ces tableaux avec le lion en bronze fait-elle allusion aux forces incontrôlables de la Nature – thème qui deviendra central dans le courant intellectuel du 18ème siècle ?


À gauche : Détail du buste de Minerve (ou Athéna) sur le côté gauche du tableau (avant restauration). À droite : buste de Minerve, connu aussi comme l'Alexandre Mazarin, porphyre sur métal. Hauteur 84,5 cm. Musée du Louvre, Paris

Concernant le buste bien en vue de la déesse Minerve, se base-t-il sur un vrai buste, ou est-il imaginé ? J'ai passé en revue des exemples en provenance des collections royales françaises – le buste montré à droite appartenait au cardinal Mazarin – mais n'ai pas retrouvé jusqu'ici de modèle convaincant. Et, au fait, en quel matériau est-il supposé être ? En marbre coloré ? En bronze doré ?

Détail du livre ouvert aux pieds de Jabach (avant restauration)


Par bonheur, sur la page du livre ouvert avec des dessins, on lit "Sebastiano Serlio", c'est donc une copie du célèbre traité d'architecture de 1545 extrêmement influent en France, où se rendit Serlio en 1540. Mais Le Brun a rassemblé des dessins de différentes pages, en présentant un synopsis du chapitre d'introduction, comme vous pouvez le voir sur les pages d'une copie du musée, montrées ici.

Sebastiano Serlio (Italie, 1475-1554). Deux pages du Il Primo libro d'architettura, 1545. Metropolitan Museum of Art, New York.


Le globe céleste ressemble remarquablement à celui de la collection du Metropolitan, sauf que celui du musée est un modèle plus petit avec une tablette. Celui que possédait Jabach venait-il du fabricant hollandais connu, Willem Jansz Blaeu (1571-1638) ? Existe-t-il une raison pour que Le Brun représente ces constellations particulières ?


À gauche : Détail du globe sur le côté gauche de l’œuvre (avant restauration). À droite : Willem Jansz Blaeu (Hollande, 1571-1638). Le globe céleste, après 1621. Papier, cuivre, chêne teinté. Metropolitan Museum of Art, New York.


Et quand on arrive ensuite au splendide tapis, avec ses brins somptueux et ses franges épaisses, et aux tissus d'apparence luxueuse, je me suis tourné vers deux experts pour déterminer leur possible provenance.
[Résumé d'emails envoyés à Keith Christiansen :].


Le tapis pourrait provenir d'Anatolie (Turquie) ou d'Iran, comme on en voit dans beaucoup de tableaux français du 17ème siècle.
Le tissu de la robe d'Anna Maria pourrait être du satin de soie broché en raison de la répétition des motifs, en provenance d'Italie ou de France.
Le tissu des rideaux serait en soie damassée ; le motif était à la mode au milieu du 17ème siècle.


vendredi 10 juillet 2015

Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisodes 3 et 4)

Épisode 3 de la restauration du tableau de Charles Le Brun, la famille Jabach, par le Metropolitan Museum of Art de New York.

Traduit par Hélios

Épisode 3, 13 août 2014 (LIEN)




La famille Jabach par Le Brun : qui possède le meilleur tableau ?

Par Keith Christiansen


À gauche, le tableau du musée américain et à droite la version recomposée qui se trouvait au musée de Berlin en Allemagne et qui a été détruite pendant la 2ème guerre mondiale


Eh bien, si vous vivez à New York et travaillez au Metropolitan Museum, il n'existe qu'une seule réponse acceptable à cette question ! Mais que se passe-t-il quand existent deux versions d'un tableau, comme c'est le cas pour la nouvelle acquisition du Met ? Je me suis fait du souci à ce sujet au moment de l'ouverture des négociations pour l'achat du tableau.

Habituellement, le meilleur moyen de résoudre ce genre de question est d'examiner les deux peintures et d'en arriver à une conclusion sur la supériorité de l'une sur l'autre. Mais il y avait une complication : dans le cas présent l'autre version, qui appartenait au musée Kaiser-Friedrich de Berlin, a été détruite pendant la seconde guerre mondiale. Par bonheur, le négatif sur verre d'une photo en noir et blanc lui a survécu.

Le tableau qui se trouvait au musée Kaiser-Friedrich de Berlin


Comme dans tout bon roman policier populaire, nous avons commencé à rassembler les faits connus de chacun des tableaux. Il s'avère qu'une version – celle acquise par le Met – a été peinte pour Jabach lui-même. La peinture était accrochée dans sa grande demeure parisienne et fut emporté dans la maison de famille de Cologne après son décès. L'autre version était manifestement destinée à son beau-frère et a été renvoyée à la maison familiale de son épouse, également à Cologne. Il est évident que celle pour Jabach a dû être la première et la meilleure version, d'accord ? Pas si vite.

Il existe des différences entre les deux tableaux et si vous comparez les photos de chacun, vous verrez très clairement qu'un buste différent de Minerve – l'élément de sculpture de couleur ocre qui préside l'assortiment des autres objets – figure dans chaque peinture. Les livres sont également disposés différemment. Et il y a d'autres différences, moins évidentes au premier abord, que vous trouverez par vous-même.

Le buste de Minerve et la disposition des livres diffèrent

Les deux peintures étaient donc chacune des variantes et non des répliques exactes. Très intrigant. Mais qu'en est-il de leur qualité respective ? À ce point de notre recherche, je me suis tourné vers mes confrères de Berlin pour obtenir une meilleure vision de la peinture berlinoise. Ils m'ont aimablement scanné le négatif sur verre du tableau détruit et m'ont envoyé l'image en haute résolution qu'on peut voir ci-dessus.

Notez l'attitude vivante mais posée de la jeune Anna Maria (onze ans) sur le tableau du Met, alors que sur la version berlinoise elle apparaît mièvre et fade

Si vous faites les mêmes comparaisons que moi entre les deux œuvres, je pense que vous serez d'accord que la qualité de la peinture de Berlin est largement inférieure : les personnages présentent une fadeur, ils manquent de l'expressive vivacité de ceux de la version du Met. Pas étonnant qu'au 18ème siècle, la version américaine soit devenue la plus courue à Cologne – elle est notée dans les guides de la ville et a été admirée par le grand philosophe Goethe. En revanche la version berlinoise avait la réputation d'avoir été peinte en partie par un atelier.

Mais ce n'est pas la fin de l'histoire. Pendant le nettoyage de la peinture, le lien entre les deux tableaux et l'ordre dans lequel ils ont été peints sont devenus de plus en plus intrigants. La suite plus tard...


jeudi 9 juillet 2015

Restauration d'un tableau de maître, pas à pas (épisodes 1 et 2)

Amateurs de peinture classique, cette série d'articles, dont l'idée de traduction m'a été donnée en allant sur la Boîte Verte, est faite pour vous.

Le Metropolitan Museum of Art de New York (le "Met" en abrégé) a acquis il y a un an un immense tableau du peintre français Charles Le Brun (1619-1690), l'un des peintres attitrés du roi Louis XIV. Ce tableau a été commandé au peintre par un banquier allemand naturalisé français, Everhard Jabach, qui vivait à Paris avec sa famille dans un hôtel particulier (aujourd'hui disparu) près de l'actuel Centre Pompidou.

Charles Le Brun

Ce tableau avait besoin d'une restauration avant d'être exposé au musée et ce sont les étapes très documentées de ce processus, fruit de 10 mois de travail, que je vous propose en plusieurs épisodes, avec de nombreuses photos et vidéos. 

Les articles sont rédigés soit par le conservateur en chef du musée, Michael Gallagher, soit par le directeur du département des peintures européennes du musée, Keith Christiansen. 

Traduction par Hélios

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Présentation du tableau (LIEN)




Ce tableau combine l'intimité familiale et la richesse descriptive de l'art hollandais et flamand, que Jabach collectionnait et admirait, avec l'organisation formelle mesurée et les allusions allégoriques caractéristiques de l'art français du portrait. Everhard Jabach (1618-1695), habillé de noir, est assis en compagnie de son épouse, Anna Maria de Groote (décédée en 1701) et de ses quatre enfants (de gauche à droite) : Everhard junior (1656-1721), Hélène (1654-1701), Heinrich (1658-1703), et Anna Maria (1649-1706). Le tableau a dû être exécuté autour de 1660 à en juger par l'âge des enfants, ce qui coïncide avec la construction de sa grande maison parisienne pour laquelle cette peinture a été commandée.

1er épisode, 15 juillet 2014 (LIEN)



Une scène parisienne du temps de Louis XIV

Par Keith Christiansen
 

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi pouvait ressembler la vie à Paris à l'âge d'or de la monarchie française avec les finances nécessaires pour le faire avec style ? C'est ce qu'a fait le banquier allemand Everhard Jabach. Il est parti à Paris en 1638, a fait construire un luxueux hôtel particulier (malheureusement détruit) près de l'actuel centre Pompidou et a constitué l'une des plus importantes collections de peintures et de dessins de son époque. La plupart de ses œuvres se sont retrouvées au Musée du Louvre – mais pas le tableau que vient d'acquérir le Metropolitan !

Le tableau montre Jabach et sa famille dans leur grande demeure, en compagnie d'objets symbolisant ses intérêts culturels et, reflété dans un miroir, l'artiste Charles Le Brun à son chevalet. La famille a vendu le tableau en 1791 ; depuis 1832, il se trouvait dans une résidence dans la campagne anglaise, le haut de la toile repliée en raison de sa très grande taille [2,80 m x 3,28 m]. La récupération du tableau fut un sacré travail pour le Metropolitan.

Nous avons pris des photos à son arrivée au centre Sherman Fairchild de conservation des peintures, sa demeure pour les mois à venir.