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vendredi 25 mai 2012

Japon, 25 mai 2012

Tout d'abord, la toute dernière vidéo traduite par notre ami Kna, des images compilées depuis un an avec le leitmotiv central, évacuez les enfants de Fukushima et des zones à risque. Quelques passages ironiques concernant les "Tepcocrates". 26 minutes.
Je redonne le lien pour signer la pétition :
http://www.ipetitions.com/petition/evacuate_fukushima/


Evacuez Fukushima - N. Surgeon 08.2011 (1 à 3 Fr) par kna60

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L'art de désinformer, trouvé sur Romandie News hier soir :

Japon: les fuites de Fukushima 2,5 fois plus fortes qu'annoncé


Les fuites radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima juste après la catastrophe de mars 2011 ont été deux fois et demi supérieures aux estimations des autorités japonaises. Selon Tokyo Electric Power, 99% d'entre elles ont eu lieu durant les trois premières semaines.
Les radiations émises pendant cette période ont représenté un sixième de celles de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, a indiqué jeudi l'opérateur de la centrale dans un rapport.
Selon Tepco, la fusion probable de trois réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi a rejeté dans l'air quelque 900'000 terabecquerels de substances radioactives.

OMS rassurante
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié mercredi un rapport d'évaluation plus rassurant. Les doses radioactives reçues par la population japonaise après l'accident nucléaire de Fukushima l'an dernier sont restées en grande partie en dessous des normes internationales.
L'OMS souligne toutefois qu'elles ont été dépassées dans deux endroits au Japon et qu'en dehors de la préfecture de Fukushima, la contamination s'est produite avant tout à travers la nourriture.

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Signalée par Kna sur Enenews, une phrase prononcée par un journaliste allemand, Ralph Niemeyer, lors de la conférence de presse du club des correspondants étrangers au Japon, phrase qui pourrait devenir célèbre :


"Négocier avec l'industrie nucléaire est comme de débattre avec les cartels de la drogue sur l'introduction de la loi et de l'ordre"...
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Mise à jour formaldéhyde : c'était du hexaméthylènetétramine dans l'eau de la rivière

C'est ce qu'on dit les ministères du gouvernement (ministère de la santé et ministère de l'environnement).
Entre 0,6 et 4 tonnes de hexaméthylènetramine (formule chimique C6H12N4) ont été déversés le long de la rivière Tone et il a réagi avec le chlore utilisé pour les tests d'échantillonnage dans les usines de traitement de l'eau, donnant du formaldéhyde.

La supposition des gens sur internet était qu'une certaine substance avait été irradiée par des matériaux radioactifs dans l'eau (plutonium, césium, strontium étaient les candidats les plus populaires) et s'était transformée en formaldéhyde. Je pense que c'est toujours d'actualité parmi de nombreuses personnes parce que pour eux ''le gouvernement ment'' .

Un contrôle de la chambre des sondes internes du réacteur 3 montre des dégâts sur la porte et de hauts niveaux de radiations
Le robot Quince 2 et des confrères ouvriers humains ont fait un contrôle dans cette chambre des sondes internes (en anglais TIP = Traversing Incore Probe) du réacteur 3. À la différence de la chambre des TIP du réacteur 2 (résultat du contrôle annoncé le 22 mars 2012), les radiations dans le réacteur 3 étaient beaucoup plus élevées. La porte de la chambre du réacteur 3 a été soufflée, rendant impossible l'accès à la chambre par Quince 2.


Donc, au lieu de Quince 2, ce sont des ouvriers humains qui sont entrés pour mesurer le taux de radiations juste au-delà de la porte détruite. Aucune autre mesure n'a été faite à l'intérieur de la chambre, probablement en raison du taux trop élevé de radiations au-delà de la porte (45 millisieverts/h).
L'inspection visuelle au-delà de la porte par les ouvriers ne montre pourtant pas de dégâts notables à l'équipement de la chambre, selon le communiqué de presse de TEPCO.

TEPCO : 900.000 térabecquerels (équivalent iode) relâchés dans l'air par la centrale de Fukushima en mars 2011

TEPCO a réalisé des estimations des matériaux radioactifs relâchés par la centrale et ils sont plus élevés que les autres, 900.000 térabecquerels (équivalent iode-131) pour le mois de mars 2011.
Iode 131: 500,000 térabequerels
Césium 134: 10,000 térabecquerels
Césium 137: 10,000 térabequerels

Pour se conformer à l'INES, TEPCO a multiplié la quantité de césium 137 par 40 pour obtenir l'équivalent iode (10.000 x 40 = 400.000). TEPCO n'a pourtant pas utilisé le césium 134 ce qui fait que le chiffre total pourrait être comparé à ceux d'autres institutions.
L'équivalent iode du césium 134 peut être obtenu en multipliant par 3. Par rapport à l'ensemble, la quantité est négligeable, car elle n'augmenterait les 900.000 térabecquerels totaux que de 30.000 becquerels.

D'après le communiqué de presse en anglais de TEPCO (24 mai 2012) :

Quantité de matériaux radioactifs relâchés dans l'air et l'océan en raison de l'accident à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi dû au grand séisme du nord-est (mai 2012)
En raison du séisme qui est survenu le 11 mars 2011, les installations de TEPCO, incluant nos centrales nucléaires, ont été sévèrement endommagées. Nous nous excusons sincèrement pour l'anxiété et les désagréments causés.

En ce qui a trait à l'accident de Fukushima Daiichi au 17 avril 2011, nous avons rassemblé les données de la feuille de route en vue de la restauration et le 19 juillet, nous avons réalisé l'étape 1 ''La dose de radiations en déclin stable''. Puis le 16 décembre nous avons confirmé l'accomplissement de l'étape 2 ''La libération de matériaux radioactifs est sous contrôle et les doses de radiations ont été stabilisées de manière significative''. De plus, le 21 décembre 2011, nous avons élaboré la feuille de route à moyen et long terme vers un démantèlement des unités 1 à 4 de la centrale, pour lequel nous travaillons actuellement.

Parallèlement aux feuilles de route mentionnées ci-dessus, nous avons évalué la quantité de matériaux radioactifs libérés dans l'air et l'océan suite à l'accident. Le résultat de l'évaluation (en mai 2012) est fourni ci-dessous.

Concernant la quantité de matériaux radioactifs libérés dans l'air, l'évaluation a été faite entre le 12 et le 31 mars 2011. Les quantités estimées sont comme suit :

Gaz nobles: Approx. 5x10^17 Bq
Iode 131: Approx. 5x10^17 Bq
Césium 134: Approx. 1x10^16 Bq
Césium 137: Approx. 1x10^16 Bq

Les quantités de matériaux radioactifs libérés en avril et plus tard en 2011 ne sont pas pris en compte dans ce résultat car les quantités libérées étaient inférieures à 1 % de celles de mars 2011, ce qui est considéré comme insignifiant.
Pour la quantité de matériaux radioactifs libérés dans l'océan, l'évaluation a été faite entre le 26 mars et le 30 septembre 2011. Les quantités estimées sont comme suit :

Iode 131: Approx. 1.1x10^16 Bq
Césium 134: Approx. 3.5x10^15 Bq
Césium 137: Approx. 3.6x10^15 Bq

Comme les équipements pour mesurer directement la densité des matériaux radioactifs (comme le moniteur de la cheminée d'évacuation) étaient non disponibles en raison de l'accident, la quantité de matériaux radioactifs libérés dans l'air a été estimée en entrant les données de mesure (taux de dose de l'air, direction du vent et vitesse du vent) acquises par les véhicules de contrôle de la station et les valeurs observées par l'agence météo japonaise dans un programme qui calcule la quantité de matériaux radioactifs diffusés dans l'air, en supposant que le taux libéré des nucléides radioactifs reste constant. Le résultat d'évaluation a été ensuite comparé aux résultats des mesures de densité de contamination du sol fournis par le ministère de l'éducation et de la technologie et notre résultat d'évaluation a été validé.
Des données ultérieures sont toujours nécessaires malgré tout pour revoir la validité de notre résultat d'évaluation, du fait que les données ont été acquises seulement dans une zone limitée (le site de la centrale) et que l'évaluation a été faite en supposant que le taux de libération des nucléides radioactifs soit constant bien qu'il puisse en réalité varier pour chaque nucléide et en fonction de l'état des réacteurs (le taux a été estimé basé seulement sur une petite quantité de données pendant la période d'évaluation).

La quantité de matériaux radioactifs libérés dans l'océan a été estimée en se basant sur les données de contrôle de la densité de radioactivité des matériaux inclus dans l'eau de mer près des canaux d'évacuation d'eau nord/sud de la station. L'évaluation a été faite à l'institut central de recherche de l'industrie électrique en utilisant un programme qui calcule la diffusion de matériaux radioactifs dans l'océan.

Des données ultérieures sont aussi nécessaires pour réviser la validité de notre résultat, étant donné que l'évaluation a été faite en se basant sur une petite quantité de données réunies dans une zone limitée et que l'évaluation individuelle n'a pas été faite pour chaque facteur de libération (matériaux radioactifs directement libérés par la centrale, retombées de l'air, apport d'eau de pluie, etc.).

Nous poursuivrons nos meilleurs efforts de maintien de conditions stables de nos stations nucléaires et de mise en œuvre des mesures pour le démantèlement des unités 1 à 4.
Les pièces jointes et les informations de référence ne sont disponibles qu'en japonais pour l'instant. TEPCO dit qu'ils seront traduits. Pourtant le rapport lui-même n'est disponible qu'en japonais (il est probable que ce soient les ''instructions'' de la NISA, comme avant).


Je lis le rapport, qui fait une mention spécifique de la contamination dans le corridor nord-ouest de la centrale (Namie-machi, Iitate-mura) le 15 mars 2011. (cela fera un article séparé plus tard)
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De nouveau Romandie News : le Japon a bien l'intention de poursuivre le nucléaire, comme l'atteste l'info suivante :

Le Japon se dirige vers 15% d'électricité d'origine nucléaire en 2030


TOKYO - Le Japon, dont le gouvernement réfléchit à une nouvelle politique énergétique du fait de l'accident de Fukushima, se dirige vers une proportion de 15% d'électricité d'origine nucléaire en 2030, presque deux fois moins qu'avant, d'après le ministre de l'Environnement.

15% d'électricité d'origine nucléaire devrait être la base de la politique énergétique pour 2030, a déclaré vendredi aux journalistes Goshi Hosono, même si rien n'est encore officiellement décidé.

Une commission ad hoc du ministère de l'Industrie a présenté quatre options possibles, avec des taux respectifs d'électricité de source nucléaire de 0%, 15%, 20-25% et 35%.

15% est le ratio qui sera atteint quasi naturellement si sont redémarrés les réacteurs existants actuellement stoppés ayant prouvé leur sécurité, si l'on n'en construit pas de nouveaux et si l'on arrête l'exploitation au bout de 40 ans d'utilisation (ni avant, ni après).

De ce fait, selon M. Hosono, 15% est la proportion jugée la plus réaliste.

La décision de passer à zéro risquerait quant à elle de susciter maints débats virulents entre pro et antinucléaires tout en forçant à mettre les bouchées doubles ou triples sur d'autres modes de production.

Celle de 20-25% s'assimilerait à la nécessité de remplacer les réacteurs arrivant en fin de parcours ou de prolonger leur durée d'usage, et celle de 35% nécessiterait en outre la construction de nouvelles unités, ce qui apparaît difficile à faire admettre pour le moment à une partie de la population traumatisée.

Avant le drame de Fukushima, provoqué par le violent séisme et le gigantesque tsunami qui ont saccagé le nord-est de l'archipel le 11 mars 2011, la précédente politique énergétique prévoyait un taux de plus de 50% en 2030.

Selon la commission, une proportion nucléaire de 15% en 2030 supposerait, outre un redémarrage des réacteurs, un accroissement à 30% de la part issue des énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolienne, géothermique, etc.) ainsi qu'une baisse à 40% (contre plus de 60% en 2010) de celle provenant de centrales thermiques afin de réduire les rejets de gaz à effet de serre.

A en croire différents sondages, une large majorité de citoyens nippons, bien que n'exigeant pas l'abandon immédiat de l'énergie nucléaire, souhaitent une réduction substantielle à court terme par rapport au niveau antérieur à l'accident, et tendant vers une proportion nulle à terme.

Avant le désastre de Fukushima, 26% de l'électricité produite et consommée au Japon était d'origine nucléaire, le pays ayant alors 54 réacteurs, dont 37 étaient actifs lorsqu'est survenue la catastrophe atomique.

Depuis, à cause de l'accident lui-même et de sessions de maintenance indispensables et suivies de tests de résistance rendus obligatoires, tous les réacteurs ont progressivement été éteints et aucun remis en exploitation.

Actuellement, la part nucléaire de l'électricité est de facto égale à zéro et le nombre d'unités abaissé à 50 (les 4 réacteurs ravagés de Fukushima ayant été rayés des registres).

Mais le gouvernement, qui, à l'instar des compagnies d'électricités et de nombre d'entrepreneurs, dit redouter une pénurie de courant et les conséquences négatives qu'elle aurait sur la vie quotidienne et l'économie, plaide pour un redémarrage des réacteurs jugés sûrs. Il se heurte toutefois aux réticences d'élus locaux dont l'accord est nécessaire.

La décision finale du gouvernement sur la politique énergétique à conduire d'ici à 2030 est attendue dans le courant de l'été, comme l'a promis il y a plusieurs mois l'actuel Premier ministre, Yoshihiko Noda.


(©AFP / 25 mai 2012 06h52)


1 commentaire:

  1. Je me demande où je serai en 2030... et dans quel état. Oups, pardon, c'est très égocentrique ça!

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