Bistro Bar Blog

mardi 20 décembre 2011

Irresponsable TEPCO, irresponsable gouvernement

EX-SKF

Les effets de « l'arrêt à froid » (2) : plus de conférence de presse commune sur l'accident de Fukushima

où un journaliste parvient à poser des questions à TEPCO et aux ministres et agences du gouvernement concernés qui gèrent l'accident, le tout dans une seule pièce. La conférence de presse commune, qui a au moins contribué à garder des politiciens et des bureaucrates honnêtes ou qui les a rendu responsables, n'est pas seulement terminée pour le mois de décembre mais terminée pour de bon.

Pourquoi ? Parce que l'accident est déclaré classé par le premier ministre du Japon et que les membres du club de presse en ont eu assez, selon Ryusaku Tanaka, journaliste indépendant qui a couvert l'accident de Fukushima depuis le début.

Du blog de Ryusaku Tanaka (16 décembre) :
Il y a eu une remarque du ministre Hosono qui a été plus effrayante que la déclaration d'arrêt à froid. Il a dit, « Aujourd'hui (16 décembre) est le dernier jour de la conférence de presse commune gouvernement/TEPCO.
Le gouvernement et TEPCO ont utilisé la déclaration sans fondement d'arrêt à froid pour marquer la fin de l'accident et cesser les conférences de presse communes pour bien le signaler.
« Stopper les conférences de presse communes va nuire au droit de connaître des citoyens. TEPCO a le droit de mentir, n'est pas tenu responsable. Mais pour les politiciens, s'ils répondent aux questions des journalistes de manière irresponsable, ils entâcheront leur réputation et leur succès aux prochaines élections peut être compromis. Est-il possible que vous continuiez la conférence de presse commune ? » ai-je demandé.
Le ministre Hosono a dit quelque chose au sujet de « TEPCO qui a changé de manière significative (en révélant plus d'informations) ». Un trait commun à de nombreux politiciens est de défendre TEPCO à tout prix.
Le ministre Hosono a donné une raison pour stopper la conférence de presse commune, à savoir que « des gens des médias de masse nous ont suggéré qu'il était temps d'arrêter ». « Qui sont les gens des médias de masse ? Les journaux La TV ? Ou parlez-vous du club de presse ? » Hosono a répondu, « Je ne peux le dire, à cause de la confiance entre les médias et nous. » Parlons du fait de vendre la mèche. L'arrêt de la conférence de presse commune a été proposée par le club de presse. Il n'y a aucun risque qu'un journaliste freelance suggère une telle chose. Par ailleurs on ne peut qualifier de journalistes freelance les médias de masse.
Après la douche glacée à l'annonce de l'arrêt de la conférence de presse commune, il s'est passé un incident qui m'a fait bouillir de rage. C'était au bout d'une heure et 15 minutes de conférence de presse. Le ministre Hosono a quitté la salle au milieu de la conférence. Puis le président Toshio Nishizawa [de TEPCO] a quitté aussi immédiatement la salle.
« Vous n'êtes que des... [remplissez avec le juron de votre choix, lecteurs]. La colère enflait en moi. « Pourquoi le président Nishizawa part-il ? » ai-je demandé. La pièce fut immédiatement en émoi, car les journalistes freelance commençaient à réagir à propos de l'irresponsable Nishizawa. « Pourquoi le fonctionnaire au grade le plus élevé s'en va le premier ? » L'acte du président était à l'image de l'attitude de TEPCO envers l'accident nucléaire.
Il s'est avéré que le ministre Hosono avait quitté la conférence de presse en cours pour apparaître sur NHK News 9. Selon Takashi Uesugi, journaliste indépendant, quitter une conférence de presse pour apparaître à la TV est « négliger son devoir » et est criticable.
Un gouvernement irresponsable protège un TEPCO irresponsable, et les journaux et la TV ne remettent pas TEPCO en question. Le gros titre des journaux au matin du 17 décembre sera « Arrêt à froid » sur toutes les colonnes. Maintenant on a donné une bonne raison de faire rentrer « de force » les habitants.
Effectivement.
Au fait, TEPCO veut ramener le nombre des conférences de presse quotidiennes à « une seule » (ils en font toujours deux par jour) et la NISA veut arrêter de donner une conférence de presse quotidienne et n'en faire que deux fois par semaine, maintenant que l'accident est « terminé ».
L'information de l'arrêt à froid est lancée, alors que le gouvernement s'engage sur une toujours plus grande politique de « Prolonger et faire semblant », tout est OK – décontamination, retour des habitants, culture des céréales à nouveau l'année prochaine pour nourrir le reste du Japon (des agriculteurs de Fukushima ont déjà retourné les sols en préparation de la nouvelle culture de riz) tandis que la NISA regarde ailleurs même si TEPCO laisse partir l'eau traitée remplie de strontium et de tritium dans l'océan.
Vous voyez, la radioactivité est un « Kuro-ko » (personne en noir) dans le théâtre Kabuki. Un « kuro-ko », habillé de noir (d'où son nom) se tient sur scène, assiste les acteurs ou manipule des instruments pour des effets théâtraux. Il est là pour que tous les spectateurs le voient. Mais c'est un rôle muet que l'assistance n'est pas supposée voir et qui ignore ce qu'il fait sur scène.
Le pays entier va continuer à jouer le Kabuki, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus, si cela a lieu un jour.

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