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vendredi 4 février 2011

La consoude

Deuxième volet sur les vertus des simples grâce à Maria Trében.

Aujourd'hui la consoude, qu'on trouve à peu près partout. Son nom populaire indique qu'elle tend à consolider.



Les fleurs sont roses ou blanches




LA CONSOUDE
(Symphitum officinale)



Cette plante médicinale est l'une des meilleures et est irremplaçable parmi les simples que la nature nous a données. Elle pousse sur des prairies humides, en lisière des champs, dans des fossés humides et au long des cours d'eau (note d'Hélios : je l'ai acclimatée dans un coin reculé de mon potager, car elle est envahissante, mais on peut aussi consommer les feuilles, recette en fin d'article).

Les feuilles sont rugueuses et très pointues. La racine pérenne, brune foncée ou noire à l'extérieur est blanche ou jaunâtre à l'intérieur, grosse comme le pouce et est très visqueuse au toucher. A la coupe, elle exsude un lait gras et collant. La consoude a une racine très profonde et difficile à détruire par arrachage. On déterre les racines au printemps ou à l'automne avec une pelle tranchante. Les parties fraîches sont à ramasser avant et pendant la floraison.
 
L'alcoolat de consoude qu'on peut préparer facilement soi-même, a un effet merveilleux et puissant. Des malades qui ont été traités pendant des années avec tous les moyens possibles contre les rhumatismes et les gonflements articulaires, sans résultats, éprouvent maintenant généralement un soulagement rapide avec l'alcoolat.
 
Les feuilles de consoude ébouillantées et utilisées en emplâtre chaud toute une nuit sur les membres paralysés, soulagent le mal, quand celui-ci provient du surmenage, de luxation, de foulure ou d'apoplexie.
Des déformations au poignet ou au pied peuvent être guéries avec de la farine de consoude (racines). Je veux attirer aussi l'attention sur le fait que même des hémiplégies peuvent être valablement traitées avec des enveloppements ou des cataplasmes de consoude, qui apportent souvent un soulagement. 

Des enveloppements de farine chaude soignent aussi les escarres variqueux, les gonflements musculaires, les rhumatismes, la goutte, les tumeurs, le torticolis, les douleurs des moignons d'amputation et aussi les escarres des jambes.
 
Avec les racines, on peut aussi faire une tisane qui est utilisée contre les bronchites, les difficultés de l'appareil digestif, les hémorragies stomacales et les infections de la plèvre.
 
Des compresses de teinture de consoude sont recommandées pour les blessures internes et externes, pour toutes les meurtrissures, les bleus et les fractures.
 
Les feuilles de consoude sont utilisées en bains contre les douleurs rhumatismales, la goutte, les douleurs osseuses, les troubles de la circulation et les lésions des disques intervertébraux.

UTILISATION

Tisane de racine : 2 cuillers à thé de racine coupée menu sont mises à macérer dans ¼ de litre d'eau froide, pendant une nuit. Le matin, chauffer légèrement et passer sur un tamis. Boire par petites gorgées.

Sinapisme de farine : moudre finement des racines bien sèches. Mélanger rapidement la farine dans une tasse avec quelques gouttes d'huile et de l'eau très chaude. Etendre la pâte molle sur une toile de lin, appliquer chaud sur la partie malade en entourant d'une bande.

Compresse de feuilles (fraîches) : laver les feuilles, les écraser avec un rouleau à patisserie sur une planche. Les mettre sur la partie malade et les maintenir en place avec une bande.
On peut aussi ébouillanter les feuilles et en faire un cataplasme chaud, puis bander.

Teinture de consoude : des racines fraîches sont lavées et brossées, coupées menu. Remplir un flacon jusqu'au col sans tasser. Couvrir d'alcool et laisser 15 jours au soleil ou au chaud. L'alcool doit recouvrir les racines.

Pommade de consoude : 4 à 6 racines sont hachées menu, puis mises à cuire dans 250 g de graisse. Laisser reposer une nuit. Réchauffer le lendemain, tamiser sur un linge et presser. Remplir de petits pots qu'on conserve au réfrigérateur. Cette pommade peut remplacer des enveloppements et est irremplaçable pour traiter des blessures chez l'homme et les animaux.

Vin de consoude : 2 à 5 racines sont hachées menu après lavage (75 g environ) et mises à macérer dans un litre de vin blanc pur pendant 5 à 6 semaines minimum. C'est un remède souverain pour les problèmes pulmonaires.
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On mange les jeunes feuilles de consoude, qui sont plus tendres, soit en beignets, soit mélangées en petite quantité dans une soupe ou à un plat de légumes cuits.

Beignets de consoude : choisir des feuilles en nombre pair à peu près de la même taille. Les laver et les sécher. Les coller dos à dos, les poils servant de « velcro ». Les tremper dans une pâte à crêpes épaisse et les faire frire dans de l'huile à la poêle (une minute de chaque côté). Délicieux et fin, avec un goût de « sole ».

  Au potager, on peut faire également du purin de consoude.

1 commentaire:

  1. Ah ! Les beignets de consoude !!!!!


    C'est une rare plante "sauvage" que notre fille à l'âge difficile réclamai au repas.
    N'hésitez pas à la saison, d'en proposer au repas et faites en 8 ou 10 par convive !
    Moi je trouve ça SUPER bon et je suis difficile paraît-il !
    Pour ceux sans gluten on peut faire des pâtes à beignets sans blé.....

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