Bistro Bar Blog

mardi 31 janvier 2012

9 minutes de bonheur

Pour finir la journée, je vous propose cette vidéo de la BBC, avec une musique de Kitaro, "Matsuri" (j'ai demandé à Ayumi ce que cela signifie en japonais en lui envoyant le lien de la vidéo).
Merci à l'anonyme qui a posté le lien en commentaire. 

Ayumi m'a répondue ce matin pour la signification de "Matsuri", en japonais cela signifie "fête" dans le sens sacré du terme, "fête religieuse", au Japon on emploie beaucoup les tambours dans ces fêtes, comme dans cette vidéo d'un groupe populaire au Japon (KODO) dont elle m'envoie le lien.

Dossier neige

La neige...On va en entendre parler pendant quelque temps, et surtout dans les pays de montagne comme par exemple la Haute-Savoie où réside notre expatrié breton, j'ai nommé M. Korrigan.

Avec la complicité d'Alan et de Korrigan lui-même, je vous présente un dossier "spécial environnement neigeux" de Korrigan :

Le magnifique chalet de Korrigan !
Son abri à bois, ça va, il y a de quoi faire...

La femme de Korrigan, euh, non, il y a erreur, je me suis trompée de photo...Il n'habite pas si au nord. Et puis en Hte-Savoie, il y a des cerfs.

C'est quoi, ce truc ? Une table de jardin ? Bon d'accord...
Les petits amis de Korrigan




Voici pour terminer ce dossier neige, quelques sites conseillés à Korrigan pour acheter:

- un caterpillar :

http://fr.equipment-center.com/annonces-occasions/annonce/pelles-hydrauliques-sur-chenilles/caterpillar-311cu_ax006881.htm


- De la pommade anti-phlogistique en bonne quantité pour  les muscles qui  manient la pelle (non hydraulique), tranquille pour tout l'hiver :

http://www.reitsport-vetter.com/Creme-antiphlogistique-Chevaline-4-kg 

Nous lui souhaitons une bonne continuation et le blog lui décernera peut-être le prix du lecteur du BBB le plus enneigé de France (on attend encore, l'hiver n'est pas fini)

Et le BBB demande à ses lecteurs quelle est, parmi toutes les photos présentées, celle qui appartient au véritable environnement de Korrigan (pour la femme, la photo est hors concours). 

A gagner, un week-end en Haute-Savoie, dans un environnement sain et dans un sportif esprit de camaraderie pour donner un coup de main au déblaiement de la neige autour de chez Korrigan.

J'ai oublié une dernière photo, au loin Korrigan qui a reconnu les rétroviseurs de sa voiture et qui utilise ses rhomboïdes frénétiquement pour la dégager.

Les paroles des enfants de Fukushima (partie 3)

La troisième et dernière partie du document envoyé par Akiko. Merci pour son travail.
Les deux premières parties, ICI et ICI

Un garçon de huit ou neuf ans de Fukushima a écrit au premier ministre au mois d’août :

« Cher Monsieur Kan, le premier ministre :
Je voudrais jouer au football dans l’équipe nationale dans le futur. Pourtant, je ne peux pas m’entraîner beaucoup à Fukushima à présent. Quand est-ce que la radioactivité va disparaître ? Est-ce que je peux devenir une grande personne ? (…) »

Son rêve est brisé. Une fille de dix ou onze ans de la ville de Fukushima a également écrit au gouvernement :

« Est-ce que je peux avoir un enfant normal ? Jusqu’à quel âge puis-je survivre ? »

Colère et désespoir nus s’expriment. Une grande lucidité traverse aussi les mots des enfants ; ici un garçon de neuf ou dix ans originaire de Fukushima :

« Nous allons être exposés à une radioactivité de 20mSv par an ? Pensez à notre futur. Vous, les grandes personnes, ne serez pas là dans 30 ans environ. Pourtant, j’ai (encore) 10 ans, donc dans 30 ans, j’aurai 40 ans, et je dois encore pouvoir vivre. Pourquoi je dois être atteint de cancer à ce moment-là ? »

Un autre garçon de neuf ou dix ans qui vient de Fukushima a demandé le secours du gouvernement :

« Je ne veux pas mourir (tôt). »

La perception de ces enfants ne peut pas être réduite à une simple « radiophobie » sans fondement. Depuis le mois d’avril, de nombreux enfants dans une vaste zone s’étendant de Fukushima jusqu’à Tokyo ont manifesté des symptômes aux causes inconnus, notamment des saignements de nez et des diarrhées, que certains pointent comme les conséquences potentielles d’une irradiation aiguë. Ainsi, un garçon de Fukushima a posté cette observation faite à son école :

« À l’école, il y a des amis qui saignent du nez. »

Comme les enfants de Fukushima, les enfants en ville sont également angoissés par les conséquences potentielles de la radioactivité telles que la maladie grave et la mort qui les attendraient dans le futur. Une fille à Tokyo et un garçon de Chiba, âgés d’une huitaine d’années, ont posté leurs messages sur un site web :

« Quand j’ai entendu que je pouvais être irradiée, je me suis demandée si je serais paralysée (à cause d’une maladie déclenchée par la radioactivité) et perdrais mes cheveux comme Gen d’Hiroshima, ou si j’allais mourir. Puis, j’avais peur. J’ai cru que je ne voulais pas mourir alors que j’avais seulement huit ans. »

« J’ai peur de la radioactivité. J’ai peur d’être atteint des maladies comme le cancer. »

Pour le moment, aucun adulte ne peut répondre à leurs questions et leurs inquiétudes

La colère envers les grandes personnes et la politique du nucléaire


Les enfants ne sont pas seulement inquiets, ils exposent leurs doutes aux adultes et expriment leur colère, comme le garçon de Fukushima cité plus haut. Une fille de dix ou onze ans a écrit dans sa lettre au gouvernement :

« Je voudrais savoir si vous (les hommes politiques et les fonctionnaires) croyez franchement que la situation est sûre. »


Une autre fille de 13 ou 14 ans a posté son message sur le site web :

« Le voisin de l’amie de ma mère (qui habite à Fukushima) travaille dans le domaine des politiques, et j’ai compris que les hommes politiques ont des secrets. » (Une fille en deuxième année du collège, Iwate)

À leurs yeux, les hommes politiques et les fonctionnaires ne sont plus crédibles. Leur doute est aussi fondé sur la politique du nucléaire. Un garçon de neuf ou dix ans a demandé aux adultes du gouvernement:

« Pourquoi avez-vous construit autant de centrales nucléaires ? »

Une fille de dix ou onze ans qui vient de Fukushima a écrit aux autorités :

« Mon rêve actuel est très différent de celui de l’année dernière.
Je voudrais qu’on élimine la radioactivité.
Je voudrais qu’on définisse notre quartier comme une zone d’évacuation.
Je voudrais que la paix revienne dans notre pays.
Je voudrais avoir un enfant normal.
Je voudrais vivre pendant longtemps.
Je voudrais que vous supprimiez les centrales nucléaires du Japon, un pays plein de séismes.
(…) Je vous en prie. Veuillez nous protéger. »


Les enfants âgés expriment plus précisément leur méfiance et leur colère. Un jeune-homme en quatrième année du lycée du soir (18 ou 19 ans), qui habite dans la ville de Fukushima, a laissé exploser sa colère à son professeur pendant la classe :

« Alors que toutes les centrales explosent ! »

Face au professeur choqué par ses propos et qui lui a demandé ce qu’il voulait dire, il a poursuivi.

« C’est que, professeur, c’est bizarre que le gouvernement ne désigne pas la ville de Fukushima comme une zone d’évacuation, malgré le haut niveau de radioactivité. Ils ne nous permettent pas d’évacuer, car s’ils décident de désigner la ville de Fukushima ou celle de Koriyama comme zones d’évacuation, cela voudrait dire qu’il faudrait arrêter le Shinkansen (TGV japonais), l’autoroute – bref, l’économie ne fonctionnera plus. C’est-à-dire que nous sommes sacrifiés pour les activités économiques et on nous laisse mourir. Je ne peux pas supporter cette situation à demi comme ça. Dans ce cas-là, je me sentirais plus léger si les centrales explosaient (complètement) avec
fracas. »

De son point de vue, la volonté politique accorde plus d’importance à l'intérêt économique des entreprises et des villes qu’à la vie des habitants de Fukushima menacés par la radioactivité ; elle les « laisse mourir ». Cette vision est partagée par d’autres enfants. Une fille de 13 ans qui vient de Miharu, Fukushima, a posé des questions au gouvernement devant une dizaine de fonctionnaires responsables de l’éducation et de la gestion du désastre nucléaire :

« Est-ce que l’argent est plus important que les habitants de Fukushima ? Pourquoi devons-nous être irradiés, les enfants de Fukushima, à cause de la centrale nucléaire que les grandes personnes ont construite sans nous consulter ? Pourquoi nous devons subir des épreuves si rudes ? Pourquoi vous continuez de relancer les centrales nucléaires malgré un accident si grave ? Je ne comprends pas du tout. (…) »

Une étudiante de l’université de 21 ans qui vient de Fukushima et qui fait ses études loin de chez elle exprime son indignation :

« Les autres départements affectées par le séisme, comme Miyagi et Iwate, avancent rapidement dans leur travail de reconstruction. Cependant, à Fukushima le temps est figé dans les zones d’évacuation à cause du problème de l’accident de la centrale nucléaire. Alors que trois mois sont déjà passés… Pourquoi ce genre de chose est arrivé ?
Pourquoi est-il arrivé à Fukushima ? L’actualité parle tous les jours de la centrale nucléaire accidentée et je la suis tous les jours mais il semble qu’il n’y ait aucune amélioration. Même actuellement, après trois mois (depuis l’accident), il semble que la situation se détériore de façon progressive.

Melt down ? Qu’est-ce que c’est ? Melt through ? Melt down ? Qu’est-ce que c’est ? (…) On n’aurait pas eu besoin de les connaître (si l’accident n’était pas arrivé). J’ai encore 21 ans. Je voudrais que le Japon devienne un pays dans lequel mon enfant que je vais mettre au monde et élever moi-même n’aura pas besoin de connaître ces choses-là. »

Ce n’est pas seulement la colère, mais aussi le sentiment d’être abandonné par l’État qui traverse les paroles de ces enfants et de ces jeunes adultes.

Conclusion

Au moment de la rédaction de cet article, au début du mois de septembre 2011, les autorités n’ont pas encore présenté de plan de reconstruction pour les zones affectées par les désastres. Cela aurait-il modifié la parole des enfants de Fukushima et d’ailleurs dans le pays?

Pour l’heure, dans leur diversité et au travers de niveaux langagiers inégaux, ces enfants nous dévoilent leurs perceptions de la situation. Eux aussi commentent la cause et les conséquences de l’accident nucléaire. Plus que les autres, ils subissent les contradictions enfouies dans le silence des adultes qui les laissent continuer de souffrir.

« Protéger les enfants de Fukushima. » Depuis mars dernier, la protection de la santé des enfants après l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi était toujours le sujet prioritaire du débat public. Six mois après, cependant, nous ne voyons pas de progrès substantiel dans la mise en oeuvre des mesures concrètes qui assurent leur santé et sécurité.
L’inquiétude et la frustration exprimées dans leurs paroles s’originent en partie dans le manque de données sur l’état d’irradiation de ces enfants dans les zones affectées - une des premières données de bases pour développer les politiques de santé auprès des enfants après l’accident. Ce manque illustre l’état de stagnation politique.

Nous avons tendance à présumer que les enfants ne comprennent pas grand-chose et qu’ils n’ont pas d’avis. Dans cette perspective, les opinions perceptions et besoins des enfants de Fukushima et d’ailleurs affectés par l’accident nucléaire, ne sont pas prises en compte dans le débat public. Pourtant, la colère et les doutes qui traversent leurs
analyses « enfantines » de la situation, nécessitent d’orienter certaines actions politiques en direction de leur catégorie d’âge. Dans ce contexte, il faut ouvrir des voies pour écouter plus attentivement les jeunes citoyens japonais et inventer des réponses politiques qui puissent continuer de soutenir leurs destinées.

A côté de la question de l’action à mettre en oeuvre, celle de la responsabilité pour la justice sociale se pose. Et si les acteurs principaux dans la gestion de l’accident nucléaire – l’État, les hommes politiques et les bureaucrates, les milieux des patronats/entrepreneuriaux, les médias - ne s’en emparent pas toujours, il faut que nous, cadres de la santé publique et chercheurs en sciences sociales leur adressions. L’accident nucléaire de Fukushima nous a montré l’impossibilité de maîtriser non seulement la nature mais aussi les technologies nucléaires, cela doit nous pousser à replonger dans notre passé et agir désormais selon d’autres normes, orientées par la déontologie professionnelle.

Cet accident continue d’avoir un impact important sur la société japonaise – non seulement du point de vue environnemental, sanitaire et économique, mais aussi social et historique. Grandazzi conclut que nous n’avons rien appris de l’expérience de l’accident de Tchernobyl après deux décennies, à cause de la pression politique des « groupes
les plus puissants des sociétés modernes » qui « ont investi politiquement, idéologiquement, économiquement et vitalement dans les techniques les plus dangereuses de la mobilisation au point que même les accidents les plus énormes ne provoqueront probablement pas de doutes fondamentaux sur la direction et le rythme du processus civilisateur. » 


Étant conscients de cette réalité politique à laquelle nous faisons face, nous, les professionnels de santé et les chercheurs en sciences sociales sommes encore obligés de prendre nos responsabilités afin de jouer un rôle dans cette transition émergeante, qui demande plus de démocratie et plus d’attention aux voix des citoyens de la société.

USS Enterprise : opération false flag ?


Très bon prétexte d'envoyer dans le golfe persique un sous-marin, porte-avions(lapsus corrigé) nucléaire à la retraite l'année prochaine. Moins cher que le démantèlement et bien polluant (8 réacteurs nucléaires).

L'USS Enterprise (deuxième du nom, le premier a participé au false flag de Pearl Harbor) a démarré sa carrière en 1961. Long de 341 mètres pour un déplacement de 94.000 tonnes en charge, l'USS Enterprise est armé par un équipage de 5700 hommes. Son groupe aérien embarqué comprend environ 70 avions et hélicoptères. Sa piste d'envol fait environ 2km².

Il est à noter que ce porte-avions était arrivé en Europe (au Portugal) depuis un an (janvier 2011) et qu'il devait repartir pour la Méditerranée, la Mer Rouge, l'océan Indien et le golfe Persique (SOURCE). 

Vidéo sous-titrée en français par Hussardelamort. 


Surveillez l'USS ENTERPRISE !   S/T par hussardelamort

Le coût du nucléaire en France

Le rapport de 400 pages de la Cour des Comptes est publié aujourd'hui. Il avait été demandé l'année dernière par des ONG anti-nucléaires.

Source : Le Point.fr



La Cour des comptes a chiffré mardi à 228 milliards d'euros les investissements dans l'électricité nucléaire en France tout en évoquant des incertitudes importantes quant aux coûts futurs de la filière, mais qui n'agiront qu'à la marge sur une addition appelée à grimper. D'après ce rapport de près de 400 pages, qui avait été commandé l'an dernier par le gouvernement après la catastrophe de Fukushima, les investissements publics et privés réalisés depuis le début dans la filière française d'électricité nucléaire, d'un montant colossal, sont néanmoins bien "identifiés", avec une addition "toutes dépenses confondues" évaluée à 228 milliards.


Le montant total de la construction des installations nécessaires à la production d'électricité nucléaire est chiffré à 121 milliards d'euros (hors coût de Superphénix), et le parc actuel, composé de 58 réacteurs dont les plus anciens (Fessenheim 1 et 2) sont entrés en service en 1978, a coûté, à lui seul, 96 milliards. Les dépenses de recherche publiques et privées depuis les années 1950 sont de leur côté évaluées à 55 milliards, soit environ un milliard par an.

Charges futures incertaines

La Cour prévient par ailleurs que les charges futures assumées par les opérateurs sont très incertaines "par nature", du fait de multiples inconnues liées au démantèlement des installations nucléaires et à la gestion à long terme des déchets radioactifs, par manque d'expérience et parce que certains choix ne sont pas encore arrêtés. D'où des risques d'augmentation "probables". Cependant, elle souligne que l'éventuelle augmentation de ces charges aura un impact bien moindre sur le coût global de la production d'électricité nucléaire que l'évolution des dépenses de maintenance des installations, dont le montant annuel moyen va au minimum doubler sur la période 2011-2025 par rapport à 2010.


Enfin, sans vouloir entrer dans le débat autour de la part du nucléaire dans la palette énergétique nationale, la Cour a prévenu que le non-prolongement des réacteurs d'EDF au-delà de 40 ans nécessiterait "un effort très considérable d'investissement équivalant à la construction de 11 EPR d'ici 2022", ce qui lui paraît "très peu probable, voire impossible".

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Nucléaire/coût: le gouvernement réitèrera la démarche de la Cour des comptes

Source : Romandie News

PARIS - François Fillon a salué le rapport remis mardi par la Cour des comptes sur le coût du nucléaire et promis que le gouvernement reprendrait désormais régulièrement à son compte cet exercice de transparence.

La Cour des comptes a publié mardi un rapport sans précédent sur l'ensemble des coûts liés à la production d'électricité nucléaire en France, pointant des incertitudes sur les charges futures mais qui n'agiront qu'à la marge sur une addition appelée de toute façon à grimper.

Ce rapport, demandé par le gouvernement après la catastrophe nucléaire de Fukushima (Japon) en mars 2011, constitue une première référence mondiale depuis la construction du parc électro-nucléaire français, a salué le Premier ministre dans un communiqué.

Rappelant les conclusions de la Cour, qui a évoqué une appréhension correcte des coûts, passés et actuels de la filière, en dépit d'incertitudes sur les coûts futurs, M. Fillon a demandé à la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, de procéder aux audits correspondants et aux évaluations complémentaires nécessaires.

Les choix sur la durée de fonctionnement des centrales nucléaires ou la construction de nouveaux réacteurs revêtant un caractère stratégique et déterminant sur les coûts de la filière, ils seront précisés dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) élaborée à partir de l'été 2012, ajoute le communiqué de Matignon.

Selon M. Fillon, qui a critiqué à de multiples reprises le choix du candidat socialiste François Hollande de réduire la part du nucléaire, ces choix auront des conséquences sur la progression, au cours des prochaines années, des tarifs de l'électricité pour les ménages. Un examen attentif global des choix en matière électrique sera indispensable dans les domaines de la production, du transport et de la distribution, estime-t-il.

Afin que l'exercice de transparence effectué par la Cour se poursuive, le gouvernement a décidé de le reprendre à son compte de façon régulière, annonce en outre Matignon.

Le gouvernement y intégrera de façon détaillée les conséquences du rapport remis le 3 janvier par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et demandera à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) dassurer un audit régulier et public des travaux ainsi menés, conclut-il.

Japon, 31 janvier 2012

Déjà un mois de passé...

TEPCO va déverser un mélange ciment-argile sur le fond de l'océan juste à la sortie des canaux de prise d'eau, et fera un contrôle de radioactivité sur les poissons alentour

De l'Asahi Shinbun (30 janvier) :


Début février, TEPCO va déverser du ciment mélangé à de l'argile sur le fond de l'océan près des canaux de prise d'eau des réacteurs 1 à 6 à la centrale de Fukushima. C'est dans le but d'empêcher le césium radioactif qui se trouve en forte concentration sur le fond de l'océan que la société construit des cloisons étanches pour empêcher les nappes phréatiques contaminées venant de la centrale de fuir dans l'océan.

4700 térabecquerels de césium radioactif ont fui près du canal de prise d'eau du réacteur 2, à 20.000 fois la norme nationale annuelle autorisée pour un déchargement dans l'océan. Le contrôle de l'océan autour de la centrale en novembre dernier a donné un maximum de 1,6 millions de becquerels/kg de césium pour le plancher océanique.

Selon TEPCO, le mélange de ciment sera déversé sur une zone de 7 hectares, sur une épaisseur de 60 cm. TEPCO dit que le mélange ne durcira pas parce que le ciment sera mélangé à de l'argile. En construisant les cloisons, des poutrelles d'acier seront enfoncées dans le fond de l'océan. Les coopératives locales de pêcheurs ont exprimé leur inquiétude sur la dispersion du césium radioactif déposé sur le fond de l'océan engendrée par le travail de construction.

Je ne comprends pas tout à fait la partie concernant le mélange ciment-argile qui ne va pas durcir.

Dans d'autres nouvelles séparées mais s'y rapportant, TEPCO a annoncé qu'il travaillera avec les associations de pêcheurs locales pour étudier les effets des matériaux radioactifs sur les poissons et en en mesurant la radioactivité.


Plus de 10 mois ont passé depuis l'accident. (où était le gouvernement national?)


Également de l'Asahi Shinbun (28 janvier) :

Le 27 janvier, TEPCO a révélé qu'il ferait un contrôle de surveillance de la vie marine dans un rayon de 20 km au large de la centrale, de février à avril. Le contrôle sera basé sur l'étude de la contamination de la vie marine par les matériaux radioactifs.

TEPCO a assisté à la réunion de l'association des coopératives de pêcheurs de la préfecture de Fukushima et demandé leur coopération. Le président de l'association a dit après la réunion, ''Nous voulons connaître l'état des poissons dans la zone, nous coopérerons donc.''

Ils sélectionneront plusieurs emplacements où on a trouvé des taux élevés et bas de radioactivité dans les contrôles réguliers de l'eau de mer et du sol de l'océan fait par les gouvernements nationaux et préfectoraux. Le contrôle sera  fait 4 fois par mois et les résultats seront publiés.

Contrairement aux agriculteurs de Fukushima qui ont foncé et décidé de cultiver normalement les céréales après le pire accident nucléaire s'étant produit près d'eux, peu importe le peu d'information qu'ils ont pu avoir concernant l'accident et la contamination qui en a résulté, les pêcheurs de Fukushima ont décidé de ne pas pêcher, peu importe le peu d'information qu'ils ont pu avoir.


Les agriculteurs de Fukushima continueront de cultiver les céréales cette année sur leur sol fortement contaminé, pariant sur la chance pour que du césium ou du strontium ne soient pas intégrés dans leurs cultures ou que leurs cultures ne soient pas soumises à des tests tout en comptant sur le sentiment de culpabilité de la majorité des consommateurs qui croient au ''supporter Fukushima en mangeant ses produits'' et sur les distributeurs qui peuvent adroitement dissimuler les produits de Fukushima sous une autre appellation. 

Autant que je le sache, les pêcheurs de Fukushima continueront à s'abstenir de pêcher dans leur océan.

Quince n°2 et Quince n°3 sont prêts au service

 
Ils ressemblent au Quince d'origine, qui a été abandonné quelque part dans les étages supérieurs fortement irradiés du réacteur 2 depuis octobre l'année dernière.


L'article du Yomiuri ci-dessous reconnaît dans son titre le travail fait par le Quince de départ .

Deux robots succédant à celui qui a été perdu après avoir pris une vidéo des bâtiments de réacteurs, Quince, ont été révélés le 30 janvier par l'équipe de développement de l'institut de technologie de Chiba.

Ils seront utilisés à la centrale dès la mi-février.

L'un d'eux est équipé d'un appareil de mesure pour les matériaux radioactifs dans les particules de poussière atmosphériques, et l'autre d'un scanner laser pour créer des cartes en 3 dimensions. Profitant de l'expérience du Quince de départ qui s'est échoué dans le bâtiment du réacteur quand le câble de communication s'est déconnecté (ou s'est coupé), chaque robot peut être contrôlé dans l'urgence par une communication sans fil via l'autre robot.

Le Quince de départ (Quince n°1) sera laissé à l'intérieur du bâtiment de réacteur (du réacteur 2) pour étudier l'effet de la radioactivité sur l'électronique.

Pauvre Quince. Sacrifié au nom de la recherche électronique...

Quince No.2, depuis la page de l'institut de technologie de Chiba :




Un réacteur de la centrale nucléaire de Byron stoppé après une perte de courant hors site

La centrale à génération nucléaire de Byron (à environ 180 km au nord-ouest de Chicago) utilise des réacteurs (deux) à eau pressurisée de chez Westinghouse (propriété du Toshiba japonais).

Résumé :


Le réacteur nucléaire du nord de l'Illinois exploité par Exelon stoppé lundi après perte de courant, vapeur dégazée pour réduire la pression.


Les groupes électrogènes à gasoil ont pris le relais pour aider à relâcher la vapeur du côté non nucléaire de la centrale pour aider au refroidissement du réacteur.


La vapeur contient de faibles taux de tritium radioactif, mais pas de danger pour les ouvriers et le public.
Enquête en cours sur la perte de courant. De la fumée a été vue sur un transformateur mais aucune preuve d'un quelconque incendie.


Mise à jour
 :
La centrale serait en situation stable. Pas de danger pour les ouvriers ou le public.


Événement inhabituel, classé en bas des 4 classifications d'urgence établies par la NRC (commission de régulation nucléaire).


Le relâchement de vapeur devrait continuer dans la soirée.


La vapeur contient du tritium, isotope de l'hydrogène avec faible taux de radioactivité.


Exelon dit que le tritium existe à l'état naturel et partout à la surface de l'eau, quoique en plus grande quantité près des réacteurs nucléaires.C'est le premier arrêt automatique de la centrale depuis 2007.


Commentaire d'Ultraman : ''Ils disent tous la même chose. C'est sans danger, les matériaux radioactifs sont naturels. Bientôt ils parleront de bananes et de vols transcontinentaux et de rayons X.


Wikipédia :
Le tritium (T ou 3H) est - comme le deutérium - l'un des isotopes de l'hydrogène. Il possède 1 proton et 2 neutrons. Il a été mis en évidence en 1934, par Ernest Rutherford, dans la réaction nucléaire D+D→T+H.
À la différence du deutérium et de l'hydrogène 1, cet isotope (nucléide) est radioactif (Son activité spécifique ou activité massique est de 358 TBq.g-11 ou 3,59×1014 Bq/g (soit 359 TBq/g ou 359 PBq/kg) ou encore 9703 curies par gramme (soit 9,7 MCi/kg). Il émet un rayonnement bêta (β-) (de faible énergie ; 5,7 keV en moyenne) en se transformant en hélium 3 (3He). Sa période ou demi-vie est de 12,32 ans.
Il est relativement rare a l'état naturel (environ 1 atome de tritium pour 1018 atomes d'hydrogène1), mais est émis dans l'environnement par l'industrie nucléaire  : dans le fonctionnement normal des réacteurs nucléaires, et lors du traitement des éléments combustibles. Il est également produit lors d'explosions nucléaires. L'ASN estime que « le développement de projets de nouvelles installations (EPR, ITER) et l’évolution des modes de gestion des combustibles nucléaires (...) conduisent tous deux à une augmentation des rejets en tritium de l’industrie nucléaire »


NHK fait une mauvaise traduction des remarques de l'IAEA et dit que ''le stress test d'évaluation de la NISA est conforme à la norme internationale''

NHK rapporte les découvertes de l'IAEA pendant sa visite cette fois pour évaluer si le ''stress test'' mené par les sociétés produisant du courant électrique et supervisées par la NISA est approprié, surtout dans le cas de la centrale de Ooi.

Voici ce qu'a dit le chef de mission de l'IAEA, comme vous pouvez le voir et l'entendre dans une vidéo accompagnant les nouvelles :

Nous pensons que l'approche de la NISA est en accord avec les normes de sécurité de l'IAEA, et l'usage international.
NHK a traduit la remarque comme suit :

ストレステストの評価方法はIAEAおよび国際基準に適合している


Ce qui serait ainsi traduit en anglais :

La manière dont la NISA évalue le résultat du stress test se conforme aux normes de l'IAEA et internationales.
Comme si il y a des normes internationales pour une évaluation de stress test (Ou y en a-t-il vraiment ?)

Les utilisateurs japonais de Twitter qui comprennent l'anglais ont immédiatement envoyé par tweet la traduction incorrecte de NHK. NHK a rapidement ajouté un paragraphe pour soi-disant clarifier, mais c'est toujours faux. Il traduit maintenant la remarque du chef de mission de l'AIEA comme suit :


原子力安全・保安院の審査の過程は、IAEAのルールに適合していて、ヨーロッパなどでの国際的な活動にも即している


Ce qui donne :

Le procédé d'évaluation de la NISA se conforme aux règles de l'IAEA et en accord avec les activités internationales en Europe et dans d'autres pays.
Hum. Nulle part le chef de l'IAEA n'a parlé de l'Europe. Quelles activités ? Et il a parlé de ''normes'' et non de règles.

(maintenant il me revient tout d'un coup à la mémoire l'atroce traduction faite par NHK dans les premiers jours de la crise nucléaire en mars dernier. Tous ces traducteurs simultanés que NHK World paie une fortune et qui n'ont aucune idée de ce qu'ils traduisent. Grrr.)


J'ai revu les nouvelles de NHK. Rien d'autre de plus que cette mauvaise traduction. Il dit en substance que l'IAEA a approuvé ce qu'a fait le gouvernement japonais, encore une fois, avec un conseil d'ami pour faire comme si l'AIEA faisait vraiment quelque chose. Quel est le conseil donné ? ''Vous feriez mieux d'apprendre comment mieux expliquer aux habitants.''


Aujourd'hui l'illusion doit être totalement expulsée de l'esprit des japonais qui se cramponnent à l'idée qu'une organisation ''internationale'' est quelque part ''neutre'' et par là réprimandera leur gouvernement pour le remettre dans la bonne direction.

lundi 30 janvier 2012

Le comble du cynisme : les crise-box

Coffrets-cadeaux à offrir pendant la crise. :-((
Photos envoyées par Alan





Oubliez le réchauffement climatique

Voici l'article évoqué par Ultraman ce matin. Il semblerait que dans les médias de masse, on parle de plus en plus de l'imminence d'un retour à un mini-âge glaciaire, et surtout en prenant en compte le rôle joué par le soleil.
 
Oubliez le réchauffement climatique – c'est le cycle 25 dont il faut s'inquiéter (et si les scientifiques de la NASA ont raison, la Tamise sera à nouveau prise par les glaces)

L'office météorologique publie de nouveaux chiffres qui ne montrent aucun réchauffement depuis 15 ans


Par David Rose, Mail Online


29 janvier 2012


Le supposé 'consensus' sur un réchauffement climatique causé par l'homme se retrouve face à un défi gênant après la publication de nouvelles données de températures montrant que la planète ne s'est pas réchauffée pendant les 15 dernières années.


Les chiffres suggèrent qu'on pourrait même aller vers un mini-âge glaciaire qui rivaliserait avec la chute de température qui a duré 70 ans et avait permis au 17ème siècle des kermesses sur la Tamise gelée.


Basées sur des lectures de plus de 30.000 stations de mesure, les données ont été publiées sans fanfare par l'office météorologique et l'unité de recherche climatique de l'université d'East Anglia. Elles confirment que la tendance à une élévation des températures mondiales s'est terminée en 1997.

Une peinture de 1684 dépeint une des  kermesses les plus glacées sur la Tamise pendant le petit âge glaciaire




Pendant ce temps des scientifiques climatiques de premier plan ont déclaré dimanche au Mail qu'après avoir émis inhabituellement des niveaux élevés d'énergie au cours du 20ème siècle, le soleil se dirige aujourd'hui vers un 'grand minimum' de production, menaçant d'étés froids, d'hivers plus rudes et d'un raccourcissement de saison disponible pour les cultures.

La production solaire traverse des cycles de 11 ans, avec un nombre élevé de taches solaires au moment des pics.


Nous sommes maintenant à ce qui devrait être le pic du dénommé 'cycle 24' – qui a donné la semaine dernière une tempête solaire avec des aurores boréales plus au sud que d'habitude. Mais le nombre des taches solaires diminue de moitié par rapport à celles observées pendant le pics des cycles du 20ème siècle.


Les analyses des experts de la NASA et de l'université d'Arizona – dérivées de mesures du champ magnétique à plus de 220.000 km sous la surface du soleil – suggèrent que le cycle 25, dont le pic est attendu en 2022, sera encore beaucoup plus faible.


Selon l'article publié la semaine dernière par l'office météorologique, il y a 92% de chance qu'aussi bien le cycle 25 et ceux qui suivront les décennies suivantes seront aussi faibles, ou plus faibles que ceux de la période du ''Minimum de Dalton'' entre 1790 et 1830. A cette époque, nommée d'après le météorologue John Dalton, les températures moyennes d'Europe ont chuté de 2°C.


Il est cependant possible également que la nouvelle chute de l'énergie solaire puisse être aussi importante que le ''minimum de Maunder'' (d'après l'astronome Edward Maunder), entre 1645 et 1715 au moment le plus froid du 'petit âge glaciaire' quand on donnait des fêtes sur la Tamise gelée et que les canaux en Hollande avaient gelé.

Moyenne des températures mondiales entre 1997 et 2012
Cependant, dans son article, l'office météorologique a déclaré que les conséquences aujourd'hui seraient  négligeables – parce que l'impact du soleil sur le climat est largement inférieur à celui du dioxyde de carbone d'origine humaine. Bien que la production solaire est supposée décroître jusqu'en 2100, ''Cela ne causerait une réduction des températures mondiales que de 0,08°C.'' Peter Scott, l'un des auteurs, a dit :''nos découvertes suggèrent qu'une réduction de l'activité solaire à des niveaux inconnus depuis des centaines d'années serait insuffisante pour compenser l'influence dominante des gaz à effet de serre.''

Ces découvertes sont farouchement discutées par d'autres experts solaires.

''Les températures mondiales peuvent se retrouver plus froides qu'aujourd'hui pendant 50 ans ou plus'', a dit Henrik Svensmark, directeur du centre de recherche climatique à l'institut spatial du Danemark. '' Ce sera une longue bataille pour convaincre certains scientifiques en climat que le soleil est important. Il est possible que le soleil en fasse lui-même la démonstration sans l'aide de quiconque.''

Il a souligné que, en déclarant l'effet d'un minimum solaire faible, l'office météorologique se reposait sur les mêmes modèles informatiques infirmés par l'actuel pause du réchauffement climatique.




Les niveaux de CO2 ont continué à augmenté sans interruption et, en 2007, l'office météorologique a déclaré que le réchauffement climatique allait revenir en force. Il disait qu'entre 2004 et 2014 il y aurait un accroissement général de 0,3°C. En 2009 il a prédit qu'au moins trois années entre 2009 et 2014 battraient les précédents records de température de 1998.
Cycles d'activité solaire entre 1749 et 2040

Pour l'instant il n'y a aucun signe de l'imminence de tout cela. Mais hier un porte-paroles de l'office météorologique a insisté que ses modèles étaient toujours valables.
''Une projection à 10 ans reste une science d'avant-garde. La période annoncée pour la projection n'est pas encore terminée'', a-t-il dit.


Le Dr Nicola Scafetta, de l'université Duke en Californie du nord, est l'auteur de plusieurs articles qui discutent des modèles climatiques de l'office météorologique concernant un 'réchauffement constant depuis 2000 jusqu'à aujourd'hui'.


''Si les températures continuent de rester stationnaires ou repartent vers un nouveau refroidissement, la différence entre les modèles et les données enregistrées deviendra finalement si importante que la communauté scientifique tout entière remettra en question les théories actuelles'', a-t-il dit.


Il pense que comme le modèle de l'office météo attache une plus grande signification au CO2 qu'au soleil, il est tenu de conclure qu'il n'y aurait pas de refroidissement. ''la vraie question est de savoir si le modèle lui-même est précis'', a dit le Dr Scafetta. Par ailleurs, l'un des plus éminents experts en  climatologie, le Pr Judith Curry de l'institut de technologie de Géorgie, a déclaré penser que la prédiction confiante de l'office météo d'un impact négligeable était difficile à comprendre.

''Ce qu'il serait responsable de faire serait d'accepter le fait que les modèles peuvent avoir de sérieux défauts en parlant de l'influence du soleil'', a dit le Pr Curry. Quant à l'interruption du réchauffement, elle a dit que de nombreux scientifiques ''ne sont pas surpris.''

400 ans d'observation des taches solaires

Elle a fait remarquer qu'il devenait manifeste que des facteurs autres que le CO2 jouent un rôle important dans l'élévation ou la diminution de la chaleur, comme les cycles de 60 ans de température de l'eau du Pacifique et de l'Atlantique.

''Ils ont été insuffisamment appréciés en terme de climat mondial'', a-t-elle dit. Quand ces deux océans étaient froids dans le passé, comme entre 1940 et 1970, le climat s'est refroidi. Le cycle du Pacifique est repassé du chaud au froid en 2008 et l'Atlantique est supposé s'inverser aussi dans les prochaines années.


Pal Brekke, conseiller du centre spatial norvégien, a dit que des scientifiques ont trouvé difficile à accepter l'importance des cycles de l'eau, parce que le faire c'est admettre que ce sont les océans – et non le CO2 – qui ont été la cause du réchauffement climatique entre 1970 et 1997.


Même chose pour l'impact solaire – qui était très actif pour la plus grande partie du 20ème siècle.
''La nature est sur le point de réaliser une très intéressante expérience, d'ici 10 ou 15 ans nous pourrons beaucoup mieux déterminer si le réchauffement du siècle dernier était vraiment causé par le CO2 humain ou par des variations naturelles.''


Pendant ce temps, depuis la fin de l'année dernière, les températures mondiales ont chuté de plus d'un demi-degré par la ré-émergence de l'effet de refroidissement de 'La Nina' dans le Pacifique sud.


''Nous sommes bien dans la deuxième décennie de pause,'' a dit Benny Peiser, directeur de la fondation politique de réchauffement climatique. ''Si nous ne voyons pas de preuve évidente d'un réchauffement climatique d'ici 2015, il deviendra clair que les modèles sont ratés. Et s'ils le sont,  certains scientifiques pensent que ces implications pourraient être très sérieuses.''


SOURCE
Traduit par Hélios

Les paroles des enfants de Fukushima (partie 2)

La première partie est ICI

Dans ce contexte, la jeune fille exprime son inquiétude quant aux conséquences de l’irradiation. Dans une situation où les informations ne sont pas disponibles, et l’ennemi invisible, ils sont obligés d’imaginer non seulement l’avenir mais aussi le présent.

Un garçon de huit ou neuf ans du département de Chiba (à côté de Tokyo) se souvient du désastre dans un message posté sur le site web d’un même réseau :

« (Quand le séisme a eu lieu,) je n’ai pas compris ce qui m’est arrivé et j’avais peur. Il n’y avait pas assez de nourriture pour servir le déjeuner dans la cantine scolaire et on nous servait seulement une boule de riz pour le déjeuner. Donc, je voulais que la vie normale revienne tôt. (Actuellement,) j’ai peur de la radioactivité. J’ai peur
d’être atteint de maladies comme le cancer. »

Le souvenir du désastre est d’abord décrit par la crainte, puis la faim. Le séisme est déjà un événement du passé mais n’y est pas pour autant circonscrit : sa vie actuelle est dominée par la peur de l’irradiation. L’inquiétude de ce jeune garçon n’est pas confirmée mais sa vision du futur n’est pas hésitante – il parle presque avec certitude d’une atteinte future par le cancer.

Après l’accident, la majorité de la population japonaise a dû vivre avec la radioactivité pour la première fois de son histoire. Un garçon de 6 ans à Tokyo a raconté sa première confrontation avec la radioactivité au mois de juin :

« Quand j’ai entendu que la radioactivité était émise, je me suis demandé : « C’est quoi, la radioactivité ? » Ma maman m’a demandé de ne pas me faire mouiller par la pluie. Donc j’ai porté un imperméable et j’ai aussi tenu un parapluie même les jours où il ne pleuvait pas beaucoup. Mais je me disais que la pluie de Miyagi devait être plus dure que celle de Tokyo.»

La radioactivité est vécue et mémorisée comme l’expérience d’un jour de pluie, « poison » ordinaire s’il en est, que l’on évite avec imperméable et parapluie. Puis, ce garçon pense à ses camarades inconnus de Miyagi – un département qui se trouve au nord de Fukushima. Il exprime alors une compassion pour ses amis qui doivent vivre sur une terre plus densément contaminée par les particules radioactives.

Les nouvelles règles, les nouveaux interdits


L’accident nucléaire signifie d’abord une rupture brutale de la vie quotidienne – « un monde doté de nouvelles règles, de nouveaux interdits »25. La politique de délocalisation de la population des zones hautement contaminées autour de la centrale évoque à nouveau le sentiment du déracinement. Une fille d’une dizaine d’années, de la ville de Fukushima, a écrit aux fonctionnaires et aux hommes politiques du gouvernement au mois d’août :

« Malgré la chaleur très dure, je porte tous les jours une chemise avec des manches longues, un pantalon, un masque et un chapeau, pour aller à l’école. Je ne peux pas jouer dehors, non plus. On ne peut plus ouvrir les fenêtres comme l’année dernière. »

Un garçon de Fukushima d’âge inconnu fait une observation semblable sur le nouveau mode de vie.

« Je porte les manches longues, un pantalon et un masque tous les jours pour aller à l’école. À l’école, il y a des amis qui saignent du nez. Je voudrais qu’un climatiseur soit installé à l’école bientôt. »

Les enfants sont physiquement contraints par les habits qui couvrent complètement leur corps, et sont enfermés dans un espace clôt. Ils n’ont plus de liberté pour bouger, sortir, ou même respirer librement, et sont tourmentés par la chaleur et l’humidité de l’été japonais. Dans cet environnement, leur sentiment de sécurité est constamment menacé. Un jeune enfant de la ville de Koriyama, Fukushima, s’est rendu pendant l’été à Hokkaido à l’invitation d’une association civile qui a organisé un programme pour les enfants de Fukushima afin de « se décontaminer ». Son premier mot à l’arrivée dans cette île du nord était :

« Est-ce que je peux respirer profondément ? »

Sous le masque, l’enfant retenait sa respiration par crainte, probablement, « d’attraper » cette radioactivité invisible qui pourrait causer des maladies graves et des conséquences irréversibles dans sa vie.

Une fillette de dix ans qui vient de Fukushima a écrit aux responsables du gouvernement :

« Je voudrais que la radioactivité disparaisse et que je puisse avoir un chien dehors. »

Dans cette vie où les enfants ne peuvent plus vivre leur vie d’enfants, les comportements et les pensées sont toujours guidés par la radioactivité qu’on doit éviter, quels que soient ses effets. Dans ces conditions, les mêmes questions se posent constamment : « Quand est-ce que la radioactivité va disparaître ? » « Est-ce que je peux rester ici ? » « Est-ce que je peux vivre comme les autres enfants ? »

Au revoir mes amis et mon pays natal

Depuis mars, 55 000 habitants de Fukushima ont quitté leur pays. Dans ce contexte, certains enfants ont parlé de la douleur de la séparation et du déracinement. Une fille de neuf ou dix ans qui vient de la ville de Fukushima a écrit aux fonctionnaires et aux hommes politiques :

« Je vais changer d’école à partir de la deuxième phase (qui commence au mois de septembre). Je ne peux rester dans l’école (actuelle) que sept jours de plus. Je suis très mécontente, et je suis très triste. (…) Pourquoi (le gouvernement) ne déclare pas l’évacuation (des habitants) de Fukushima ? »

La parole de cette jeune fille porte sur la rupture spatiale et sociale – elle doit déménager dans une autre localité, loin de sa ville et de ses amis. Ainsi, les enfants de Fukushima sont souvent obligés de partir de façon arbitraire – un par un, dans des localités diverses, du choix de leurs parents. Parce qu’il n’y a pas d’initiative gouvernementale pour l’évacuation des habitants et que la décision leur est laissée, la majorité des réfugiés de Fukushima sont dispersés et vivent chez leur parent ou dans un appartement fourni par une des municipalités de bonne volonté, isolés de leurs anciens voisins et amis. Nombreux sont les habitants qui demandent leur évacuation depuis le début de la crise, plus particulièrement une délocalisation de l’ensemble des membres de la communauté. Celle-ci serait indemnisée si elle était considérée comme légitime par l’État. Mais à ce jour aucune réponse n’a été reçue. C’est à ce propos, qu’une jeune fille de 13 ans s’adresse au gouvernement :

« Cinq mois sont passés depuis le séisme et l’accident nucléaire. Combien de personnes ont quitté le Département de Fukushima et habitent ailleurs ? Combien de personnes restent à Fukushima et vivent avec les fenêtres fermées ? Est-ce que vous (les fonctionnaires et les hommes politiques) pourriez comprendre le sentiment des
habitants de Fukushima qui devaient se réfugier partout dans le pays, leur sentiment quand ils ont quitté leur pays natal ? »

« J’ai déménagé au mois de juin, cela m’a fait me sentir très triste. Mes amis aussi, ils ont eu du mal à se séparer de moi et ils ont pleuré. Avant et après moi, plusieurs autres amis ont déménagé et changé d’école. Je me sens triste et c’est difficile d’endurer l’écroulement (de notre communauté) ainsi. (…) Je vous prie de ne jamais blesser mes amis, mes camarades. Je vous prie de faire les efforts maximums pour nous laisser vivre tranquillement dans le futur. »

Parfois, c’est un vœu simple de l’enfant qui ne peut pas être exaucé.

« Je voudrais participer à l’excursion de l’école avec mes camarades de l’école actuelle. »

La fillette doit déménager ailleurs.

Un autre garçon de neuf ou dix ans a dû déménager de la ville de Koriyama, Fukushima, dans un autre département.
Dans son message posté sur le site web d’un réseau d’enfants sinistrés, il pense à son pays, ses amis, et son équipe favorite de baseball.

« Arrêtez la centrale nucléaire. (Un jour) des joueurs de baseball sont venus à Koriyama (pour encourager les habitants sinistrés). Quand ils sont venus, comme toujours, l’air était plein de radioactivité. J’ai trouvé le joueur que j’adore (dans l’équipe). À vrai dire, je ne voulais pas qu’ils jouent là-bas, parce que je ne voulais pas qu’ils soient irradiés. Alors que je suis désolé pour les fans (de l’équipe) qui l’ont attendue. (…) Je suis actuellement à Iwate. Je vais à l’école de Morioka. Franchement, je veux voir tout le monde à l’école de Koriyama. Franchement, je veux rentrer. Mais ce jour-là (après l’accident), ma maman m’avait dit, « C’est dangereux ici », et je suis venu à Iwate.
Franchement, je veux rentrer. Je veux amener tout le monde (de Koriyama) à Iwate (pour le protéger). J’ai des amis à Iwate aussi, mais je préfère les amis de Koriyama. » (Un garçon en quatrième année, Département de Fukushima)

C’est son inquiétude pour ses amis et l’équipe de baseball, et finalement le sentiment du déracinement, qui explosent. Au lieu de rentrer chez lui, il veut amener toute sa communauté à Iwate, l’endroit plus sûr de son point de vue.

Les enfants de la ville pensent aux amis sinistrés de la campagne

Au Japon, une véritable rupture et une disparité tenace, existent entre la vie en ville et celle de la campagne. Le séisme et l’accident nucléaire ont forcé les Japonais à réfléchir à la relation entre la ville et la campagne, tandis que l’expérience de souffrance, largement partagée par la population à travers le pays, a mobilisé ces groupes de gens d’appartenance différente.

D’une part, Fukushima souffre des conséquences de l’accident, alors qu’elle n’a pas bénéficié de l’électricité que la centrale accidentée générait. Plusieurs municipalités qui sont elles-mêmes durement affectées par la contamination n’ont jamais bénéficié des subventions de l’État accordées aux villes ayant accepté l’implantation d’une centrale nucléaire. D’autre part, la coupure et la pénurie de nourriture, notamment les légumes de la région autour de Fukushima
fournis à l’agglomération de Tokyo, ont fait prendre conscience aux citadins de Tokyo de leur dépendance à la campagne, ainsi que de leur responsabilité en tant que bénéficiaires. Leur participation bénévole au nettoyage et à la reconstruction des zones endommagées dans le nord et l’arrivée des réfugiés en ville ont généré des interactions parmi diverses couches sociales ainsi qu’entre les enfants urbains et ruraux.

Un garçon de dix ou onze ans de Tokyo a posté son message sur Internet en pensant aux enfants de Fukushima :

« Je vais à l’école primaire de l’arrondissement de Nérima. J’ai été affecté un peu par le Grand Séisme. Actuellement, une réflexion sur les enfants de Fukushima me brise le coeur. Notre maître nous disait : « Les enfants de Fukushima ne peuvent pas jouer dans la cour. Parce que le sol est contaminé. Vous avez de la chance (parce que vous pouvez jouer dans la cour). » Moi aussi, je suis vraiment d’accord avec lui. Mais, si seuls nous sommes heureux, ce n’est pas le vrai bonheur. Si tout le monde dans le pays entier n’est pas heureux, ce n’est pas le vrai bonheur. »

Un autre garçon de Tokyo, de huit ou neuf ans, a un ami dans sa classe qui est venu de la région directement affectée par le séisme et l’accident nucléaire.

« Il y a un enfant dans notre école qui a fui du Département de Miyagi, et je pense qu’il a eu une expérience dure. Mais, heureusement, ils ont pu évacuer tous ensemble comme une famille. »

Ces enfants manifestent de la compassion et une réflexion envers ceux qui ont dû se réfugier dans une région loin de leur maison. Par contre, une discrimination subtile contre les habitants de Fukushima pour avoir été « irradiés » persiste. Un garçon de onze ou douze ans de Chiba, un département à côté de Tokyo, a posté ce message:

« À l’école, j’ai entendu parler d’une histoire sur les enfants de Fukushima qui ont fui dans d’autres départements et qui ont subi les brimades (à l’école) à cause du préjugé sur la radioactivité. Je les ai profondément pris en pitié,alors que je n’ai rien fait contre eux. »

Penser au futur : « Est-ce que je peux devenir une grande personne?»


Une grande majorité des enfants, de Tokyo ou de Fukushima, a manifesté une inquiétude profonde vis-à-vis de son destin, que ce soit au travers d’une maladie qu’on peut contracter dans le futur (notamment le cancer), la mort imminente, ou la santé mise en péril de son propre enfant pas encore conçu.

Japon, 30 janvier 2012

(9 h : il neige sur le nord de la Bretagne) 

Il arrive qu'Ultraman se couche bien tard pour poster les dernières infos sur le Japon qu'il possède. Hier ce fut le cas. Les deux premiers articles traduits datent d'hier.

Le gouvernement métropolitain de Tokyo entrepose les cendres volantes dans des sacs en plastique sous des bâches bleues et des sacs de sable dans une décharge de la baie de Tokyo

Les cendres volantes provenant de l'usine d'incinération municipale de Edogawa-ku, unité spéciale la plus à l'est de Tokyo, contenaient du césium radioactif dépassant la norme fixée par le gouvernement national pour un enfouissement sécurisé et normal dans une décharge régulière (8000 becquerels/kg). Le gouvernement métropolitain a donc dit qu'il les stockerait temporairement en sécurité jusqu'à ce que le gouvernement national décide fermement quoi faire de ces cendres.

Les photos ci-dessous montrent comment le gouvernement métropolitain stocke en sécurité ces cendres dans la baie de Tokyo.

La photo 1 montre les sacs souples remplis de cendres radioactives sur une plate-forme d'argile bentonite. Je ne vois aucun revêtement en caoutchouc en-dessous ou au-dessus de l'argile.

Puis les sacs sont empilés, et recouverts de bâches plastique. Ils mettent des sacs de sable au dessus pour maintenir les bâches, comme on le voit sur la photo 2.

Il est clair que le gouverneur de Tokyo ne pense pas aux typhons avec de fortes pluies ou vents, ou à un tsunami ou à la liquéfaction par un séisme. C'est une décharge dans la baie de Tokyo. Les sacs de sable peuvent se vider et les bâches bleues se dégrader, mais cela ne trouble pas le gouverneur de 82 ans.(''Après moi le déluge'')


En allant vérifier la page d'information sur la prévention des catastrophes du gouvernement municipal de Tokyo, je découvre qu'il n'est fait AUCUNE MENTION d'un tsunami pour Tokyo proprement dit ; tout ce dont ils parlent c'est du danger de tsunami sur les îles alentour dans l'éventualité du très attendu séisme de Tokai. Aucune carte du risque de liquéfaction non plus. Je répète, c'est une décharge dans la baie de Tokyo.

Extraites du document provenant de l'Association Propre de l'arrondissement 23 de Tokyo daté du 25 janvier 2012 :


Photo 1:
Photo 2:


Un chercheur de l'UC Davis (université de Californie) : l'eau de mer peut corroder le combustible nucléaire, formant des composés d'uranium qui pourraient voyager sur de longues distances

De l'UC Davis News et Information (26 janvier, c'est moi qui souligne) :



Le Japon a utilisé de l'eau de mer pour refroidir le combustible nucléaire après le tsunami qui a frappé la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011 – et ce fut probablement la meilleure chose à faire à ce moment-là, déclare le Pr Alexandra Navrotsky de l'Université de Californie, Davis.
Mais Navrotsky et d'autres ont depuis découvert une nouvelle façon pour que l'eau de mer puisse corroder le combustible nucléaire, en formant des composés d'uranium qui pourraient potentiellement voyager sur de longues distances, soit en solution, soit en toutes petites particules. L'équipe de recherche a publié ses travaux le 23 janvier dans le journal Proceedings de l'académie nationale des sciences.

''C'est un phénomène qui n'a pas encore été pris en compte,'' a dit Alexandra Navrotsky, distinguée professeure de chimie. ''Nous ne savons pas de combien cela augmentera le taux de corrosion, mais c'est quelque chose dont il faudra tenir compte dans l'avenir.''


Le Japon a utilisé de l'eau de mer pour éviter un accident encore plus sérieux à la centrale Daiichi, et Navrotsky a dit, qu'à sa connaissance, il n'y a pas de preuve d'une contamination par l'uranium à longue distance provenant de la centrale.


L'uranium des barres de combustible nucléaire se trouve sous une forme chimique ''assez insoluble'' dans l'eau, a dit Navrotsky, à moins que l'uranium ne devienne de l'oxyde d'uranium VI – un processus qui peut être facilité quand la radioactivité transforme l'eau en peroxyde, puissant agent d'oxydation.
Peter Burns, professeur d'ingénierie civile et géologiques à l'université de Notre-Dame et co-auteur d'un journal, avait déjà assemblé des groupes (''clusters'') de peroxyde d'uranium sphériques, plutôt comme des ''buckyballs'' de carbone, qui peuvent se dissoudre ou rester à l'état solide.

Dans le journal, les chercheurs montrent qu'en présence d'ions métalliques alcalins, comme le sodium – par exemple dans l'eau de mer – ces groupes sont assez stables pour persister en solution ou en petites particules même quand l'agent oxydant disparaît.


En d'autres mots, ces groupes pourraient se former à la surface d'une barre de combustible exposée à l'eau de mer et ensuite transportée au loin,  survivant dans l'environnement pendant des mois ou des années avant de revenir  à des formes plus communes d'uranium, sans péroxyde, et stagner au fond de l'océan. Il n'y a pas encore de données sur la rapidité avec laquelle ces groupes de péroxyde d'uranium se déferont dans l'environnement, a dit Navrotsky.

Le Pr Navrotsky dit que selon ses connaissances il n'y a pas de preuve de contamination par l'uranium provenant de la centrale de Fukushima. Je ne pense pas que le gouvernement japonais recherche spécifiquement l'uranium ailleurs qu'à la centrale. Ils ne cherchent même pas le strontium. Cela ne veut pas dire qu'il n'en existe pas.



A la centrale : 17 fuites mineures découvertes sur des tuyaux et des soupapes, on accuse le gel

Elles sont toutes mineures, dit TEPCO, allant de quelques dizaines de litres à plusieurs tonnes et l'eau qui fuit est soit de l'eau pure, de l'eau filtrée (eau de rivière) ou de l'eau traitée. Aucune n'a fait son chemin vers l'océan ou c'est ce que dit TEPCO.

3 fuites ont été découvertes le 28 janvier, suivies de 14 autres le 29, selon TEPCO. La plus basse température à la centrale le 29 janvier était de -8°C.

Matsumoto dit que la société va se dépêcher de terminer le travail d'isolation, et espère le finir au printemps.


Hum, le gel sera terminé au printemps, n'est-ce pas ?


Goshi Hosono ressort la même bonne vieille excuse pour avoir dissimulé le ''Scénario du pire '' : ''Nous redoutions une panique à Tokyo''
Goshi Hosono, actuel ministre de l'environnement et ministre chargé de l'accident nucléaire, était l'assistant personnel du premier ministre Kan quand la triple malédiction du 11 mars a frappé le Japon l'année dernière.


D'anciennes paroles fameuses de sa part, qu'un petit groupe de responsables au sommet de l'administration Kan savait pour la fusion du cœur juste après l'accident, mais ''qu'ils ne se sentaient pas de l'annoncer.''

Aujourd'hui, concernant le ''scénario du pire'' de l'agence de l'énergie atomique japonaise que les officiels de l'administration avaient reçu le 25 mars et que l'administration a déclaré ''ne pas avoir existé'' après l'avoir lu, Hosono a ceci à dire :

Du Kyodo News (29 janvier) :

La lecture du scénario du pire a été restreinte à seulement ''une poignée'', car ''nous avions peur d'une panique'', dit M. Hosono

Ministre chargé de l'accident nucléaire, Hosono a autorisé une interview avec Kyodo News le 29 janvier, et a expliqué comment le ''scénario du pire'', dont l'existence a été cachée jusqu'à récemment, n'a été montré qu'à une poignée d'officiels incluant le premier ministre  Kan par crainte d'une panique si l'information avait fui. Il a dit, ''Si le scénario avait été rendu public, les gens auraient fui Tokyo. Il aurait alors été difficile de gérer l'accident.'' Il a expliqué que l'information a été partagée par un petit groupe de gens parce que la réponse à l'accident était la première priorité.

Hum, M. Hosono, la centrale nucléaire se trouve dans la préfecture de Fukushima et non à Tokyo. Les habitants ordinaires de Tokyo n'ont eu et n'ont aucun rôle vis à vis des mesures de gestion de l'accident de la centrale de Fukushima. C'était de votre responsabilité ainsi que celle de l'administration dont vous faisiez partie.


C'est une chose de ne pas avoir révélé l'information, mais c'en est une toute autre de l'avoir cachée et rien fait pour préparer le pire des cas ou pour instruire correctement les citoyens, en particulier les habitants des zones métropolitaines de Tokyo, de prendre des précautions.

A la place, l'administration dont faisait partie Goshi Hosono a lancé une campagne de sécurité pour les citoyens et a attaqué les gens qui disaient la vérité (rétrospectivement) sur la situation à la centrale. L'administration a envoyé des ''experts'' en radioactivité de l'université de Nagasaki à Iitate-mura qui ont dit aux villageois qu'il était totalement sans danger de jouer dehors, de manger des légumes et de boire de l'eau du puits. Elle a ridiculisé le contrôle de l'IAEA pour la contamination dans le village, en disant qu'elle avait ses propres normes pour décider des niveaux de danger, pour finalement ordonner l'évacuation du village tout entier 11 jours après (le 11 avril).

Goshi Hosono aggrave doublement sa réputation en pressant les municipalités du Japon d'accepter les débris contaminés, oubliant totalement le fait qu'existe une chose nommée Internet, et que les citoyens maintenant en savent beaucoup plus sur les débris que les officiels du gouvernement qui ne peuvent parler qu'en termes ''d'émotion'' -  aidons les gens de Tohoku ! - alors que certaines personnes de Tohoku même se demandent pourquoi les débris devaient être envoyés à l'extérieur, au lieu de construire des usines à l'intérieur des préfectures pour traiter les débris.  


Israël demande au Japon de stopper l'achat de pétrole iranien

Du Nikkei Shinbun, citant Kyodo News (30 janvier) :

Jérusalem, Kyodo News) Le vice-ministre des affaires étrangères Ryuji Yamane qui est en visite en Israël a rencontré le 29 janvier le ministre des affaires étrangères Lieberman à Jérusalem. Israël a demandé au Japon d'arrêter l'importation de pétrole brut de l'Iran. Yamane a expliqué que la quantité de pétrole brut que le Japon importe de l'Iran a baissé de 40% en 5 ans et que le Japon continuera ses efforts pour réduire la quantité et a demandé de la compréhension de la part d'Israël.

Yamane a révélé la demande d'Israël à la presse de Jérusalem. Israël considère l'Iran comme sa plus grande menace, car l'Iran développe son programme nucléaire.

Ce que le Japon réduit ira simplement à la Chine, l'Inde et la Russie. Le pétrole et le gaz canadiens iront probablement aussi en Chine. Le Japon restera sec et froid, car un mini-âge glaciaire arrive...(Article du Mail on line, que je traduirai plus tard)

 
N'est-ce pas ironique que le Japon fasse partie de l'embargo économique contre l'Iran avec les US et l'union européenne, alors qu'il a souffert de la même chose à cause de Franklin Delano Roosevelt à l'approche de la seconde guerre mondiale ?


Pas étonnant qu'une diminution monstre de 30% de la population japonaise est prévue pour 2060. (sans compter les effets de la radioactivité...)


Cartes des séismes au Japon au premier mois de l'année 2012

(On ne voit même plus le Japon sur la première carte)
30 derniers jours :


7 derniers jours :

Depuis 24 h:

De nombreux séismes magnitude 4 et un bon nombre de magnitude 5. Les magnitudes 5 se déplacent vers le centre du Japon, tout près du Mont Fuji (Au Japon, on ne dit pas le ''Fujiyama'', mais on dit ''FujiSan''). De nombreux petits séismes superficiels à l'ouest du Japon.
****************************************
Pour d'autres ''bonnes nouvelles", allez lire le dernier article de Pierre Fetet sur un élément très peu connu de la centrale.

dimanche 29 janvier 2012

Les vidéos du dimanche soir

Un chien acrobate. Il s'appelle Ozzy, il est anglais.

Sur une chaîne :



Sur une corde, arrivera ? arrivera pas ?:

La neige arrive....

Peut-être que l'hiver va commencer...Korrigan, tu peux préparer une pelle neuve !

Une perturbation atlantique bloquée par l'air froid sur le continent

Malgré la mise en place d'un anticyclone de plus en plus puissant issu de Russie, une perturbation atlantique va malgré tout traverser la France du nord-ouest au sud-est entre lundi et mardi en concernant de nombreuses régions.


Chutes de neige plus marquée du Centre-ouest aux frontières de l'Est lundi...

 
Cette perturbation, en se heurtant à de l'air froid, va donner lieu à des chutes de neige entre les Pays de la Loire, le Poitou-Charentes et le Limousin lundi avant de se diriger vers Midi-Pyrénées et l'Aquitaine la nuit suivante avec une limite pluie/neige très basse. Dans le même temps, la masse d'air va se refroidir près de l'Atlantique et quelques flocons sont possibles entre les Charentes et le bordelais.


... avant de gagner le sud mardi

 

Mardi, cette perturbation va s'enfoncer dans le sud du pays et gagner les régions les plus méridionales. 


On attend à son passage quelques chutes de neige sur le sud de Rhône-Alpes et le Languedoc-Roussillon. En Provence Côte d'Azur ainsi qu'en Corse là aussi on attend un épisode de neige jusque sur le littoral mardi matin.


Mercredi et jeudi : nouvelles chutes de neige probables à partir de l'ouest
et s'enfonçant à nouveau vers le sud

Mercredi et jeudi, une nouvelle offensive neigeuse est à nouveau possible avec une trajectoire assez similaire à la précédente et qui toucherait sensiblement les mêmes régions allant de la Bretagne aux confins de la Normandie et de l'Aquitaine jusqu'au Limousin en se propageant jeudi vers le sud de Rhône-Alpes avant de gagner les régions les plus méridionales avec de la neige aussi bien près de la Méditerranée que le long de la façade atlantique.


Cette situation neigeuse fait l'objet d'un communiqué spécial par nos services dès ce dimanche 12h00.





Crédit Photo : La Chaine Météo
neige_semaine

L'astrologie de 2012 par Roland

J'ai regardé hier soir le début de cette vidéo postée par Ferlin sur son blog Suivi-Soleil, ce gars-là me semble dire des choses correctes, par rapport à ce que je connais.

Les paroles des enfants de Fukushima (partie 1)

Encouragée par vos réponses favorables en commentaire, voici la première partie du texte envoyé par Akiko, concernant le vécu des enfants de Fukushima.
J'ai juste remis en ordre le texte qui m'a été envoyé en PDF par mail, mais je n'ai rien changé autrement. Il y aura deux autres parties à venir.

Le vécu de l’accident nucléaire de Fukushima, Japon : les paroles des enfants (17 novembre 2011)

Bulletin Amades

Anthropologie Médicale Appliquée au Développement Et à la Santé

AKIKO IDA

Texte intégral

Ce document sera publié en ligne en texte intégral et en libre accès en novembre 2012.

Le contexte : le monde couvert d’une neige invisible

L’explosion

Mi-mars 2011, quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima1 Daiichi ont explosé l’un après l’autre à 230 kilomètres de Tokyo suite aux importants séisme et tsunami qui ont submergé le nord-est du Japon. Au moment de la rédaction de cet article, plus de six mois après la survenue du désastre, le système de refroidissement pour les réacteurs fondus n’est pas encore rétabli, et la crise se poursuit sans amélioration notoire. La centrale continue ainsi à rejeter des particules radioactives dans l’air, tandis qu’environ 360 000 personnes demeurent dans la zone hautement contaminée où les doses d’irradiation externe éstimées à plus de 5 mSv pour la première année. Actuellement, le gouvernement japonais interdit l’accès de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi dans un rayon de 20 km, et demande aux habitants de plusieurs municipalités environnantes de quitter la zone, le niveau d’irradiation annuel dans ces localités pouvant dépasser 20 mSv. Cependant, les autorités ont estimé que la dose reçue par irradiation, inférieure à ce niveau dans la zone extérieure, peut être tolérée par les enfants et les adultes. Par conséquent, de nombreux habitants sont obligés d’y demeurer, sans indemnisation pour la délocalisation ni mesures suffisantes pour la protection de leur santé.
L’irradiation de 20 mSv par an, par ailleurs, correspond au seuil de dose maximum appliqué au personnel des centrales nucléaires en Allemagne.

Le chemin sans repère ou l’indisponibilité des informations officielles

La différence entre l’accident nucléaire et les autres formes de désastres est que l’ennemi comme les victimes sont invisibles. Dans ce contexte, l’information joue un rôle substantiel. Cependant, les renseignements fournis par les autorités japonaises depuis l’accident sont largement lacunaires. Il est par conséquent difficile pour la population vivant dans la zone contaminée de connaître le niveau de radioactivité autour d’elle ainsi que sa sûreté.

Par exemple, lors de l’accident, les villageois à proximité de la centrale n’ont pas été informés du danger auquel ils étaient exposés. Pire, certains sinistrés du séisme et du tsunami se sont réfugiés dans la zone sévèrement contaminée, comme le village d’Iitate, pour y rejoindre leur famille, au moment même où des nuages de particules radioactives passaient et où le niveau de contamination était au plus haut6. À Tokyo, les nuages radioactifs sont passés le 15 et le 21 mars, sans que les autorités n’alertent les habitants. Ces jours-là, la plupart des gens sont allés au travail comme tous les jours, en ignorant le danger auquel ils s’exposaient potentiellement. Les enfants et les femmes enceintes, les plus vulnérables à l’exposition radioactive, étaient laissés comme les autres, sans information ni mesures de protection. Six mois après l’accident, les Japonais continuent de découvrir les détails de la catastrophe qui s’est produite et ses conséquences.

Depuis, les traces des retombées radioactives rejetées par la centrale sont retrouvées dans une zone très étendue. Les localités que cette zone recouvre, même celles qui sont géographiquement éloignées du site accidenté y compris le Département de Tokyo, continuent d’exposer les habitants à une irradiation externe de niveau considérable. Cependant, la carte publiée par le Ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et des Technologies (MEXT) sur le niveau de contamination du sol par les retombées radioactives reste peu détaillée pour identifier la situation exacte de chaque localité, et ne concerne que les environs de la centrale endommagée. Pour compenser ce manque d’information, chaque municipalité publie tous les jours le résultat de ses propres mesures de la radioactivité du sol (souvent un site par municipalité) afin de « calmer l’inquiétude des habitants ». Néanmoins, ces données restent encore insuffisantes par rapport au besoin urgent de la population d’identifier et d’éviter dans la vie quotidienne les endroits contaminés. Aujourd’hui, le peuple japonais en général – quelle que soit son degré d’exposition aux irradiations et sa position géographique à l’égard de la centrale accidentée – ne connaît que mal le niveau de radioactivité des espaces environnants (résidence, champs, bureau, cours d’école, parc, etc.) à l’exception de quelques écoles primaires de Fukushima et des autres localités connues pour leur haut niveau de radioactivité, et dans les cas où des individus se sont procuré un compteur Geiger.

La consommation de nourriture contaminée constitue 80% de l’irradiation potentielle après l’accident nucléaire.
Cependant, la quantité des échantillons prélevés est limitée et ne traduit pas la situation exacte de la contamination des produits alimentaires consommés dans les foyers. Au début du mois de septembre, les journaux ont publié presque chaque jour la découverte d’aliments contaminés, notamment le bœuf, déjà vendus et servis dans des supermarchés, des restaurants et des cantines scolaires.

La phrase de réassurance employée par les autorités depuis le 11 mars – « Ce niveau de radioactivité n’affecte pas immédiatement la santé » – a considérablement perdu de son autorité sur la population. Pourtant, les mots de Grandazzi, prononcés lors du vingtième anniversaire de l’accident de Tchernobyl, nous rappellent que nous sommes en train de revivre une histoire que d’autres ont déjà connue ailleurs :

« En effet, les conclusions présentées (dans le rapport du Forum Tchernobyl en 2005) se veulent particulièrement « rassurantes » et sont le fruit d’une logique qui vise à minimiser, non pas les conséquences réelles de la catastrophe, mais l’image de ces conséquences aux yeux de l’opinion publique et des victimes elles-mêmes. Il semble qu’on ait bien là affaire, ainsi que l’avait déjà relevé Yves Lenoir dix ans après l’accident, à « l’optimisation d’une tragédie », c’est-à-dire à la mise en œuvre d’une stratégie de banalisation des problèmes sanitaires attribuables à la radioactivité et des risques associés à la vie en territoire contaminé, dans laquelle l’information
joue un rôle essentiel. »

Les paroles d’inquiétude censurées

De manière générale, les Japonais expriment rarement en public leurs doutes ou mécontentements envers le gouvernement. Depuis le début de l’accident, ils n’expriment pas librement leur sentiment en public. Les autorités et le patronat ont développé un discours critique envers ceux qui exprimaient leur peur de la radioactivité, arguant qu’ils stigmatiseraient les localités affectées par l’accident, nuiraient à leur image et celle de leurs produits agricoles. Ainsi, il fut soudainement interdit de s’inquiéter du niveau de radioactivité dans le quartier ou de parler des aliments contaminés en public. Dans ce paysage inquiet mais silencieux, c’est la découverte au mois de juillet de bœuf contaminé circulant dans tout le pays qui a drastiquement changé la perception et l’attitude de la population japonaise comme celle des consommateurs. La contamination des denrées alimentaires est brusquement devenue une réalité visible qui menace la vie quotidienne, et la population commence à exprimer de plus en plus publiquement ses doutes sur la sûreté du nucléaire et sa colère sur la situation.


Pourquoi écouter les enfants ? L’objectif et la méthode

Les enfants sont probablement les plus affectés par l’accident nucléaire de Fukushima et ses conséquences. D’abord, ils sont plus de trois fois plus vulnérables à la radioactivité que les adultes. Pourtant, les mesures pour les protéger n’étaient pas suffisamment mises en place au moment de l’accident ni quelques temps après. Tchernobyl est une preuve de l’impact sanitaire et social de ces circonstances sur les jeunes victimes. Ensuite, ce n’est pas seulement leur santé, mais leur vie entière qui est affectée : ils font l’expérience de la destruction de la vie quotidienne, de la perte et la séparation des membres de la famille et de la communauté, et de nombreuses autres conséquences sociales et affectives. 


Enfin, et cela est l’objet de cet article, si le débat actuel au Japon sur l’évacuation des zones hautement contaminées se focalise sur l’impact de la radioactivité sur la santé et la vie des enfants, leurs voix sont cependant presque inexistantes dans la discussion.

Aujourd’hui, la situation de l’accident continue d’évoluer. En prenant en compte ce paramètre, nous avons recueilli des paroles d’enfants affectés par la crise nucléaire afin de cerner la perception qu’ils en ont et d’en comprendre leur vécu, au moins partiellement. Pour cela nous avons étudié des témoignages écrits, publiés entre les mois de mai et septembre 2011, dans la rubrique des lecteurs d’un journal et d’un magazine et sur un site web géré par un réseau d’ONG pour enfants. Mon intention est donc ici d’initier une analyse anthropologique de cette catastrophe à partir des témoignages d’enfants, et de poser les termes et les perspectives d’une recherche future qui serait alors plus
compréhensive et analyserait l’impact social de ce désastre dans sa globalité.

Les paroles des enfants confrontés à la crise

Qu’est-ce que les enfants font d’une catastrophe? Écoutons ceux qui sont confrontés à l’ensemble de ses conséquences, dont bien évidemment la contamination invisible de la radioactivité ; et qui, pour la plupart, ont connu le séisme et le tsunami de mars 2011.

Le monde qui continue de trembler

Au mois de juin, trois mois après l’accident nucléaire, une fillette en troisième année scolaire (huit ou neuf ans) qui vient de Tokyo a posté un message sur le site web du réseau pour les enfants sinistrés :

« Depuis le séisme, je ressens (toujours) des secousses secondaires, même quand la terre ne tremble pas. Je m’inquiète et je ne peux plus manger comme avant. (…) Quand j’ai entendu que je pouvais être irradiée, je me suis demandée si je serais paralysée (à cause d’une maladie déclenchée par la radioactivité) et perdrais mes cheveux comme Gen d’Hiroshima, ou si j’allais mourir. Puis, j’avais peur. J’ai cru que je ne voulais pas mourir alors que j’avais seulement huit ans.»

L’inquiétude domine le coeur de cette fillette. Le passé, le présent et le futur sont vécus concomitamment. L’expérience du séisme dans le passé est représentée par « les secousses secondaires », qui continuent de faire trembler son monde, et lui rappelant chaque fois le jour du désastre ou simplement le commencement du malheur. Ainsi, le passé est vécu comme le présent – parce que sa peur et sa perte d’appétit sont bien réelles. Puis, le cauchemar sur les conséquences de l’irradiation est aussi vécu au présent, mais oriente sa pensée vers le futur.

Au mois de juin, les adultes ont continué de découvrir l’impact considérable des retombées radioactives autour de la capitale - zone de résidence de cette fille. Un haut niveau de radioactivité a été détecté dans certains quartiers de Tokyo et ses environs, et les parents ont continué de négocier avec les autorités qui hésitaient à mettre en oeuvre les mesures de décontamination des écoles et d’autres lieux publics. À Fukushima, le seuil maximum d’irradiation pour les enfants fixé par l’État restait à 20 mSv, malgré la mobilisation étendue dans le pays afin de le faire baisser. Le 11 juin, trois mois après leur demande, les parents ont conclu qu’ils ne pouvaient plus attendre de réponse du gouvernement quant à l’évacuation des enfants dans un lieu plus sûr à la charge de l’État21. Un exode des enfants et des parents s’en est suivi, dans des départements parfois très éloignés de chez eux et sans aucune connaissance des lieux d’accueil. Au mois de septembre, environ 55 000 habitants sur les 2 millions que comptait Fukushima avaient déserté le département.