Bistro Bar Blog

vendredi 16 décembre 2011

Japon, 16 décembre


EX-SKF
L’ACRO constate la présence de césium radioactif dans la poussière d’aspirateur

Je vous mets le lien vers le rapport de l’ACRO en français, je ne vais quand même pas le traduire de l’anglais...(il s'intitule "communiqué de presse")

Le gouvernement japonais va abolir la zone d’évacuation pour Fukushima II à la fin de l’année

La zone à l’intérieur du rayon de 8 km depuis Fukushima II (Daini) avait été déclarée zone “ d’évacuation ” à la suite du 11 mars et les habitants avaient été évacués. Le gouvernement japonais a décidé d’abolir cette zone à la fin de l’année, ouvrant la route du retour pour les habitants de Okuma-machi, Nahara-machi, Tomioka-machi et Hirono-machi.

Le gouvernement japonais décide que 20 millisieverts d’exposition annuelle pose peu de risque de cancer pour le public

Alors que la nation tout entière et le monde entier attendent en retenant leur respiration la déclaration par le gouvernement national de l’arrêt à froid de la centrale de Fuku I (pour être exact, comme l’a rapporté correctement le New York Times le 14 décembre, “ ’un état d’arrêt à froid ”) tard dans la soirée du 16 décembre (heure du Japon), le groupe de travail des experts en radioactivité du gouvernement a déclaré que :

- Une exposition annuelle à la radioactivité de plus de 100 millisieverts est connue pour augmenter les risques de développer un cancer, mais on ne connaît rien sur une exposition annuelle de moins de 100 millisieverts ;
- Une exposition annuelle cumulée (externe uniquement, semble-t-il) de 20 millisieverts pour le public ne pose quasiment aucun danger de développer un cancer ;
- Il n’y a pas de différence entre une exposition interne et externe ;
- Une exposition à de faibles doses sur une longue période est moins risquée qu’une exposition épisodique à une plus forte dose ;
- La relation entre une exposition interne à faible dose et le cancer de la vessie ne peut être prouvée.
Les points ci-dessus proviennent d’un article du Mainichi Shinbun, le seul journal qui a eu une réflexion critique sur ce problème. Tous les autres journaux à grand tirage et le NHK ont simplement répété comme des perroquets ce qui a été dit par les experts et les officiels du gouvernement.
En parlant d’officiels du gouvernement, l’Asahi Shinbun rapporte le 15 décembre que le ministre en charge de l’accident nucléaire et ministre de l’environnement, Goshi Hosono, a expliqué la pensée du gouvernement à la conférence de presse en disant :

“ Donc, 20 millisieverts par an de radioactivité signifie que les gens peuvent y vivre ”.

Ce groupe de travail de soi-disant experts s’est réuni pendant environ 1 mois pour discuter des risques d’exposition à de faibles doses d’exposition (c’est à dire moins de 20 millisieverts par an) et prendre une décision. Maintenant que cette décision a été prise et soumise au gouvernement, ce dernier accepte comme prévu l’opinion d’experts indépendants, déclare que 20 millisieverts de radioactivité est un indicateur acceptable et planifie en conséquence.
Quel est le plan vous demandez-vous ?
Le gouvernement a prévu de réunir le cabinet dans la soirée et de déclarer un “ état d’arrêt à froid ” et il déclarera bientôt que certaines municipalités à l’intérieur du rayon des 20 km déclarées jusque-là zones “ interdites ” redeviendront zones “ sans risque ” pour le retour des habitants.
Dans ce pays, si le gouvernement déclare “ un plus un égal quatre ”, ou “ demain le soleil se lèvera à l’ouest ”, on s’attend à ce que les gens disent “ bien sûr ”, et les calculettes commenceront à indiquer que un plus un égal quatre et que le soleil va se lever à l’ouest. Ou du moins elles essaieront. Le pays des miracles.
20 millisieverts d’exposition annuelle pour le public. Il n’est nullement fait mention d’une norme différente pour les enfants, sauf pour “ l’effort ” que le gouvernement est supposé exercer pour abaisser la radioactivité pour les enfants.

Le Japon devient fou : la NISA déclare qu’il n’y a aucune eau contaminée venant de Fuku I, ni dans le passé, ni maintenant, ni dans l’avenir
Au point où on en est, je ne peux que rigoler. Totalement prévisible.

Alors que le gouvernement avec le premier ministre Noda (qui ressemble au personnage populaire de manga Patalliro, sauf que Pata est extrêmement élégant, photos ci-dessus) se prépare à déclarer un “ état ” d’arrêt à froid (c’est fait, voir l’article de Romandie News plus loin), et est sur le point de devenir la risée du monde, la NISA (agence de sécurité nucléaire) s’affaire à réécrire la définition du mot “ fuite ”. Le Tokyo Shinbun rapporte que la NISA a décidé de rendre nulles les fuites d’eau contaminée passées venant de Fuku I et déclare qu’il n’y aura pas de fuite dans l’avenir non plus, même s’il y a réellement une fuite ou une décharge délibérée. Pourquoi ? Parce que la NISA le dit.
Du Tokyo Shinbun (via Asyura, de manière à ce que le lien ne disparaisse pas ; 16 décembre) :

La NISA considère la quantité d’eau contaminée dans l’océan égale à zéro
Il y a eu plusieurs fuites d’eau contaminée par des matériaux radioactifs à la centrale de Fukushima. Le Tokyo Shinbun a découvert en faisant sa propre enquête que la NISA sous la tutelle du ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie a considéré la somme des fuites égale à “ zéro ” d’un point de vue légal, parce que c’était un “ état d’urgence ”. L’Agence a dit qu’elle considérera les fuites futures et les décharges délibérées dans l’océan de la même manière. Le gouvernement national a prévu de déclarer un “ état d’arrêt à froid ” le 16 décembre, mais nous nous méfions de la position du gouvernement qui semble ignorer le fait d’avoir supprimé les matériaux radioactifs libérés par la centrale, ce qui est l’une des plus importantes conditions [de l’état d’arrêt à froid].
La loi sur la régulation des réacteurs nucléaires spécifie que l’opérateur doit fixer pour chaque centrale nucléaire la quantité maximum de matériaux radioactifs libérés dans l’océan (contrôle d’émission totale). Dans le cas de Fuku I, le maximum autorisé est de 220 milliards de becquerels par an pour le césium radioactif. La quantité est remise à zéro au début de chaque année fiscale.
Une fuite d’eau fortement contaminée a pourtant été découverte le 2 avril près de la prise d’eau du réacteur 2 et TEPCO a fait une décharge d’eau faiblement contaminée qui a été stockée dans un réservoir à l’intérieur des bâtiments de la centrale pour faire de la place afin de stocker l’eau fortement contaminée.
Cette fuite et la décharge seules ont libéré des matériaux radioactifs en dehors de la centrale pour un montant de 4700 térabecquerels (selon l’estimation de TEPCO), déjà plus de 20.000 fois le maximum autorisé.
Les instituts aussi bien japonais qu’étrangers ont contesté l’estimation de TEPCO comme étant “ trop faible ”.
Le 4 décembre, on a découvert de l’eau contenant 26 milliards de becquerels de strontium radioactif qui fuyait dans l’océan par l’installation qui évapore et condense l’eau traitée.
De plus, les réservoirs de stockage qui sont installés à l’intérieur de l’enceinte doivent être remplis d’ici la moitié de l’année prochaine. L’eau de ces réservoirs contient aussi du strontium radioactif. TEPCO envisage de décharger l’eau dans l’océan après l’avoir décontaminée, mais face aux protestations des associations de pêche la compagnie a dit qu’elle reportera pour l’instant la décharge.

En réponse aux questions du Tokyo Shinbun, la NISA a souligné que répondre à l’accident venait en premier, et que la centrale était dans un état d’urgence par lequel il n’était pas possible d’arrêter la fuite, en raison des dégâts subis par la centrale, et que c’était la raison pour laquelle on n’appliquait pas la règle d’un “ contrôle d’émission totale ” et qu’on considérait qu’une fuite de 4700 térabecquerels était égale à zéro.

Le traitement spécial sous “ état d’urgence ” durera jusqu’à ce que l’accident s’amenuise, selon l’Agence ; mais la durée du traitement spéciale est restée vague, car elle dit que “ ce sera décidé dans de futures discussions ”.
L’Agence a dit que même si de l’eau traitée contenant des matériaux radioactifs est relâchée dans l’océan, elle continuera à la considérer comme un relâchement de zéro.

Bien, pourquoi la NISA serait-elle arrêtée par une fuite d’eau ? Ils devraient déclarer aussi qu’il n’y a eu aucune émission de matériaux radioactifs dans l’air, parce que la centrale était en état d’urgence et pas capable d’empêcher l’émission.
Le gouvernement national qui déclare un “ état ” d’arrêt à froid sur des réacteurs en miette sans même savoir où est parti le corium ; des experts du gouvernement qui déclarent que 20 millisieverts de radioactivité est totalement OK après avoir délibéré un mois ; l’agence du gouvernement qui déclare qu’il y avait, qu’il n’y a aucune fuite d’eau contaminée ou de décharge par la centrale même s’il y en a eu, qu’il y en a toujours, et qu’il y en aura.
Ils sont devenus fous.
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Romandie News

Fukushima: l'arrêt à froid est confirmé mais la bataille continue


TOKYO - Le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a confirmé vendredi l'état d'arrêt à froid des réacteurs accidentés de la centrale nucléaire de Fukushima, mais a prévenu que la bataille pour mettre fin aux conséquences de l'accident était loin d'être terminée.

Nous avons confirmé techniquement que l'eau de refroidissement circule de façon régulière et que les températures au fond de la cuve des réacteurs et à l'intérieur des enceintes de confinement sont maintenues sous les 100 degrés, a expliqué le Premier ministre lors d'une conférence de presse.

En conséquence, le niveau de radiations peut être contenu à un niveau suffisamment bas à l'extérieur des installations de la centrale, même en cas de nouvel accident, a-t-il précisé, ce qui lui a permis de décréter l'état d'arrêt à froid.

Mais la bataille n'est pas terminée, a averti le Premier ministre, quelque neuf mois après cet accident nucléaire majeur provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars dans le nord-est du Japon.

Il a souligné que de nombreuses étapes restaient à franchir, en présentant un plan pour la décontamination, une amplification du contrôle sanitaire des personnes et de nouveaux moyens de mesures de la radioactivité en temps réel, ainsi qu'un plus sévère contrôle des aliments.

Nous envisageons de proposer un plan de réaménagement de la zone interdite de 20 km de rayon autour du site, a répété par ailleurs M. Noda, en tenant compte de la radioactivité ambiante.

A plus long terme, il a promis que les autorités allaient agir de toutes leurs forces jusqu'au démantèlement des réacteurs accidentés, une tâche complexe qui pourrait prendre entre 30 et 40 ans.

Cet accident nucléaire, le plus grave depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, a entraîné l'évacuation de plus de 80.000 personnes des environs de la centrale Fukushima Daiichi, située à 220 km au nord-est de Tokyo.

(©AFP / 16 décembre 2011 10h42)
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EX-SKF

Un homme s’est suicidé chez lui à Namie-machi, Fukushima

Il habitait le quartier de Tsushima de Namie-machi, au nord-ouest de la centrale.

Si vous ne l’avez jamais lue, la série 1 du “ Piège de Prométhée ” de l’Asahi Shinbun parlait du quartier de Tsushima. C’est là que des gens d’autres endroits de Namie-machi plus proches de la centrale et d’autres villes se sont enfuis, ne sachant pas que la radioactivité était extrêmement élevée à Tsushima, au-delà de 100 microsieverts/h. Le gouvernement le savait, parce qu’il avait la simulation de SPEEDI et qu’il y avait envoyé un officiel pour mesurer les niveaux. Mais il a décidé de rester muet.
Le Fukushima Minyu rapporte (16 décembre) :
On a découvert qu’un homme dans la cinquantaine a été retrouvé mort ce mois-ci dans sa maison du quartier de Tsushima, qui est désigné comme “ zone d’évacuation planifiée ” depuis l’accident. L’homme était revenu de son séjour temporaire dans la ville de Fukushima où il avait été évacué. Selon le département de police de Futaba, il s’est suicidé.
Selon la police, il a dû se servir d’un couteau de cuisine pour se poignarder l’estomac. Il n’ont trouvé aucune lettre du suicidé. L’homme résidait dans la maison d’amis à Fukushima, mais il en est parti en disant qu’il allait jeter un coup d’oeil à sa maison. Ne le voyant pas revenir, les amis y sont allés et l’ont trouvé mort.
Pendant que Noda déclare l’accident terminé, le secrétaire d’état d’un député US le congratule, et offre son soutien pour la décontamination
Thomas Nides, qui se trouve au Japon, congratule l’administration Noda pour la fin de l’accident nucléaire marqué par “ l’état ” d’arrêt à froid.
Il a dit dans une conférence de presse qu’il avait entendu dire par le ministre des affaires étrangères japonais, avec un jour d’avance, que la centrale avait réalisé l’état d’arrêt à froid. Hahahahaha.
Le président de la NRC Greg Jackzo vient-il toujours au Japon pour se joindre à cette farce ?
De NHK News (16 décembre) :
Le député secrétaire d’état US Thomas Nides, qui se trouve au Japon, a fait une conférence de presse le 16 décembre et révélé qu’il avait été informé le 15 décembre par le ministre des affaires étrangères Genba que la centrale de Fukushima avait réalisé un état d’arrêt à froid. “ Nous sommes très heureux au gouvernement américain d’entendre ces nouvelles. Nous pensons que le gouvernement japonais a fait le bon choix pour le rétablissement. ” Concernant le travail de décontamination massive nécessaire, il a dit “ De nombreuses sociétés américaines sont intéressées pour y prendre part, et notre gouvernement a offert son assistance ”, indiquant un soutien continu pour le rétablissement.
Rétablissement de l’accident nucléaire, NHK ? L’accident est toujours en cours et tu le sais.
Et voilà. Il n’y a rien de plus apprécié par les sociétés américaines qu’une bulle et elles sont pressées de se joindre à la bulle de décontamination japonaise, aux frais des contribuables japonais.

2 commentaires:

  1. Oui, je crois que les japonais sont devenus fous, ou pas tout à fait ; Au lieu de reconnaître leurs erreurs, ils s'y enfoncent chaque jour davange.
    C'est un suicide collectif programmé et j'en reste sur cette position depuis le début :(((

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  2. Le gouvernement se prépare à déclarer que 20 MILLES MILLIARDS de millisieverts par an de radioactivité signifie que les gens peuvent y vivre sans aucun danger pour la santé !!!!

    Ce sont des assassins !!! c'est tout !!

    Bé .......

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