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jeudi 31 mai 2012

Japon, 31 mai 2012

J'ai un petit moment pour faire le suivi du Japon. Et je vais beaucoup mieux, l'angoisse m'a quittée. Articles d'hier et d'aujourd'hui d'Ultraman.


Goshi Hosono avoue à un professeur de Harvard : ''Nous aurions dû reconnaître la possibilité d'une fusion du cœur''

Goshi Hosono, en tant que ministre responsable de l'accident nucléaire, a eu une entrevue avec le professeur de politique de Harvard, Michael J. Sandel, à qui il a déclaré que son gouvernement aurait dû reconnaître plus tôt qu'il y avait la possibilité d'une fusion du cœur (meltdown).
Bon, en réalité le gouvernement l'a fait, très tôt, environ quelques jours après la catastrophe du 11 mars 2011. Mais l'administration Kan a vite remplacé le responsable de la NISA qui avait parlé d'une possible fusion du cœur lors d'une conférence de presse en milieu de journée le 12 mars. Ils l'ont donc officiellement reconnu, comme par erreur, dans la confusion initiale. Ensuite ils ont été occupés à revenir sur cette déclaration pendant plusieurs semaines. Même pour ceux qui ont entendu et lu cette déclaration, je ne pense pas que cela les ait marqués car les gens n'étaient pas à l'époque au fait des choses du nucléaire comme ils le sont aujourd'hui.

Le gouvernement, avec M. Edano en tant que porte-paroles, n'a d'ailleurs dit au public qu'il y avait eu une explosion au réacteur 1 le 12 mars que 5 heures plus tard.
Quand Goshi Hosono comme assistant personnel du premier ministre d'alors, Kan, est apparu dans un programme TV en avril 2011 et a déclaré ''Nous savions que c'était une fusion mais nous ne nous sentions pas de le dire aux gens'', il n'y a eu quasiment aucune réaction des médias ou du public.

Et aujourd'hui voici ce que Hosono a dit au professeur de Harvard, via Kyodo News (29 mai 2012) :
Entrevue de M. Hosono avec le professeur américain Sandel : ''Nous aurions dû reconnaître la fusion du cœur''
Goshi Hosono, ministre chargé de l'accident nucléaire, a rencontré le 29 mai le Pr Michael Sandel de l'université de Harvard, connu pour ses conférences animées sur la philosophie politique, dans son bureau. À propos de la réponse du gouvernement juste après le début de l'accident à la centrale nucléaire de Fukushima, Hosono a dit, ''Si nous avions franchement reconnu la possibilité d'une fusion du cœur, la confiance des gens en la déclaration du gouvernement aurait pu être différente de ce qu'elle est maintenant. Je pense qu'il y a eu un problème.''

Concernant la divulgation de l'information, Hosono a dit ''Dans l'ensemble, les citoyens japonais sont très calmes et capables de discuter de sujets variés''. Il a continué en soulignant que ''Avec des citoyens comme ça, la divulgation de l'information et la communication devraient être changées''.
''Nous aurions dû admettre la fusion du cœur'', dit Hosono aujourd'hui. Dans quelques années, il pourrait dire ''Nous n'aurions jamais dû faire de dispersion des débris sur une grande échelle'', dit quelqu'un qui me suit sur Twitter après avoir lu Kyodo News.


4 thermocouples supplémentaires du réacteur 2 auraient des problèmes

Il semblerait que 4 autres thermocouples dans l'enceinte de confinement du réacteur 2 soient en panne. L'emplacement de ces thermocouples figure sur ce document TEPCO du 25 avril 2012 (je mets un rectangle rouge autour du thermocouple défectueux) :


Un article pour la presse de TEPCO, du 29 mai fait la liste des ''thermomètres qui ont indiqué une large fluctuation''. Leurs températures ont fluctué de manière significative (augmentation ou diminution importantes) depuis le 28 mai.


Mais ne vous faites pas de souci. TEPCO a un plan pour envoyer des ouvriers humains dans le bâtiment du réacteur 2 pour installer à nouveau des thermocouples neufs. Le travail d'installation démarrerait à un moment d'août, après la décontamination à la mi-juillet du 1er niveau du bâtiment du réacteur 2. Un essai de décontamination a déjà été effectué par les ouvriers pour comparaison de différentes méthodes et ils viennent de déclarer la décontamination réelle de l'environnement où le taux de radiations le plus élevé est de 4400 millisieverts/h (près de l'endroit où TEPCO veut insérer un nouveau thermocouple).

Je ne sais pas pourquoi il n'y a pas de robot pour faire un tel travail.

À la différence du réacteur 4, ou des ouvriers humains entrent et sortent dans des taux de radiations mesurés en microsievert/h, les réacteurs 1, 2 et 3 ont des niveaux beaucoup plus élevés qui sont mesurés en millisieverts ou même en sieverts/h. Les étages supérieurs des réacteurs 1 à 3 sont trop radioactifs pour des humains et même le robot Quince a été abandonné à son sort au 3ème niveau du réacteur 2 en raison des fortes radiations qui ont empêché la mission de sauvetage.

Japon radioactif : un moine bouddhiste et auteur à Fukushima dit ''les enfants résistent aux radiations bien mieux que les adultes''

Un article de Sokyu Genyu, un moine bouddhiste zen et auteur publié qui vit à Miharu-machi dans la préfecture de Fukushima, est paru sur un journal du dimanche du Fukushima Minpo.

Genyu dit que les enfants sont capables de résister au césium radioactif bien mieux que les adultes et que la pensée traditionnelle que les enfants sont plus affectés par les radiations s'est révélée fausse par de nombreux exemples dans la préfecture de Fukushima.
Traduction rapide (non littérale) :
Prière pour le Jour des Enfants
Par Sokyu Genyu
Je sens qu'actuellement nous ne pouvons parler franchement des radiations à Fukushima. Chacun a déjà formé sa propre opinion basée sur un certain niveau de connaissance et n'écoutera pas une nouvelle information qui peut être contradictoire. C'est la même chose avec des médias comme les journaux et la TV. Ils ont disséminé des informations diverses et il est possible qu'ils ne puissent pas en parler au stade où on en est. Ils sont extrêmement timides pour bouleverser des connaissances largement répandues.


Quelle est cette connaissance largement répandue ? C'est l'idée que les enfants sont plus affectés par une exposition aux radiations que les adultes. Elle dérive d'une expérience où des cellules de rat ont été irradiées avec des doses massives de rayons gamma. Plus les cellules était immatures (indifférenciées) plus elles ont subi de dommages (loi de Bergonié-Tribondeau = radiologue et physicien français : loi déclarant que la radiosensibilité d'un tissu dépend du nombre de cellules indifférenciées du tissu, de leur activité mitotique et du temps pendant lequel elles prolifèrent activement, NdT). Ils ont donc conclu ''ce devrait être la même chose avec les adultes et les enfants ou avec une exposition à faible radiations.''
C'était une analogie trop grossière pour qu'on l'appelle scientifique. Mais il y a eu récemment des données empiriques diverses qui réfutent cette analogie.
Par exemple, le Dr Ryohei Taakahashi, médecin obstétricien-gynécologue à Minami Soma a écrit fin novembre 2011, après observation d'enfants nés après la catastrophe du 11 mars : ''Je sais que c'est considéré comme tabou, mais j'ai découvert que les enfants ont plus de résistance au césium que les adultes. Ils ont une capacité plusieurs fois supérieure aux adultes de réparer des chromosomes endommagés, d'excréter les matériaux radioactifs du corps dans les urines et en termes de demi-vie dans divers organes du corps.''
Le Dr Tsubokura de l'hôpital général de Minami Soma, qui a fait des mesures au compteur qui mesure le corps entier, dit que la demi-vie biologique du césium chez les adultes est de 100 à 120 jours, alors qu'elle n'est que d'environ un mois chez des enfants de 6 ans et de 10 jours chez ceux âgés d'un an.
D'abord, les enfants ont rarement des cancers. Ce devrait être assez facile de voir que les enfants ont des capacités bien plus élevées d'annuler les radicaux libres et des fonctions immunitaires plus fortes que les adultes. Pourtant certains disent que les enfants sont affectés par une exposition aux radiations par multiplication, en se basant sur le fait que les divisions cellulaires sont plus actives chez eux et sur la loi de Bergonié-Tribondeau.
Il est vrai que si cette connaissance largement répandue est infirmée, il y aura sûrement un grand remue-ménage.
Ceux qui ont évacué de Fukushima l'ont donc fait ''au nom de leurs enfants » » et ils ont enduré des épreuves. La base même de leur décision d'évacuer disparaîtrait. Les calculs d'indemnités sont basés sur l'hypothèse que les enfants sont plus affectés. Il faudrait beaucoup de temps pour refaire les calculs.
Mais ce qui est important aujourd'hui est de ne pas être obstiné et possédé par l'idée que les choses puissent s'aggraver pour les enfants. Nous devrions plutôt être surpris par les ressources des enfants et accepter de revoir la situation. Pour faire revivre la communauté, nous devons étudier cette question avec beaucoup d'intérêt.
Je n'arrête pas d'être perplexe en traduisant. Les lois de la nature sont peut-être vraiment différentes à Fukushima. J'ai vu un document préparé par quelqu'un de Koriyama qui prétend que sur 10 atomes de césium-137, 5 atomes se désintégreront en 30 ans ; sur 10 atomes de plutonium-239, 5 atomes se désintégreront en 24.000 ans, donc il n'y a pas besoin de s'inquiéter de notre vivant. Il est possible que je poste ce document plus tard, mais je trouve ahurissant que des gens soient persuadés de ce genre de discours, surtout dans un pays qui est censé avoir poussé sur les cendres de la seconde guerre mondiale en raison de sa puissance technologique (je pense que c'est un joli mythe exagéré...)

1 commentaire:

  1. Merci Hélios. Grosses bises. Pense très fort a toi.

    Léa.

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