Bistro Bar Blog

mardi 15 mai 2012

Japon, 15 mai 2012


Le président de TEPCO Matsumata : ingérence excessive du premier ministre Kan durant les premières heures critiques de l'accident

Le président Katsumata de TEPCO a comparu le 14 mai avant la commission d'enquête de la Diète sur l'accident de la centrale. Les commissaires n'ont pas semblé réussir à lui tirer une quelconque information utile.
Mais une chose qu'il a dite sur le premier ministre d'alors, Naoto Kan, a attiré mon attention parce que je n'étais pas au courant.
D'après le Jiji Tsushin (partiel ; 14 mai 2012) :

La commission d'investigation sur l'accident nucléaire de Fukushima a tenu une audition publique le 14 mai avec le président de TEPCO Katsumata comme témoin. Le président a mentionné que le premier ministre d'alors, Naoto Kan, avait donné des ordres directs à Masao Yoshida, le gestionnaire de la centrale, par téléphone cellulaire immédiatement après le début de l'accident. La critique de Katsumata portait sur le fait que ''le premier devoir d'un gestionnaire de centrale est de faire de son mieux pour restaurer une centrale. Ce ne fut pas une bonne chose que Yoshida ait pris du temps à traiter avec le premier ministre.''

Bon, nous pourrions dire aussi que cela aurait dû être le boulot du quartier général de TEPCO à Tokyo d'empêcher Yoshida d'avoir répondu aux appels du premier ministre qui prétendait en connaître un rayon sur l'énergie nucléaire par son diplôme technique, afin que le gestionnaire de la centrale puisse faire son travail à la centrale.
M. Katsumata, quoique vous pensiez de lui à la tête du ''vilain'' TEPCO, est extrêmement malin, ce qui était très évident l'année dernière lorsque j'ai visionné sa conférence de presse. Il aurait été assez intelligent et avisé d'obtenir des informations de lui, mais les commissaires de la Diète ont préféré faire des effets de galerie (les sessions sont ouvertes au public et diffusées en direct).
La commission va appeler le ministre de l'économie d'alors, Banri Kaieda, le 16 mai. Nous verrons si les commissaires font du meilleur travail avec Kaieda.
Le physicien US Michio Kaku : ''L'unité 2 que nous savons aujourd'hui complètement liquéfiée''
Cela provient d'un lien de Enenews.
Qu'est-ce que cela veut dire ?

Quelqu'un peut-il, s'il vous plaît, expliquer ce qu'il veut dire en disant que ''l'unité 2 que nous savons aujourd'hui complètement liquéfiée'' et ''Une liquéfaction à 100 % du cœur d'uranium'' ? Veut-il dire ''fusion du cœur'' ou quelque chose d'entièrement différent ?

À suivre...

13 commentaires:

  1. Il doit y avoir un problème de traduction !

    Pour Tchernobyl on parlait de plasma !

    De toute façon, il y a eu fusion !!!

    Alan

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. euhhhhhhhh!
      plutôt = magma

      Sorry

      Alan

      Supprimer
  2. Plus documenté
    Tchernobyl
    Étouffement du cœur du réacteur en fusion (26 avril - 14 mai)

    L'incendie éteint, les techniciens de la centrale prennent conscience de l'étendue des dégâts provoqués par la retombée du toit sur le réacteur, qui est désormais fissuré. Le graphite toujours en combustion, mélangé au magma de combustible qui continue de réagir, dégage un nuage de fumée saturée de particules radioactives.

    Il faut donc au plus vite maîtriser le feu de graphite et faire face à la présence de débris hautement radioactifs projetés aux environs par l'explosion. Ce n'est qu'ensuite que le réacteur pourra être isolé par un sarcophage.

    La première opération est réalisée grâce à un ballet d'hélicoptères militaires de transport mené par plus de mille pilotes. Il s'agit de larguer dans le trou béant 5 000 tonnes de sable, d'argile, de plomb, de bore, de borax et de dolomite, un mélange qui permettra de stopper la réaction nucléaire et d'étouffer l'incendie du graphite afin de limiter les rejets radioactifs. La mission est difficile, car elle consiste à larguer les sacs à une hauteur de 200 m dans un trou de 10 m de diamètre environ, et ceci le plus vite possible, car malgré l'altitude les personnes reçoivent 15 röntgens, soit 150 mSv, en 8 secondes, avec un débit dose de plus de 100 Sv/h. Une telle dose augmente significativement la probabilité de développer un cancer. Dans la seule journée du 30 avril, 30 tonnes de sable et d'argile sont ainsi déversées sur le réacteur.

    D'autre part, sur le toit et aux alentours immédiats de la centrale, une cinquantaine d'opérateurs sont chargés dans les premiers jours suivant la catastrophe de collecter les débris très radioactifs. Chaque opérateur ne dispose que de 90 secondes pour effectuer sa tâche. Il est exposé à cette occasion à des niveaux de radiations extrêmement élevés dont ne le protègent guère des équipements de protection dérisoires, principalement destinés à l’empêcher d’inhaler des poussières radioactives. Un grand nombre de ces travailleurs en première ligne ont développé par la suite des cancers et sont morts dans les années qui ont suivi. Ces travailleurs ont été surnommés les liquidateurs. Il a aussi été fait appel à des robots télécommandés français, suisses et allemands mais ceux-ci sont tous tombés en panne à cause des niveaux de radiation exceptionnellement élevés.

    Cependant, le réacteur est toujours actif et la dalle de béton qui le soutient menace de se fissurer. Plus grave, l'eau déversée par les pompiers pour éteindre l'incendie a noyé les sous-structures, menaçant ainsi l'intégrité et le pilotage des trois autres réacteurs de la centrale. Le professeur Vassili Nesterenko, éminent scientifique nucléaire russe, diagnostique que si le cœur en fusion atteint la nappe d'eau accumulée par l'intervention des pompiers, une explosion de vapeur est susceptible de se produire et de disséminer des éléments radioactifs à une très grande distance. En effet, la fusion du combustible et des structures métalliques a formé un corium sur le plancher situé sous le réacteur.
    Alan

    RépondreSupprimer
  3. Suite
    L'évacuation de la population est recommandée et une nouvelle équipe de pompiers envoyée pour évacuer cette eau en ouvrant les vannes de vidange de la piscine de suppression située sous le plancher de la cavité du réacteur. Ceux-ci travailleront toujours sans protection et y laisseront leur vie.

    Sous le cœur du réacteur en fusion, la dalle de béton menace de fondre. Au cours de la seconde quinzaine de mai, environ 400 mineurs des mines des environs de Moscou et du bassin houiller du Donbass sont appelé pour creuser un tunnel de 167 mètres de long menant sous le réacteur18 afin d'y construire une salle. Un serpentin de refroidissement à l'azote doit y être installé pour refroidir la dalle de béton du réacteur. Les mineurs se relaient 24 heures sur 24 dans des conditions très difficiles dues à la température élevée et au niveau très important de radiation, le débit de dose à la sortie du tunnel est d’environ 200 röntgens par heure. La radioactivité dans le tunnel lui-même est élevée quoique non fatale à court terme, mais la chaleur rend le travail difficile)6. Le circuit de refroidissement ne fut jamais installé et finalement remplacé par du béton pour ralentir et arrêter la descente du cœur fondu.

    Grâce à ces travaux, le niveau de radiation baissera momentanément avant de s'élever à nouveau. Ce n'est que le 6 mai que la radiation absorbée en huit secondes chute enfin à 1,5 röntgen par heure. Après cette date, ce sont encore 80 tonnes de mélanges qui seront déversées. Valeri Legassov, un haut fonctionnaire soviétique chargé des questions nucléaires, se suicide en voyant la manière dont l'accident a été géré par les autorités, et publie à titre posthume un article dans la Pravda19,20.
    Écroulement final du cœur

    Le 6 mai, l'émission du réacteur tombe en moins de vingt minutes à 1/50 de sa valeur précédente, puis à quelques curies par jour. L'explication n'en sera connue qu'en 1988, suite aux forages horizontaux faits à cette date à travers le bloc 4 par l'Institut Kourtchatov : le fond du réacteur avait cédé d’un coup, et le cœur fondu en lave liquide s’était écoulé puis définitivement solidifié 20 m plus bas dans les infrastructures, dans la piscine de suppression de pression qui avait heureusement été vidée21.

    Selon Vassili Nesterenko, « la sédimentation du plutonium fondu sous le réacteur peut provoquer une explosion nucléaire des dizaines d’années après l’accident »22. Par ailleurs, il affirme que les collaborateurs de l’Institut de l’énergie atomique de l’Académie des sciences de Biélorussie ont calculé qu'une explosion atomique d’une puissance de 3 à 5 mégatonnes, une puissance 50 à 80 fois supérieure à celle de l’explosion d’Hiroshima, pouvait se produire les 8 ou 9 mai 1986. Une telle explosion pouvait provoquer des radiolésions massives pour les habitants dans un espace de 300-320 km de rayon, englobant Minsk, et toute l’Europe pouvait se trouver victime d’une contamination radioactive rendant la vie normale impossible23.
    Alan

    RépondreSupprimer
  4. ''Une liquéfaction à 100 % du cœur d'uranium'"

    A mon sens, c'est une façon de dire que la totalité du coeur a "fondu" (est entrée en fusion). De l'état solide (pastilles d'oxyde d'uranium sous forme de poudre dans des gaines en alliage zirconium, se transformant progressivement pour partie en produits résultant de la réaction nucléaire de fission), il est devenu - sous l'intense chaleur émise non refoidie - provisoirement pâte qui s'écoule.

    A l'heure actuelle, compte tenu de l'eau déversée continuellement, il est normalement magma de "combustible" et d'éléments agrégés solidifié hors cuve.

    Delphin

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait d'accord avec toi !!!

      Ce qui est sûr, ce n'est plus du solide ! ! !
      Alan

      Supprimer
  5. Michio Kaku parle en américain dans le lien d'Enenews que cite Ultraman dans cette vidéo :

    http://enenews.com/physicist-unit-2-completely-liquified-100-liquification-of-uranium-core-weve-never-seen-this-before-in-the-history-of-nuclear-power-video

    Il emploie bien les mots anglais de "liquefied" et "liquifaction".

    Voici exactement ce qu'il dit :

    Professor Shocked: "The core completely liquified -- There's nothing left -- There's no hook -- There's no remaining collapsed core" (VIDEO)

    Et encore :
    Unit 2 we now know completely liquified. We’ve never seen this before in the history of nuclear power. A 100% liquification of a uranium core.

    RépondreSupprimer
  6. "Unit 2 we now know completely liquified. We’ve never seen this before in the history of nuclear power. A 100% liquification of a uranium core."

    Ma traduction : "Nous savons maintenant que l'unité 2 est entièrement entrée en fusion. Nous n'avions jamais vu ça précédemment dans l'histoire de l'énergie nucléaire. 100 % d'un coeur d'uranium fondu."

    Il me semble que l'idée centrale est la singularité de la fusion TOTALE d'un coeur de réacteur. Tchernobyl n'a pas fondu entièrement car le coeur n'était pas un assemblage compact enfermé dans une cuve pleine d'eau sous pression, mais des "tubes de force" (près de 2000) au sein d'un empilement de 1700 tonnes de graphite, chaque long tube enfermant quelques aiguilles gaines de combustible dans de l'eau circulant. 2000 micro cuves en quelque sorte.

    Delphin

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, mais Kaku parlait de Fukushima et non de Tchernobyl, si je ne m'abuse...

      Supprimer
    2. Je crois que je me suis mal exprimé :

      "Unit 2 we now know completely liquified. We’ve never seen this before in the history of nuclear power. A 100% liquification of a uranium core."

      Ma traduction : "Nous savons maintenant que l'unité 2 est entièrement entrée en fusion. Nous n'avions jamais vu ça précédemment dans l'histoire de l'énergie nucléaire. 100 % d'un coeur d'uranium fondu."

      Il me semble que l'idée centrale est la singularité de la fusion TOTALE d'un coeur de réacteur (Fukushima 2).

      C EST DIFFERENT POUR TCHERNOBYL, qui n'a pas fondu entièrement car le coeur... etc".

      ---------------------------------------------------------------------
      J'ai ensuite continué sur Tchernobyl parce qu'il me semble intéressant d'avoir connaissance de la différence entre un réacteur soviétique type Tchernobyl (pas de cuve à proprement parler) et Fukushima et nos réacteurs, une cuve, avec un coeur nucléaire compact.

      Contrairement à ce qui est souvent dit par nos "experts" pour rassurer sur nos centrales, si Tchernobyl n'avait pas d'enceinte de confinement comme les nôtres, c'est que sa conception ne la rendait pas vraiment nécessaire (excursion nucléaire estimée, par les soviétiques et le gotha mondial, impossible.

      Delphin

      Supprimer
    3. OK, Delphin, merci de tes explications.

      Supprimer
  7. Sujet : Pourquoi il n'y avait pas d'enceinte de confinement à Tchernobyl ? UNE CONFUSION TENACE.
    ---------------------------
    D'après Pharabod et Schapira (Les jeux de l'atome et du hasard, Calmann Lévy), c'est que la conception particulière de cette centrale -pas de cuve enfermant un coeur d'uranium compact- rendait, à priori, toute excursion (explosion) nucléaire et toute fusion (fonte) "impossible" (sécurité intrinsèque).
    ---------------------------
    Explication : Le coeur de Tchernobyl était un empilement de 1700 tonnes de graphite traversé par près de 2000 tubes de force verticaux de près de 10 cm de diamètre et de 12 m de hauteur.

    A l'intérieur de chacun de ces tubes se trouvaient 18 minces crayons d'uranium baignant dans l'eau transférant leur chaleur produite
    C'est cette extrême fragmentation du dispositif -2000 MICRO CUVES EN SOMME- où toute amorce de Pb. sur un des tubes de force (une "micro cuve") se gère facilement, puisqu'elle ne représente qu'1/2000è du coeur total et que toute généralisation est, à priori encore, "impossible", puisqu'on isole la défectuosité du reste, qui persuadait les experts de l'infaillibilité du système.

    RépondreSupprimer
  8. (suite)
    Tout le gotha mondial du nucléaire louait ces réacteurs type RBMK. 30 ans de fonctionnement sans histoire !

    C'est pourquoi, Boris Semenov, expert soviétique de sûreté et Directeur adjoint (= expertise soviétique reconnue) de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique pouvait écrire :
    "Le fait qu'il existe plus de mille circuits primaires individuels augmente la sûreté du réacteur ; un accident grave par perte de réfrigérant est pratiquement impossible" (Bulletin de l'AIEA 1983).

    Ce RBMK avait bien une faiblesse, due à la modération des neutrons par le graphite (personne n'est parfait...), mais il suffisait de ne JAMAIS le faire fonctionner à bas régime (instabilité structurelle).
    Le 25 avril 1986, menacés (appel de puissance bientôt demandé par Moscou) de devoir reprendre à zéro des mois de difficiles expériences d'amélioration de sûreté, les opérateurs fatigués, pour finir coûte que coûte, s'affranchissaient de l'interdit de la basse puissance et DEBRANCHAIENT le système de sécurité automatique de chute des barres de sûreté chargé de stopper net tout début d'explosion nucléaire du combustible (excursion).

    Delphin, à partir de l'extraordinaire livre de 2 grands spécialistes du nucléaire "les jeux de l'atome et du hasard"

    RépondreSupprimer

Les commentaires sont validés après acceptation. Tout commentaire qui se veut une publicité cachée est refusé.