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jeudi 15 décembre 2011

Japon, 15 décembre


EX-SKF

Dans la série “ On en apprend tous les jours ” : les retombées de césium radioactif sur Fukushima se sont élevées à 6,83 millions de becquerels/m² entre mars et juin

(Mise à jour) Une autre publication du ministère dit que la mesure de Fukushima a été faite en juillet, donc pas de détection d’iode-131 ou de tout autre nucléide à courte vie.
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ou 47 fois autant que les 45 préfectures réunies (en excluant Fukushima et Miyagi).

Ou 145 millions de fois autant que le chiffre annuel pour Fukushima avant l’accident, en un demi-mois.

Il n’a fallu que 9 mois au ministère de l’éducation et de la science pour enfin révéler le chiffre pour la préfecture de Fukushima. Le ministère n’a encore rien dit pour la préfecture de Miyagi.

Le prétexte pour ne pas donner les chiffres pour Fukushima et Miyagi était que les stations de mesure avaient été endommagées par le séisme. Bon, en publiant les données, bien que très tard, le ministère dit plutôt clairement que la station de mesure de Fukushima était en bon état et qu’elle possédait les données.

En attendant, le chiffre n’est donné que pour le césium radioactif (134 et 137). Rien sur l’iode radioactif ou tout autre nucléide.

De l’Asahi Shinbun (14 décembre) :


Concernant le césium radioactif qui a été libéré dans l’atmosphère en raison de l’accident nucléaire, le ministère de l’éducation a annoncé le 14 décembre que la quantité cumulée dans les 4 mois ayant suivi l’accident a été de 6,83 millions de becquerels/m². Le ministère a annoncé les montants cumulés du césium radioactif pour les 45 préfectures le mois dernier, en excluant Fukushima et Miyagi. À Fukushima, c’est 168 fois autant que dans la préfecture d’Ibaraki (40.801 becquerels) qui a eu le plus fort taux des 45 préfectures, et 47 fois la quantité des 45 préfectures réunies (144.446 becquerels).

Les chiffres sont des chiffres cumulés, mesurant le césium-134 et -137 provenant des poussières ramassées dans des conteneurs aux instituts de santé publique du Japon entre mars et juin. L’analyse pour la préfecture de Fukushima a été retardée en raison du séisme/tsunami du 11 mars. L’endroit de la mesure a été à Okuma-machi où se situe la centrale nucléaire. Des 6.836.050 becquerels qui sont retombés [entre mars et juin], 94 % sont tombés durant le mois de mars, attestant de la sévérité de la situation juste après l’accident. Il y a eu des retombées nucléaires connus par les tests atmosphériques passés avant l’accident, mais les retombées de Fukushima pour l’année 2009 étaient de 0,044 becquerel.

Pour l’année entière de 2009, 0,044 becquerel de césium radioactif sont tombés sur Fukushima.
En mars 2011, il y en a eu plus de 6,4 millions. C’est 145 millions de fois plus qu’avant l’accident pour une année, en seulement quinze jours.

Le communiqué pour la presse du ministère de l’éducation du 14 décembre donne simplement comme raison d’une révélation maintenant que “ Les résultats viennent d’arriver ” en haut de la page 2.

Parallèlement au césium-134 et -137, le communiqué de presse donne aussi les chiffres pour le tellurium-129, le tellurium-129m et le césium-136. Pour la période de 4 mois à Fukushima :
  • tellurium-129 : 528.936 becquerels/m²
  • tellurium-129m : 2.042.500 becquerels/m²
  • césium-136 : 247.000 becquerels/m² (mars uniquement)

Un geste élégant du ministère, je suppose, pour révéler d’abord les pires chiffres (à Fukushima) avant de dévoiler ceux de Miyagi, que je suspecte d’être beaucoup plus élevés que ceux d’Ibaraki.

Une autre toute dernière technologie de décontamination venant du Japon : le filtre à café

Celle-ci peut vraiment fonctionner, s’ils peuvent la faire sur une large échelle. Mais j’ai du mal à visualiser comment.

Un chercheur d’université et son ami ont découvert un système pour enlever le césium des feuilles mortes grâce à un filtre à café.
Du Mainichi Shinbun (15 décembre) :

Un système pour enlever intégralement le césium radioactif des feuilles mortes a été développé.
Eisaku Katayama, un chercheur de 62 ans au département d’ingénierie de l’université de Chiba et ancien professeur de l’institut de recherche médicale de l’université de Tokyo, et Isamu Kawakami, un cadre de 63 ans d’une société de Shibukawa dans la préfecture de Gunma ont découvert un système pour nettoyer intégralement le césium radioactif des feuilles mortes et des mauvaises herbes. Ils ont réalisé que le césium se lie à l’opale (un dérivé de silice) des feuilles et tiges des plantes, et qu’on peut enlever le césium en enlevant l’opale des plantes. Katayama espère que leur système “ peut être utilisé dans divers travaux de décontamination ”.

Les deux hommes se sont penchés sur les caractéristiques du césium radioactif qui se lie fortement aux minéraux dont l’ingrédient principal est un composé de silicium du genre mica. Comme l’opale des plantes contient un composé de silicium, ils ont émis l’hypothèse qu’un phénomène similaire peut se produire avec les opales de la plante et ils ont fait des expériences.
Ils ont d’abord mis 570 grammes d’herbes de Minami Soma dans un conteneur hermétique à la mi-novembre. Après les avoir laissées pourrir jusqu’à liquéfaction, ils ont mesuré la densité du césium radioactif le 10 décembre. Le résultat a donné 28.924 becquerels/kg. Ils ont ajouté de l’eau à cette vase d’herbes et l’ont filtré à l’aide d’un filtre à café. Ils ont vu que le césium radioactif n’était pas détecté dans l’eau filtrée. En inspectant de près ce qu’il restait sur le filtre à café à l’aide d’un microscope, ils ont identifié de nombreux opales de plante. Ils ont conclu que le césium radioactif s’était lié chimiquement aux opales et n’avait pas traversé le filtre.
Il restait un dépôt d’environ 10% d’herbes sur le filtre. Il contient un niveau concentré de césium radioactif, mais ils veulent développer un système pour traiter une grande quantité de feuilles mortes et d’herbes, un système qui pourrait réduire le volume des feuilles et de l’herbe qui prennent beaucoup d’espace de stockage.
Un opale de plante est une particule qui mesure entre quelques microns et 100 microns de diamètre. Il se détache des feuilles mortes et se dissémine. Katayama souligne qu’il est nécessaire de stocker les feuilles mortes et les mauvaises herbes dans un espace clos et non en plein air et de porter des masques dans les zones contaminées par un grand nombre de plantes.



Katayama et Kawakami sont devenus amis grâce à leur passion commune, l’observation astronomique. Après avoir été consulté à propos de décontamination par son ami dans la préfecture de Fukushima, Kawakami a fait des recherches avec l’aide de Katayama. Ce dernier dit, “ on aurait du l’écrire et le publier dans un article scientifique, mais pour le bien des régions touchées par la catastrophe, nous avons d’abord privilégié l’application pratique. ”
Si seulement le césium radioactif était le seul nucléide à être tombé.

2 commentaires:

  1. """"les retombées de césium radioactif sur Fukushima se sont élevées à 6,83 millions de becquerels/m² entre mars et juin""""

    Et vous leur faite confiance !!!!!

    C'est peut être 50 000 fois ça !!!!

    De toute façon !! c'est tout à fait inoffensif pour la santé !!!

    Bé ...........

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  2. En tant que fumeur emmerdé constamment, je me demande quels sont les effets de la contamination passive par la nicotine radioactive... De même je m'interroge sur l'efficacité du cholestérol par rapport à la leucémie si je tartine du beurre au conalt, la dioxine ne fait-elle pas tampon?

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